Scarlett's Sims

Histoires de Sims 2

02 juillet 2008

Décision

( Episode 3 : Crépuscule )

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Alexandre fila jusqu'à sa chambre et s'empara à la hâte d'un stylo. Il était déjà très en retard et n'avait pas le temps de chercher son classeur. Il trouverait bien quelqu'un pour lui prêter une feuille ou deux. Il ressortit aussi vite qu'il était entré. En levant les yeux vers le bout de la rue il aperçut Hans.

- HANS ! HANS ATTENDS ! l'interpella-t-il en se mettant à courir pour le rattraper.

Alex14

Ce dernier se retourna. Il regarda son ami courir vers lui avec une stupéfaction non feinte. Alexandre était connu pour sa patience (il en fallait une sacré dose pour rescencer des familles entières d'insecte ou pour compter les étoiles) et sa discrétion. C'était la première fois qu'il le voyait s'agiter de la sorte depuis qu'il se connaissait. Quelque chose de sérieux se tramait.

- Hans faut absolument qu'on parle, est ce que tu as 5 mn ?
- J'ai cours dans vingt minutes mais...
- Moi aussi j'ai cours, je suis déjà en retard. Mais c'est important. On peut au moins commencer à discuter sur le chemin ok ? L'interrompit-il
- Bien sûr. Qu'est ce qui se passe ? demanda Hans, l'air grave.

Alexandre prit une profonde inspiration. Cela ne l'enchantait pas mais il fallait qu'il le fasse. Hans était le seul susceptible d'avoir un peu d'influence sur Grégoyre. S'il restait une chance que cela se règle sans faire égratigner Bénédicte, cela passerait par lui. Il se pencha pour ne pas avoir à parler trop fort.

- Ce matin j'ai surpris ton fère dans sa chambre avec une autre, lâcha-t-il d'un trait.

Tout d'abord Hans ne réagit pas. Puis ses sourcils montèrent à l'assaut de son front à mesure qu'il réalisait ce qu'il venait d'entendre.

Alex19a

- QUOI ?!!

- Chuuut pas si fort, viens, on va en parler en machant.

Ils se mirent en route.

- C'était qui la nana ?

- Tu devines pas ? Répondit Alexandre, sombre.

- ... Line ?

- Bingo.

- Je m'en doutais...

- Ah ouais ?Alex19d

- Ouais...

- Et t'as jamais rien dit ? S'étonna Alexandre.

- A qui ?

- Je sais pas moi, l'un ou l'autre !

- T'es malin toi, c'était que des soupçons. J'allais pas mettre le souk sans certitude. T'as fait mieux toi ?

- Mieux je sais pas mais différent c'est sûr.

Hans fronça les sourcils.

Alex19c

- Qu'est ce que t'as fait ?

- J'suis allé trouver ton frère, répondit-il, laconique.

Ils s'entre-regardèrent en silence, puis Hans esquissa un pâle sourire.

- Qu'est ce qu'il a dit ?

- En résumé que j'avais pas à m'en mêler, qu'il tenait à Bénédicte quoique j'en pense et que ce qu'elle ignorait ne pouvait pas lui faire de mal.

La longue mine qu'arbora Hans en dit long sur ce que ça lui inspirait.

- Je lui ai laissé une journée pour mettre Bénédicte au courant avant que je ne le fasse.

Hans poussa un petit sifflement admiratif.Alex19e

- Eh ben tu n'y es pas allé de main morte.

- J'aurai dû ? Rétorqua Alexandre sur la défensive.

- T'emballes pas c'était pas une critique. Tu sais c'est pas parce que c'est mon frère que je le soutiendrais quoiqu'il fasse... En l'occurence je suis très déçu. Très. Je pensais qu'il avait muri un peu... Je me suis trompé.

- Lourdement...

Ils poursuivirent leur route sans un mot, le regard perdu dans le vague, loin devant eux.

campus09a

.

Ils ne rentrèrent à la résidence que pour déjeuner. A la cafétéria ils tombèrent sur Grégoyre tranquillement attablé avec Bénédicte.

- Il manque vraiment pas d'air, grinça Alexandre entre ses dents serrés.

- Viens.

