Scarlett's Sims

Histoires de Sims 2

25 juin 2008

Résidence BrandNew

( Episode 1 : Sur le campus )

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Bienvenue à la résidence BrandNew du campus de MontSimpa !

residenceBrandNew

On compte ici quelques nouveaux visages, comme chaque année. Mais cette fois il y en a venu  notamment de 2 des 3 familles les plus riches de MontSimpa. De beaux partis que nombreux convoitent...

Laissez moi vous présenter Grégoyre de France :

GregoyreJA

Second fils de Louis-Auguste de France et de Maria-Antonia de Habsburg. Troisième fortune du comté, sa famille n'a jamais manquée de quoique ce soit. Lui non plus donc. Pourtant... Pourtant les choses auraient pu tourner très mal pour ce charmant jeune homme. Pourquoi ? Vous allez comprendre...

Approchez, venez faire la connaissance maintenant d'un camarade de chambrée. Enfin, un camarade de résidence devrais-je dire. Le jeune Hans-Axel de Fersen, issu d'une famille de noble désargenté dont le dernier fils, Axel, est venu s'installer dans cette charmante et cossue bourgade il y a de cela 25 ans. Il y rencontra une relative réussite, mais aussi et surtout il y rencontra l'amour en la personne de la mère d'Hans-Axel. Ah tenez, voici le jeune universitaire qui approche.

HansAJA

Mmm oui oui, je vois à votre sourcil droit qui se fronce que vous avez remarqué quelque chose. Il y a comme un air de  famille n'est ce pas ? Ces deux jeunes hommes partagent en effet la même mère, Maria-Antonia. Mais lorsque celle-ci donna naissance à Grégoyre, elle était la légitime de Monsieur de France.

Ce n'est qu'un an plus tard que Louis-Auguste répudia sa moitié avec perte et fracas. Elle s'en fût alors rejoindre la bicoque de son amant de qui elle attendait un enfant. Elle partit seule, laissant à contre-coeur ses deux fils, Louis-Joseph et Grégoyre, à la garde leur père.
Moui. Sauf que bien sûr personne n'était dupe. Lorsque le petit Grégoyre prit de l'âge, la ressemblance avec son véritable père devint flagrante. Mais Louis-Auguste était un homme droit, ne goûtant aucunement l'idée d'un scandale. Il préféra élever cet enfant comme son propre fils plutôt que de les exposer tous deux à la risée populaire. Ainsi Grégoyre grandit sous l'aile de ce père de substitution. Il l'éleva avec soin et lui donna autant d'attention et d'amour qu'à son aîné.

Grégoyre développa dès l'adolescence un goût prononcé pour la gent féminine, que les jeunes filles lui rendaient bien d'ailleurs.

GregAdo2

C'est à l'école privée Sainte Rishnou qu'il rencontra Bénédicte, une très jolie brunette énergique et souriante, qui faisait tourner toutes les têtes, y comprit la sienne. Mais lui, il décrocha la timbale.

GregAdo1

Tient, la voici. Oui, elle aussi est à l'université, dans cette même résidence. Elle a gardé son joli minois, son énergie. La demoiselle se destine à une grande carrière de danseuse, et ce depuis toute gosse.
Bénédicte a connu un départ difficile dans la vie. Elle fut abandonnée par sa mère à l'orphelinat Taipomer de MontSimpa, alors qu'elle n'était qu'un bambin. Personne ne s'intéressa à son sort pendant de longues années... Jusqu'à ce qu'un beau jour, pour ses 6 ans, on lui apprenne qu'une dame voulait faire d'elle sa fille. Cette dame, sophistiquée et gracieuse, s'empressa de remplir les formulaires d'adoption sitôt qu'elle vit les immenses yeux bleus de la petite. Elle l'emmena alors dans sa villa. La villa Gothik.

