Scarlett's Sims

Histoires de Sims 2

27 juin 2008

Cours du soir

( Episode 2 : Ami, ennemi )

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La journée du lendemain s'écoula paisiblement. On s'interrogea sur le curieux départ de Jimmy, mais personne ne semblait avoir la réponse à ce mystère. De toute façon il n'était pas très apprécié, il n'allait pas manquer beaucoup. Le responsable de la résidence passa dans le courant de la journée pour vérifier que le ménage avait été fait dans la chambre vacante et informa les étudiants présents qu'un nouveau pensionnaire arriverait dans la soirée. On manquait de chambres mais pas d'étudiants. Dès qu'une place se libérait elle était aussi comblée.

Chacun se rendit donc à ses cours et s'aéra l'esprit comme bon lui sembla pendant cette chaude journée d'été. En fin d'après-midi, Hans et Bénédicte se rendirent ensemble à l'un de leur  cours tardif. Pendant ce temps là Alexandre fit la connaissance de la nouvelle venue. Elle s'appellait Anaïs. C'était une première année elle aussi, elle était un peu nerveuse.
Alexandre prit le temps de lui faire visiter tous les aménagements de la résidence et de lui expliquer les quelques règles simples des lieus. Après quoi ils regardèrent un film dans la salle commune.

Lorsqu'Hans et Bénédicte rentrèrent, la nuit était tombée.

- J'ai faim, on va manger tout de suite Béné ?
- Mmm oui mais je vais aller chercher ton frère d'abord. Pars devant on te rejoint à la cafèt.
- Ok, a tout de suite.

Hans s'y dirigea tout droit tandis que Bénédicte de son côté remontait le couloir d'un pas aérien. A la cafétéria Hans trouva son copain attablée avec une fille qu'il ne connaissait pas. Il se demanda un instant s'il s'agissait de sa petite copine Sophie. Celle ci s'était l'arlésienne, il en entendait tout le temps parler mais il ne l'avait encore jamais vu. Il s'approcha.

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- C'est pour ça que je pense qu'il y a une vie ailleurs dans l'univers, termina la demoiselle.
- Hans ! S'exclama Alexandre. Viens t'asseoir mon vieux. Anaïs, je te présente un ami : Hans-Axel.
- Bonjour Anaïs
- Salut
- Elle vient d'arriver, c'est elle qui a la chambre de Jimmy. Enfin l'ancienne chambre de Jimmy je veux dire.
- Ah ok. Tu es en première année ?
- Oui oui, répondit-elle dans un sourire embarrassé. Et toi ?
- Moi aussi, dit-il en prenant un siège.
- Au fait Hans, on se voit toujours demain après-midi pour tes maths ?
- Oui oui, il faut vraiment que je travaille là-dessus. Tu me seras d'un grand secours je crois.
- Bah tu dis ça mais je suis sûr que tu t'en sors bien.
- Pfffff tu vas être déçu !

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Les jeunes gens continuèrent de babiller gaiment tandis qu'à l'autre bout de la résidence Bénédicte toquait à la porte de Grégoyre.

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Pas de réponse. Elle toqua une deuxième fois, un peu plus fort. Elle attendit un moment en contemplant la porte. Le petit pannonceau "ne pas déranger" était accroché à la poignée. Ca ne lui ressemblait pas. Elle hésita.

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Et s'il dormait ? Elle tendit l'oreille. Il n'y avait pas un bruit.

- Bénédicte ?

Elle sursauta et se retourna. C'était Hans qui venait au devant d'elle à grandes enjambées, un sourire aux lèvres.