Hans l'entraina à l'autre bout de la salle sous le regard songeur de Bénédicte. Elle n'était pas sotte, le changement d'humeur des deux compères crevait les yeux. En fait même Grégoyre était taciturne aujourd'hui. Elle avait l'impression désagréable que ça avait quelque chose à voir avec elle.

Le repas terminé, Hans monta s'asseoir au calme dans la salle commune.

Hans15

Il soupira pour la vingtième fois consécutive. Jusqu'ici il avait toujours passé à son frère toutes les frasques dont il avait eu connaissance. A tort ou à raison. Mais cette fois c'en était trop. Bénédicte ne méritait pas un tel traitement. Et Grégoyre ne méritait pas Bénédicte. Il avait cru jusque là qu'elle tenait une place de premier choix dans le coeur de son frère, mais il était évident maintenant qu'il s'était fourvoyé. Sinon comment aurait-il pu se livrer à une telle masquarade dans le seul but de blesser Alexandre ? Car il n'était pas dupe, tout ça ne rimait à rien. Grégoyre était jaloux et cherchait à se venger, voilà tout.
C'était répugnant. Il allait suivre l'exemple d'Alexandre et aller lui parler. Peut être entendrait-il raison si cela venait de lui ? Enfin il ne se faisait pas trop d'illusion, Grégoyre n'écoutait jamais que ce qui lui paraissait servir ses intérêts... Or Hans n'avait pas envie de le voir s'en tirer cette fois ci. Non. En fait, il allait mettre les choses au point, que ça lui plaise ou pas.
Il passa une main sur son front pour tenter d'apaiser le bourdonnement de ses pensées. Un coup d'oeil à sa montre l'informa qu'il était temps pour lui de se rendre à l'entrainement de basket. Mieux vallait ne pas être en retard, à moins qu'il ne veuille compromettre ses chances d'entrer dans l'équipe. Il se leva et s'en fut au petit trot.

Lorque le soir vint, porté par une brise automnale, Hans se sentit nerveux. Il savait ce qu'il devait faire, il était convaincu du bienfondé de la chose mais pourtant il avait du mal à s'y résoudre. Les conséquences seraient à coup sûr fâcheuses. Pour ne pas dire irréversible. Cela le préoccupait tant qu'il avait toutes les peines du monde à se concentrer sur son devoir.

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Il surveillait l'heure sans cesse, guettant le moment ou Grégoyre rentrerait des répétitions de son groupe de rock expérimental. Non loin de là Alexandre potassait avec Anaïs. Il semblait agité lui aussi. Bénédicte quant à elle s'apprêtait à rejoindre son cours tardif de théatre, comme tous les mercredi.

telanon

Soudain la voix tonitruante de Rebecca, la chef cuisinière, retentit dans la résidence.

- BENEDIIIICTE ! TELEPHOOONE !

Bénédicte sortit de sa chambre qui n'était qu'à quelques pas de là et la rejoignit. Elle prit le combiné, la remerciant d'un signe de tête.

Bene17

- Allo ?

- Bénédicte ?

- Oui. C'est qui ?

- Personne. Tu as cours ce soir n'est ce pas ?

- Personne ? C'est pas une réponse ça. Qui c'est ? insista Bénédicte, mi-suprise mi-inquiète.

- Tout à l'heure pendant que tu seras en cours ton copain ira en voir une autre.

.

bene17b

- .... Quoi... ?

- ....

- Qu'est ce que t'as dis !?

- Tu as entendu.

- Okay. Allez ça suffit, ça m'intéresse pas. De toute façon on ne se connait pas, tout ça c'est des conneries. Salut.

- Il s'appelle Grégoyre il est en répétition il rentrera dans 20 minutes quand tu seras déjà en cours, débita d'une traite la voix dans le combiné tandis que Bénédicte faisait mine de raccrocher. Elle suspendit son geste.

.

telanon2

- Crois moi, il te trompe. Depuis des semaines.

- ... c'est pas vrai, dit-elle d'une voix blanche soudain mal assurée.

- Va vérifier. Ce soir, derrière la résidence, vers 21h.

Clic.

- Allo... ? ALLO ?!?

Elle reposa le combiné sur son socle par réflexe puis resta là, le regard rivé dessus comme si elle redoutait qu'il se mette à bouger...