VillaGothik

Bénédicte venait de rejoindre officiellement la famille la plus riche de tout le comté ! La vieille et respectable famille Gothik. Mais où était donc passé le manoir ? Béné avait toujours entendu parlé d'un vieux manoir hanté, venteux et lugubre. Elle apprit plus tard que Dina, sa mère adoptive, avait vendu la vieille bâtisse et s'était fait construire cette luxueuse villa en guise de cadeau de mariage avec le vieux Vladimir Gothik. Lequel ne mit pas bien longtemps à casser sa pipe.
Bref, Béné avait soudain troqué sa vie d'orpheline oubliée de tous contre celle d'enfant chérie d'une riche veuve. Elle eut droit à une grande chambre, toute de rose et de dentelle, remplie de jouet et de peluche.

benechild

Dina fit même installée une barre au mur pour que la petite fille s'entraîne comme une vrai ballerine. Elle lui paya d'ailleurs tout ce qui allait avec cette barre : le tutu, le justaucorps, les chaussons et bien sûr les cours de danse classique. A partir de là Bénédicte baigna dans le luxe et la facilité. Pourtant elle n'oublia pas d'où elle venait.
Aujourd'hui Bénédicte est connu autant pour sa facilité d'accès que par sa fortune, ou sa beauté. Car elle est bien jolie la jeune Gothik. Jugez en vous même.

BeneJA

Lors de sa première semaine à la résidence, Bénédicte ouvrit par erreur une lettre qui ne lui était pas destinée. Cette bévue était inputable à une raison des plus simples : le nom de famille sur l'enveloppe était le même que le sien. Alexandre Gothik, était-il écrit. Aussitôt Béné se mit en quête du véritable destinataire. Elle le trouva le soir même, lorsqu'il rentra de ses cours. C'était un gringalet brun au cheveux ébouriffés, caché derrière de grande lunette, bien plus âgé qu'elle.

AlexJA

Il lui fallut quelques instants pour trouver le courage de l'aborder. Car bien sûr elle avait comprit qu'il s'agissait là de l'héritier légitime de la fortune des Gothik, second (et fort tardif) enfant de Vladimir et Sandra. Dina lui en avait parlé. Elle lui avait expliqué que le jeune Alexandre avait émis le désir de quitté la maison pour aller en pension lorsque sa soeur Sandra se maria. Il n'en était jamais revenu, pas même le week-end. Tout comme sa grande soeur, il n'aimait pas la nouvelle femme de son père et il ne lui avait pas pardonné de l'avoir épousé.  Lorsque son père rendit l'âme, il ne vint même pas à son enterrement.

Evidemment Bénédicte avait été très intimidée par cette rencontre impromptue. Mais Alexandre s'avéra un jeune homme doux et aimable. Il avait apprit par ouïe-dire que sa belle-mère avait adoptée un enfant, lui expliqua-t-il. Mais il ne s'en était pas inquiété. Puis en grandissant il avait été plus préoccupé par son plan de carrière que par ce qui pouvait se passer à la villa. Puis il avait quitté le pays quelques temps pour poursuivre des études d'architecte, mais tout compte fait les méthodes d'enseignement ne lui avait pas convenu et il s'était décidé à revenir au pays pour y suivre les cours de qualité qu'il savait dispensé ici.

Le quotidien  s'organisa doucement en cette nouvelle année. Bénédicte et Grégoyre avait obtenu des chambres face à face et passaient de longues heures à parler de musique et de danse, leurs passions respectives. Ils étaient le seul couple de la résidence maintenant qu'Alexandre et Line avait rompu (Alexandre avait cédé aux charmes de Sophie, une fille de l'association Tri-Var).
Hans-Axel et son frère, qui n'ignoraient ni l'un ni l'autre leur complexe filiation, s'entendaient à merveille. Souvent la résidence résonnait de leurs rires mêlés, tandis qu'Alexandre composait patiemment sa collection d'insecte en souriant distraitement à leurs blagues de potaches.

Ainsi allait la vie depuis un mois à la résidence BrandNew...

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26 juin 2008

On prend ses aises

Dès le deuxième mois chacun avait trouvé sa place dans la résidence et se noyait avec bonheur dans la vie trépidante du campus, nouant avec plus ou moins de réussite de nouvelles relations.

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Bénédicte avait présenté Alexandre, son presque frère, à ses deux vieux amis dès qu'elle avait découvert qu'il vivait ici. Après un moment assez sympathique passé tous les trois, les liens se ressérèrent surtout entre Hans-Axel et Alexandre qui devinrent quasi inséparables, bien qu'Alex soit plus vieux de 3 bonnes années.
Ils passèrent alors de longues heures à papoter, à jouer au foot, à disserter sur les aléas de la vie. Deux copains quoi.  Grégoyre essaya bien de se rapprocher de ce duo mais il sentit qu'il était de trop. Les coups d'oeil en biais que lui jetta Alexandre lorsqu'il tentait une approche devaient y être pour quelque chose.