- Ben alors qu'est ce que vous faites ! Vous venez pas ?
- Chuuut pas si fort ! Je crois que ton frère dort, murmurra-t-elle.
- Ah pardon, dit il en baissant mécaniquement la voix. Il fit une drôle de moue et haussa les épaules. Bon, eh bien viens alors, tu vas pas rester plantée là toute la soirée. Grégoyre nous rejoindra plus tard, ou demain s'il pionce. Faut qu'on te présente la nouvelle, elle est plutôt sympa. Alex l'a pris en charge à son arrivée. On a retenu une table plus grande pour nous tous mais ils vont pas pouvoir la garder longtemps à cette heure, c'est la grande affluence,  la cafèt se rempli à vue d'oeil.
- Une nouvelle ? Ah super, un peu de sang neuf. Je l'aimais pas trop ce Jimmy, il m'a toujours paru bizarre.
- Tu dis ça parce que t'aime pas les bandanas, dit-il dans un clin d'oeil. Elle pouffa en silence. Allez viens.

Il l'incita à le suivre d'une légère accolade puis ouvrit la marche.

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Il rejoignirent les deux autres et s'attablèrent sans tarder avant que les hordes d'étudiants affamés ne leur volent les places libres.

Je l'ai échappé belle !

Environ  5 minutes plus tard on toqua à nouveau à la porte. Un sourire carnassier surmontant sa belle assurance, il savait que cette fois c'était la visite attendu.
Mais tout de même. Un manque de précaution ayant failli lui coûter cher quelques minutes auparavant, il se dirigea vers la porte à pas feutrés, et se pencha pour regarder par le trou de la serrure. Il entrevit une lueur bleue. Conforté sur son idée, il ouvrit la porte.

- Salut
- Salut ma belle, dit-il dans un sourire. Viens entre.

Il lui désigna la chambre d'un mouvement ample du bras et s'écarta pour la laisser passer. Puis il ferma derrière elle et tira le verrou discrètement.

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- Ca va ce soir ? Demanda-t-il à mi-voix tout en s'approchant.
- Oui oui merci, répondit-elle rosissante. J'ai apporté le bouquin que tu voulais, ajouta-t-elle en le lui tendant.

Il le prit d'un geste distrait et le lança sur le lit, derrière lui, sans la lâcher des yeux. Il était soudain tout de velour.  Il fit un pas supplémentaire vers elle, un demi-sourire au coin des lèvres. Lorsqu'il parla de nouveau, sa voix sembla plus profonde.

- Merci Line...  Mais tu sais... Faut que je te dise... Tout ça n'était qu'un prétexte, en fait j'ai pas vraiment l'intention de bûcher mes cours. Ne sois pas fâché, il fallait que je trouve un subterfuge pour te voir en tête à tête, dit-il en approchant encore.
- Vraiment ? dit-elle dans soupir fébrile, minaudant sans même sans rendre compte.

Elle était aux anges,  LE  canon de la fac dont toutes se disputaient les faveurs lui faisait des avances à elle. Il y avait un dieu quelque part, c'était sûr !

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- Tu veux que je te dise la vérité ?
- Oui...
- Approche... C'est un secret, personne ne doit entendre à part toi, lui susurra-t-il cajôleur tout en se penchant dans ses cheveux.

Elle s'appuya sur son épaule dans un frisson de bonheur.

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Il lui glissa quelque chose à l'oreille, elle pouffa derrière sa main.

- J'en déduis que c'est oui ? demanda-t-il d'un ton sucré.

Sans attendre la réponse il l'entoura de ses bras.

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29 juin 2008

Amis

Vingt minutes plus tard, après s'être assurée que la voix était libre, Line sortit de la chambre. Elle se sentait surexcitée, son sang bouillait dans ses veines. Quel moment intense ! Il resterait dans sa mémoire pour longtemps. Elle eut une pensée pour pour la fille Gothik, mais elle ne se sentit pas coupable pour autant. Cette fille semblait moins intéressée par Greg que par ses études où sa précieuse carrière de ballerine. Enfin, de son point de vue. Ils n'avaient pas l'air très proche d'ailleurs, on les voyait rarement se tenir la main ou quoique ce soit du genre. Ça venait sûrement d'elle car après les instants privilégiés qu'elle venait de vivre dans cette chambre, elle savait de source sûre que ce n'était pas lui qui rechignait au contact. Un sourire un peu niais accroché aux lèvres, Line s'éloigna en direction de sa propre chambre.