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Il prit donc l'habitude de les laisser tranquille, non sans un pincement au coeur. Il ne goûtait que peu la préférence d'Hans pour ce grand nigaud dépeigné et rêveur. Comme s'ils n'avaient pas assez perdu de temps ! Ils avaient grandi chacun dans une maison différente, séparés par les murs autant que par leur condition sociale. Grégoyre avait été admis dans l'établissement scolaire privé Sainte Rishnou, mais Hans lui avait suivi sa scolarité à l'école publique. Les seuls moments où ils purent un peu profiter l'un de l'autre se fut lorsque Maria-Antonia le prenait pour le week-end, et parfois un peu pour les vacances. Mais Grégoyre n'avait pas cherché à multiplier ces visites prolongées... Car alors qu'il était encore tout môme les persiflages des bourgeois bien-pensant avaient atteint les oreilles de Grégoyre via les moqueries de leurs enfants. Ainsi apprit-il que son père n'était pas Louis-Auguste, mais Axel de Fersen. La blessure et la honte qu'il ressentit ce jour là ne s'était depuis jamais estompée, mais il avait bâti tout au tour une épaisse muraille afin que nul ne réveille le monstre de chagrin. Aujourd'hui si quelqu'un disait à Grégoyre que sa soif insatiable de séduction venait sans doute de là, il lui rirait au nez.

De mauvaise grâce il s'accoutuma à laisser son frère avec le fils Gothik, "l'attardé" comme il l'appellait car Alexandre avait plusieurs années de retard sur le parcours normal. Bien sûr Grégoyre savait que c'était dû aux années qu'Alexandre avait passé à l'étranger mais il n'en avait cure.
Savoir que ce crétin était sur le point de rentrer officiellement dans sa famille, ça le rendait malade de rage. Et quand Grégoyre était en colère... Il faisait le ménage.

Ainsi donc il n'était pas rare de trouver Grégoyre en train d'astiquer ceci ou cela dans la résidence tandis que non loin Hans et Alexandre étaient lancés dans d'interminables discussions.

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Eh oui vous avez bien entendu, Alexandre et Grégoyre allaient être bientôt relié bien malgré eux par une branche de  l'arbre généalogique. Si mince soit-elle. Louis-Joseph, le demi-frère de Grégoyre, allait épouser son amoureuse de toujours : Lily-Rose, petite surdouée, enfant unique des O'Brian.

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Louis-Joseph s'était montré jusqu'ici aussi fidèle que son demi-frère avait été volage. Tandis que son cadet multiplia les conquêtes, Louis-Joseph fut tout entier dévoué à sa muse, la curiosité de MontSimpa, dit la "tronche" pour les comères. Elle le lui rendit bien d'ailleurs. Ils ne se quittèrent pas de tout le collège. Lorsque pour Louis-Joseph arriva l'âge d'entrer en fac, il y a donc presque deux ans de ça, il fit part à son père de son projet d'avenir : vivre auprès de Lily et se joindre à un groupe d'aventurier d'avant-garde qui roulait sa bosse aux quatres coins du monde. Louis-Auguste n'y opposa pas, il savait ces deux là très épris l'un de l'autre et nul doute qu'ils seraient à l'abri du besoin pour longtemps.
Car les O'Brian étaient la seconde fortune du comté. Des nouveaux riches, pour ainsi dire. Cela s'expliquait en partie par le fait que celle qui avait épousé ce curieux (et prospère) O'Brian,  cultivateur de son état, était Sandra Gothik. Si si, Sandra. La grande soeur d'Alexandre. Chacun sut qu'en quittant le nid elle emporta, en guise de dot, sa part sur la revente du manoir familial.

Sandra était déjà adulte quand son frère n'était qu'un enfant. Elle tomba enceinte moins d'une semaine après son mariage. Ainsi naquit Lily-Rose O'Brian qui, vous l'aurez compris, accuse presque 7 ans de moins que son... neveu Alexandre !
Oui mais elle est spéciale Lily, c'est l'enfant naturelle d'un Végésims,  ces drôles d'humanoïdes chlorophylisés.  Elle avait  hérité des capacité inouïe, ainsi que de la rapidité de développement, de son père. Tout en elle était allé plus vite (et plus loin) que chez un enfant normal.

Ainsi donc Louis-Joseph avait emmenagé chez Lily 6 mois avant que Grégoyre ne parte pour l'université.  Il était fou de joie à l'idée de ce mariage. Grégoyre l'était maintenant beaucoup moins.

Enfin, malgré ces petits tracas, la vie universitaire était bien agréable. On rencontrait plein de monde, on sortait à droite à gauche et surtout :  les cours éparses laissaient beaucoup de temps libre ! Chacun de nos trois nouveaux venus s'adonnèrent donc sans retenu à leur passion.

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Hans, lorsqu'il ne s'entrainait pas en vue d'entrer dans l'équipe de basket de l'université, enfourchait vélo et autre appareil de fitness pour entretenir et parfaire sa musculature. La résidance BrandNew était garnie de tout un tas de joujoux dont on pouvait profiter à l'envie. Hans s'en lassait d'autant moins que lorsqu'il s'entrainait  il arrivait souvent qu'il puisse contempler Bénédicte travailler ses assouplissements.

Ah ce qu'elle était gracieuse ! Quand elle dansait, elle rayonnait tant de bonheur et de talent qu'Hans en était tout ébloui.

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En fait Bénédicte l'impressionnait, de manière générale et depuis longtemps. De mémoire il n'avait pas croisé de  tempérament aussi énergique ni aussi enthousiaste que le sien.
Elle était si généreuse pour une enfant de riche ! Qualité rare s'il en est. Qualité qu'on apprécie d'autant plus quand on est le fils d'un noble sans le sou qui conserve l'argenterie séculaire dans les placards ikéa de son 2 pièces cuisine... Oui bien sûr il était un enfant de l'amour. Mais sachant que son frère était lui un enfant de la honte cela ne constituait qu'une piètre consolation. Surtout quand on était aussi souvent en bute aux persiflages que l'était les Fersen. Bénédicte, elle, ne s'était jamais moquée de lui. Elle savait ce que c'était que la misère et l'isolement, elle avait été bien plus pauvre et plus malheureuse qu'il ne l'avait lui-même été d'ailleurs. C'est sans doute pourquoi il l'appréciait tant.
Grégoyre avait bien de la chance. Hans espèrait qu'il prendrait cette relation au sérieux maintenant qu'ils étaient à l'université, car elle semblait vraiment entichée  et elle méritait d'être heureuse.

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Mais Hans-Axel était sur ce point plutôt pessimiste, car il connaissait son frère. Même s'ils n'avaient pas grandi sous le même toit, ni passé les récrés sous le même préau, la réputation sulfureuse de Greg n'avait en revanche pas connu de frontière. Toute les filles (ou presque) de sa connaissance se pamaient devant lui. Il n'avait pas son pareil pour leur faire tourner la tête.
Les autres garçons, souvent laissés en plan pour ses beaux yeux, avaient malgré eux ajouté à son aura en se répandant en anecdotes malveillantes que nul ne voulait croire... Et qui étaient pourtant exactes pour la plupart. Hans tenant la confirmation de la bouche même du concerné.

Il en était là de ses réflexions lorsqu'il sortit de la piscine de la résidence pour se rendre à sa chambre. Près du jukebox il tomba sur une scénette innocente qui lui serra le coeur l'espace d'un instant.

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- Salut Hans ! Tu viens danser avec nous ?
- Salut Bénédicte, répondit l'intéressé. Non merci je viens de sortir de l'eau comme tu vois et j'suis vanné. Mais merci quand même.
- Okay okay. A plus tard alors, lui dit-elle dans un sourire avant de se remettre à danser.

Hans lui rendit son sourire, puis jetta un rapide coup d'oeil à Grégoyre qui donnait en spectacle ses talents de chorégraphe. Pas besoin de se demander pourquoi il en rajoutait, se dit Hans dans un soupir. La blonde à la chevelure opulente qui le regardait d'un oeil admiratif, c'était Line. L'ex copine d'Alexandre. Elle n'était pas particulièrement jolie. Même si Grégoyre avait toujours eut un goût prononcé pour les blondes, celle-ci n'était pas son type. Trop banale, d'habitude il n'aurait pas même levé les yeux sur elle. Alors quoi ? Serait-ce parce que c'était l'ex petite amie d'Alexandre ? Pour le rendre jaloux ? Bien possible oui, se dit-il. Il n'était pas stupide, il avait bien vu que son frère et son copain ne pouvaient plus s'encadrer...