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Ah ah t'assure grave tu le sais ça ? Se dit-il en se pavanant devant le miroir de sa chambre.

Il sourit à son reflet,  puis vérifia que ses cheveux étaient en ordre. Il haussa une épaule très haut pour humer l'étoffe de sa chemise, il contrôlait qu'aucune odeur suspecte ne s'en échappait. Certaine fille avait la manie de s'arroser d'un parfum entêtant.
Non. Rien à signaler, celle ci n'était pas une adepte de la chose. Ou bien son flacon était vide ? Il sourit puis se dirigea vers sa salle de bain. Ici chaque chambre comportait sa salle de bain, avec toilette. Il empoigna son propre vaporisateur de parfum "Hache" et s'en octroya une bonne giclée. On est jamais trop prudent. Il défroissa ses vêtements puis tira les couvertures de son lit. Après un dernier coup d'oeil il estima que tout était en ordre et sortit à son tour. C'est que ça donnait faim tout ça.

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Oula, c'était moins une...

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Ah il est réveillé.

- Alors bien dormi ?
- Oui ma puce, merci. Tu verrais ça je suis tombée comme une masse ! Ça doit être les cours de langue vivante qui m'ont achevé, dit-il dans un sourire désarmant dont il avait le secret. Enfin. Eh dis moi j'ai manqué quelque chose ?
- Oui, on a dîné avec la nouvelle.
- La nouvelle ? Parce qu'il y en a une ?
- Oui, oui. la chambre de Jimmy a été vite ré-attribuée.
- Je vois ça. Elle est sympa ?
- Ben comme les nôtres j'imagine.
- Pas la chambre, la fille, s'amusa-t-il
- Ah pardon, dit elle riant. Je suis fatiguée moi aussi. Euh oui oui elle est sympa. enfin pour l'instant. Tu sais elle vient d'arriver je suppose qu'elle est surtout intimidée pour l'instant.
- Oui sans doute. Bon, je vais allez casser la graine aussi. On se voit après ?
- Non je crois pas, j'ai encore un cours à bûcher avant de dormir et j'ai déjà du mal à garder les yeux ouverts.
- Tu t'entraînes trop dur ma puce, dit-il en la prenant dans ses bras. Elle soupira d'aise.
- Si je veux me faire un nom je ne dois pas relâcher mes efforts, c'est un monde impitoyable tu sais.
- Tu n'a qu'à acheter un opéra et tout ce qui avec. Ou alors acheter un directeur de ballet, et le tour sera joué.
- Toi alors ! L'argent n'a pas réponse à tout, le sermonna-t-elle gentiment en se nichant au creux de son cou.

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presque ma belle, presque...

- Peut être pas. Bon, alors va te reposer. On se voit demain. Dors bien et ne travaille pas trop tard.
- D'accord, à demain.

Ils échangèrent un petit baiser, à deux pas à peine de la porte de Line, puis partirent chacun de leur côté...

Dans les jours qui suivirent Grégoyre décrocha un petit contrat avec une boite à la mode, sur le campus, appartenant à un certain M. Hily. Dorénavant lui et quelques autres jeunes musiciens joueraient les mardi et vendredi soirs. Pour sa toute première performance public Bénédicte et Hans vinrent l'encourager. Même Alexandre se laissa convaincre de venir, bien qu'il préférait le lounge-barlounge-bar de Chloé, un autre rendez-vous branché mais en centre ville. Dans la mesure où Grégoyre serait sur scène, il était au moins sûr de ne pas le croiser inopinément. Ce fut cet argument qui le décida.

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La soirée fut agréable et le groupe improvisé rencontra une certaine réussite. Hans et Bénédicte s'y amusèrent tant qu'ils voulurent y retourner le lendemain soir. Grégoyre ne vint pas. Il leur expliqua qu'il avait des devoirs à terminer. Alexandre étant déjà sorti de son côté, ils partirent juste tous les deux. Ils purent découvrir les arbres à bulles dont tout le monde parlait et qu'ils n'avaient pas pu approcher jusqu'ici.

Ils étaient à l'étage dans une salle à part, toute de couleurs saturées et de musique électronico-planante. Ils furent aussitôt séduits par l'ambiance chaleureuse et surréaliste. Ils prirent place sans hésiter sur les coussin de taffetas rouge et baignèrent bientôt dans une multitude de bulles chatoyantes. Plus ils soufflaient, plus il y avait de bulles, plus ils se sentaient léger et heureux. Ils y restèrent pratiquement toute la soirée...

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En rentrant, ni l'un ni l'autre n'osèrent se dirent qu'ils se sentaient un peu étrange, pâteux, comme dans un brouillard. Ils se sentirent aussi dévorés par un faim de loup. Ils firent une descente dans le frigo de la résidence, puis une fois rassasiés ils regagnèrent leur chambre respective. La sensation de bien-être dans laquelle ils avaient évolué durant des heures avait laissé place à un épais mal de tête.

Un mois passa. L'été déclina, les jours raccourcirent. Alexandre sortit régulièrement en ville avec sa petite-amie et Grégoyre pratiqua beaucoup la guitare quand il ne travaillait pas ses cours. Même si Hans et Bénédicte ne déméritaient pas en terme de travail et d'investissement, ils se retrouvèrent souvent tous les deux. Il fallait dire que, pour l'essentiel, ils suivaient les mêmes cours. Alors bien sûr leur planning concordaient plus volontiers. Ils mirent ces opportunités à profit et retournèrent à plusieurs reprise au Club pour une séance de bulle (en prenant soin d'y rester moins longtemps que la première fois). Mais ils prirent aussi l'habitude de se ballader dans le campus en sortant des cours, selon un petit circuit qui les menaient à travers les rues paisibles pour finir à la librairie et y boire un expresso en commentant les derniers articles du journal universitaire. Puis ils rentraient, souvent à la nuit tombante, en écoutant la brise chanter tandis que les étoiles s'allumaient.

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30 juin 2008

Ennemis

Toutefois cette insouciance ne pouvait durer. Les partiels approchaient. Dans quatre semaines ce serait l'épreuve du feu. La résidence sembla s'éveiller de sa bienheureuse torpeur pour entrer dans une agitation presque palpable. Le juke box se tût mais les claviers se mirent à crépiter. Les clubs se vidèrent mais les bibliothèques se remplirent. Rares furent ceux qui échappèrent à l'habituel stress des examens.

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Pas même Alexandre qui n'avait pourtant que d'excellentes notes.
Un matin, au sortir de sa chambre, il arrêta Hans dans le couloir. Il avait passé une partie de la soirée à réviser sa trigonométrie mais il avait oublier une formule. Une gros trou de mémoire. Il avait alors retourné sa chambre pour mettre la main sur le livre "Ma thématique en chiffre", avant de se souvenir qui l'avait prêté à Hans.


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- Salut. Dis, je sais qu'il est un peu tôt pour ça mais tu pourrais me rendre le bouquin de trigo que je t'ai passé ?

- Hein ? Quel bouquin ? Répondit Hans en baillant.

- Mais si tu sais, le bouquin relié en cuir rouge ?

- Aaah oui oui celui là, je vois.

Il y eut un silence gêné.

- Quoi tu l'as perdu ? S'affola Alexandre devant la mine embarrassée de son ami.

Alex16b- Non non mais... C'est juste que je l'ai passé à Grégoyre pour qu'il prenne quelques notes lui aussi.

- Oh merde.... Bon ben tu peux me le récupérer ?


- Quoi là maintenant ?! Euh dis on est encore en pyjama, je sais pas si tu réalises ? J'ai pas encore pris mon ptit dèj alors je vais faire ça d'abord at après j'irais te le chercher, ok ?