Espèrons que Grégoyre saura se tenir ,  se dit Hans avant d'entrer sous la douche.

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27 juin 2008

Le pouvoir de l'argent

- Greg, moi aussi jsuis un peu crevée en fait. Je vais allé manger un bout. Tu viens ?
- Bah j'ai pas encore faim Béné, dit-il en la regardant par dessus son épaule. Mais vas y toi, on se voit après. Bon appétit !
- Merci. A tout à l'heure.

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Bénédicte s'éloigna en direction de la cafétéria. Lorsqu'après dîner elle reprit le chemin des chambrées, le jukebox était muet et le couloir vide. Elle gagna sa chambre et potassa pendant un moment. Personne ne vint la déranger. Elle décida de se coucher. La journée avait été bien remplie et elle avait court demain de bonne heure. Elle s'endormit dès que sa tête toucha l'oreiller.

Un peu plus tôt, au moment où Bénédicte entamait sa deuxième page de notes, Grégoyre passait la porte d'entrée de la résidence sitôt suivit de Line.

- C'était une bonne idée, dit-elle de sa petite voix fluette, je n'avais jamais pris le temps de regarder les étoiles comme ça en fait.
- Ca relaxe non ? Maintenant on est frais et détendu, prêt pour un bon dîner. Tu viens ? demanda-t-il dans un sourire angélique.

Elle ne dit rien pas mais lui emboita le pas en guise de réponse. La cafétéria était presque vide à cette heure, c'était probablement le dernier service. Un peu plus et ils seraient allés se coucher l'estomac creux. Ils prirent chacun une assiette de spaghettis et dinèrent à une table à l'écart.
Durant tout le repas les rares autres étudiants présents purent entendre les gloussements étouffés de Line, provoqués par un Grégoyre mutin qui lui parlait à mi-voix. L'un d'entre eux, au profil ingrat, un bandana couvrant ses cheveux graisseux, les regardait d'un oeil mauvais. Il s'appellait Jimmy et suivait les mêmes cours que Grégoyre. En deux mois de temps il estimait avoir appris tout ce qu'il y avait à savoir sur Monsieur Joli Coeur. Toutes les filles du cours gloussaient bêtement dès qu'il leur parlait. Apparemment c'était la même chose ici.

Ce type a le don de transformer en dinde toutes les filles qu'il croise, se dit-il agacé. Un vrai fléau ce mec !

Il laissa retomber sa fourchette dans son assiette de suffisament haut pour que le fracas provoque une réaction dans la salle. D'un coup d'oeil en dessous il vit que la glouglouteuse et son dindon n'avait pas réagit. Ils se levèrent, leur repas étant terminé. Grégoyre débarassa leurs assiettes comme un vrai gentleman.

Pauvre truffe, ragea Jimmmy. Si tu crois que ça l'impressionne.

Pourtant Line avait les yeux brillants et les joues roses. A force de rire ? Oui bien sûr... Jimmy se leva, laissant en plan son dîner à moitié mangé, et prit le chemin de la sortie. Pour ce faire il dut passer à côté d'eux. Le paon faisait la roue près de la porte. Il les dépassa, la mine renfrognée. Se faisant et sans le vouloir, il entendit...

- Tu sais, tu es plutôt jolie Line. ce qui ne gâche rien parce que j'apprécie beaucoup ta compagnie.

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Jimmy eut un hoquet qu'il contint à grand peine. Il se força à passer sous l'arche puis à bifurquer comme s'il allait vers les chambres. Mais sitôt que le mur le dissimula, il s'arrêta et prêta l'oreille. Il n'entendit pas très bien ce qu'ils se disaient, la résidence avait beau être calme à cette heure du soir, il y avait assez de bruit de fond pour couvrir l'essentiel de leur parole.

- .... ..... .... voir ... .... .... tranquille ?
- .... ....... ravie.
Gloussement.
- .... ..... soir, .... les cours ?
- ......
- Super, ... .... ..... alors.