- Mm.

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- Non ? Ca a pas l'air de te convenir ?

- C'est que je te connais, ton ptit dèj c'est un repas de cérémonie et je suis préssé.

- Mais on vient de se lever ! ... Bon ben écoute, tu te prends par la main et tu vas le chercher. Il va pas te bouffer Greg, c'est ton bouquin et il le sait. Alors regarde c'est là au bout du couloir, tu y vas et le tour est joué. Moi j'vais manger. A plus tard.



- Y a quelq...

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Sa question mourut dans sa gorge. Il resta les bras ballants deux bonnse secondes, bouche ouverte sur un cri de surprise muet, avant de battre en retraite. Sonné par ce qu'il venait de voir, il fit une pause au milieu du corridor. Est qu'ils l'avaient vu ? Comment allaient-ils réagir ? Depuis combien de temps ça durait ? Est ce que c'était ça ses soit-disant révision du soir ? Bénédicte s'en doutait-elle ? Sans doute pas la pauvre... Qu'allait il faire maintenant ?

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Le révéler à Bénédicte paraissait la seule option, même s'il ne se sentait vraiment pas à l'aise dans la peau de l'oiseau de mauvais augure... Peut être y avait-il mieux faire d'ailleurs. La moindre des choses serait que ce soit le reponsable qui assume. Il ne manquait pas de culot celui-là. Oui, d'abord il irait le trouver. Peut être réussirait-il à le convaincre d'agir de manière honorable ? De toute façon le torchon brûlait entre eux depuis un moment, ça ne pourrait guère aggraver les choses. Et puis à dire vrai ça faisait longtemps qu'Alexandre songeait à lui dire ce qu'il pensait de lui. C'était l'occasion.

Il s'en retourna à sa propre chambre, le livre de trogonométrie tombé aux oubliettes, et se coula sous la douche. Une fois frais et habillé, il sortit et commença une sorte de surveillance, bien décidé à reperer la première opportunité qu'il aurait de l'attraper entre quatres yeux. Mais les étudiants virevoltaient beaucoup, les incessantes allés venues ne lui rendirent pas la tâche facile. Bientôt Bénédicte elle-même fut dans les parages. Elle et Grégoyre passèrent un moment ensemble dans la salle commune. Alexandre n'osa pas les regarder, de peur que son expression le trahisse. Il se cala derrière un épais volume d'astronomie et attendit son heure. Le moment survint aux alentours de dix heures. Alexandre avait cours dans vingt minutes. Accoudé au balcon de la terrasse, au premier étage, il vit Grégoyre sortir de la résidence revêtu de son jogging. Apparemment il allait faire quelques paniers. Il savait que Bénédicte se préparait pour se rendre à son cours de danse. C'était le moment. Il dévala les escaliers et sortit

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Il rejoignit Grégoyre sur le côté du bâtiment et marcha sur lui d'un pas décidé, s'assurant d'un coup d'oeil circulaire qu'il n'y avait personne alentour. Grégoyre le vit venir, bien sûr. A sa tête on put qu'il se doutait de la tournure qu'allait prendre la discussion.

- Grégoyre, faut qu'on se parle.
- Allez c'est reparti, marmonna-t-il entre ses dents.
- Quoi ?
- Rien. Qu'est ce que tu veux ?
- Tu ne t'en doutes pas ?

Ils se toisèrent en silence. Alexandre ne cilla pas.

- Si... Finit par admettre Grégoyre. Mais ce ne sont pas tes oignons.
- Pas mes oignons ? Tu plaisantes ? C'est ma soeur dont il s'agit !
- Oh allez me sort pas les violons, railla-t-il, je te rappelle qu'elle n'est rien du tout pour toi, ce n'est qu'une pièce rapportée à ta famille. Une concurrence pour l'héritage, rien de plus.