Bruit de talon caractéristiques de petit escarpin de ville. Line approchait. Jimmy s'empressa de se baisser et fit mine de renouer ses lacets. Ce qui n'était pas du tout crédible pour quiconque avait le sens de l'observation. Il n'y avait rien à lacer sur ses baskets, c'était un modèle à la mode, prévu à cet effet. Mais Line ne s'aperçut de rien, elle passa son chemin sans le voir.
Jimmy ne se redressa pas tout de suite, s'attendant à voir passer le faiseur de volaille. Mais il ne vint pas.
Il se releva, hésitant. Alors comme ça cet enfoiré de bourgeois s'apprêtait à se taper Line  sous le nez de sa copine ?! Oui oui d'accord il n'avait pas bien entendu, mais qu'est ce que ça pouvait être d'autre ? Connaissant l'oiseau, pas de doute. Il songea alors tout soudain à Naëlle, la belle Naëlle, et aux yeux langoureux qu'elle adressait à ce naze  pendant les cours... Il serra les poings.

Ras le bol de ce p'tit con !

La mâchoire contractée par la colère, il fit demi-tour et entra dans la cafèteria tandis que les autres en sortaient. Il marcha sur Grégoyre et l'arrêta. Le réfectoire s'étaient vidé en quelques secondes. Ils étaient seuls à présent.

- J'ai deux mots à te dire.
- Hein ?
- T'es sourd en plus de tes autres tares ?

Grégoyre fronça les sourcils, sa mine passa d'enjoleuse à courroucée.

- Eh oh tu me parles sur un autre ton. Qu'est ce que tu viens m'emmerder ?
- Ah tu te demandes ? Ben tu vas voir c'est simple, tes manigances elle me font gerber. J'en ai ma claque de te voir rouler des mécaniques d'un bout à l'autre du campus. Et je te laisserai pas prendre ta copine pour une conne en t'en tapant une autre derrière son dos.

Les yeux de Grégoyre jettèrent des éclairs. Lui qui était déjà pâle à la base avait maintenant le teint crayeux.

- Non mais tu te prends pour qui toi ? Jimmy, c'est ça ton nom hein ? Je te reconnais, t'es le cancre qui se terre toujours au bout de l'amphi. C'est quoi ton problème ? T'es jaloux parce que t'es pas capable de te soulever une nana ? Vas te laver les cheveux pour commencer, gros dégueu, ça ira ptêt mieux.
- Ouais ouais c'est ça. En tout cas y a pas à dire DE FERSEN, tu tiens bien de ton père ! Pour être aussi con fallait forcément être le rejeton d'un don juan à la ramasse qu'est bon qu'à engrosser les femmes des autres !

Greg03a

Sonné, Jimmy porta la main à sa mâchoire douloureuse.

- Es ans la erde Réoyre...

Le poing toujous serré, blanc comme un linge, Grégoyre se pencha sur lui.

- J'suis dans la merde moi t'es sûr ? Qu'est ce que tu comptes faire au juste ? Pleurer chez le doyen ? J'tai dit qu'il venait déjeuner chez moi tous les dimanche ? Ou alors tu penses peut-être me coller un procès ? J'espère que t'as les moyens mon ptit pote, parce que moi je les ai. Tu te retrouveras à la rue, sans un copec en poche, avant de me voir condamner pour quoique ce soit, gronda-t-il. Alors voilà ce qui va se passer :  tu vas te rentrer dans ta piaule de looser bien gentillement et tu vas la fermer. Et que j'apprenne pas que tu es allé baver des insanités à ma copine, parce que sinon j'te met la rincette espèce de mytho. Pigé ?!
-  ...

Jimmy s'en fût en prenant soin de le heurter de l'épaule au passage. Il s'en retourna dans sa chambre dont il claqua la porte avec violence. Il n'avait rien répondu parce qu'il n'y avait simplement rien à dire. Il ne pouvait rien contre lui. Ils le savaient tous les deux. Il aurait mieux fait de se taire, il s'était laissé aveugler par sa colère.
Tandis qu'il s'activait son esprit tournait à 100 à l'heure. Il fourra ses affaires quinze parmis quatorze dans sa valise, la boucla, sortit et arracha le pannonceau qui portait son nom. Il n'avait plus rien à faire ici.

Saleté de gosse de riche, tu l'emporteras pas au paradis crois-moi...

Jimmy2

Posté par Fan_Scarlett à 17:30 - 01 : Sur le campus - Commentaires [1] - Permalien [#]
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