Alexandre hôcha la tête dans un signe de dénégation dépitée.

- Tout le monde ne te ressemble pas Gregoyre. Si tu crois que c'est tout ce qui me préoccupe t'en encore plus minable que je le pensais. Bénédicte c'est quelqu'un de bien, elle mérite pas la façon dont tu la traites.
- Mais je la traites très bien.
- Te fous pas de la gueule du monde tu veux ! Te sortir Line derrière son dos c'est ça que tu appelles "bien" ?
- Oh lâche moi hein, je fais ce que je veux ça te concerne pas !
- T'en as vraiment rien à cirer de Bénédicte, tu t'en fous total.
- Je t'interdis de dire ça ! Je tiens beaucoup à elle !
- Ouais ouais t'as raison, et moi je suis le président de Simstate !
- Bon sang me prend pas la tête ! Je suis p'têt pas du genre exclusif, mais ça veut pas dire que j'ai pas des sentiments envers elle.
- Oh arrête Grégoyre tu me vas me faire pleurer, t'es si romantique.

Ah ce moment un léger bruit de pas dans l'herbe incita Alexandre à se retourner. Il eut la désagréable surprise de voir Line arriver, elle aussi en tenue de sport. Il se tourna de nouveau vers son interlocuteur, un rictus mauvais sur le visage.

- Vous en aviez marre du sport en chambre, vous passez à l'air libre maintenant ? lança Alexandre d'un ton grinçant.
- Fous moi la paix. Ce qu'elle sait pas peut pas lui faire de mal.
- Moi je le sais.
- Mais tu vas la fermer, sinon..
- Sinon quoi ? L'interrompit Alexandre en faisant un pas vers lui. Vas y j'écoute, sinon quoi ?

Grégoyre fut déstabilisé par l'aplomb dont faisait montre le jeune homme. Il n'avait pas peur, oh que non. Il était en colère. Il était même furieux. Contre cet adversaire là, pas question de régler le problème par un coup de poing. D'une part parce qu'à en juger par son agressivité cela ne le calmerait sans doute pas, et d'autre part car celui là aurait du répondant sur n'importe quel autre plan. Ca le rendait fou de rage, mais c'était ainsi. Il serra le poing si fort que les jointures de ses doigts blanchirent. L'effort qu'il developpa pour ne pas lui sauter à la gorge draine une grande partie de ses forces.

- Ben alors ? C'est tout ce que t'as à dire ?

La voix fluette de Line se fit entendre.

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- Tu viens Grégoyre ?

- Toi vas faire mumuse avec le ballon et fous nous la paix ! cracha Alexandre, au comble de l'exaspération.

Elle pinca les lèvres et se détourna. Alexandre repartit aussitôt à la charge, un doigt vengeur pointé sur l'objet de sa colère.

- T'as une journée pour mettre les choses au clair avec Béné, sinon c'est moi qui le fait.

Il le planta là et s'en fut vers la résidence pour prendre ses affaires de cours. Dans l'allée il croisa Bénédicte, en tenue pour son cours. Elle s'aperçut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il lui sembla qu'Alexandre évita son regard.

- Alex ? Ca va pas ?
- Si si... Dit-il sans même s'arrêter.

Il n'avait pas le coeur de la regarder, pas maintenant. Il poursuivit sa route et entra dans la résidence, laissant une Bénédicte interloquée derrière lui.

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Hans partait déjà vers la cafétéria. Alexandre lui adressa une grimace de mécontentement mêlé d'un certain amusement, puis il se dirigea vers la-dite porte. Il était si absorbé par l'effort que cela lui demandait qu'il ne prêta pas la moindre attention au pannonceau "ne pas déranger" qui y était suspendu (comme souvent ces temps-ci) et frappa. La porte devait avoir été mal fermée car elle s'ouvrit d'elle même au second coup.

Posté par Fan_Scarlett à 20:09 - 02 : Ami , ennemi - Commentaires [0] - Permalien [#]
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