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Posté par Fan_Scarlett à 15:40 - 03 : Crépuscule - Commentaires [1] - Permalien [#]


04 juillet 2008

Action

Hans attendait. Il faisait les cents pas devant l'entrée du bâtiment. Il avait abandonné les révisions de guerre lasse car rien d'intelligible ne pouvait s'imprimer dans son cerveau si toutes les 2 minutes il levait le nez de ses livres pour regarder dehors. Il était donc descendu battre le pavé devant la porte. Cela faisait bien dix minutes qu'il tournait lorsqu'enfin il aperçut son frère. Il alla au devant de lui.

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- Quoi encore ?! Toi aussi tu as quelque chose à me dire c'est ça ? lui lança Grégoyre tandis qu'ils se rejoignaient.

- Si tu le prends sur ce ton là ça va mal se passer Greg, rétorqua Hans.

- Oh écoutes je m'en fous de ta leçon de moral. Le fils Gothik est venu pleurer dans tes jupes, c'est ça ? Ben je m'en fous voilà.

Hans14a

- Comment tu peux dire ça ? s'offusqua Hans dont les joues s'empourpraient à mesure que la colère le gagnait. Il s'agit de Bénédicte, celle avec qui tu sors depuis trois ans !

- Hans j't'en prie fais pas ça, pas toi. Tu étais là tu sais très bien que c'est pas la première fois et jusqu'ici ça t'a jamais dérangé. Alors pourquoi maintenant ?

- Parce que t'es plus un môme. Enfin c'est ce que je croyais...

- Oh hé ça va.

.

Hans14c

- Ah en fait c'est ça qui te déranges. On y arrive ! Bénédicte c'est qu'une excuse, tu viens la bouche en coeur me sortir des grandes leçons de morale mais en fait c'est pour ton précieux pote que tu me prends la tête là.

- T'es qu'un morpion tu le sais ça ? J'en ai marre de ton attitude, j'en ai marre de croire que tu vas changer, marre de voir à quel point tu prends tout le monde pour des imbéciles. Moi le premier ! Qu'est ce que c'est que cette crise de jalousie que tu me fais depuis qu'on est ici d'abord ? T'as pas supporté que je me fasse un ami hein ? Personne peut briller plus fort que toi c'est ça ? Ben je vais te dire une chose Greg, t'es un tocard ! T'as rien d'intéressant à part ton fric et ton sex-appeal. Y a rien d'autre qui te branche, t'es creux comme une soupière, évolué comme une huître et il se trouve que moi... moi j'ai plus faim !

Il marqua une courte pause puis reprit avec la même véhémence.

- Oui ok t'as pas grandi avec papa et maman, c'est triste, mais j'suis pas responsable et les autres non plus ! Si tu penses faire payer ça à la terre entière ben compte pas sur moi pour te regarder faire. Va bousiller ta vie tout seul... Pis je t'interdis de dire que je me fous de Bénédicte ! Elle vaut bien mieux que toi et... et.... TU LA MERITES PAS !

Hans14d

Il tourna les talons et s'en fut à grandes enjambées. Les quelques étudiants qui passaient par là s'étaient arrêtés, les yeux braqués sur eux. Enfin sur Grégoyre. Car il n'y avait personne d'autre maintenant.
Il se tenait si raide qu'entre lui et le réverbère nul n'aurait pu dire lequel était le plus droit. Il entendit une porte claquer à l'intérieur du bâtiment. Comme s'il s'était agit d'un signal, il retrouva sa mobilité. Il fit volte-face et revint sur ses pas. Il contourna le bâtiment puis dépassa le terrain de basket pour aller s'appuyer contre l'un des pommiers plantés non loin.
Son cerveau lui donnait l'impression de flamber. Milles répliques lui venait à la bouche mais il était un peu tard. Comment avait il pu en arriver là ? Hans et lui ne s'était jamais disputé auparavant. Du moins pas aussi fort. Mais voilà, c'était avant Alexandre. Ce type avait ruiné sa relation avec son frère, il lui avait monté la tête. Il était jaloux de lui, de son succès, alors il empoisonnait l'esprit de son frère avec ses mesquineries. Si seulement ce matin il avait été un peu moins dans la lune il aurait verrouillé la porte, comme d'habitude. Mais voilà, il avait fallut que cet échevelé se pointe au mauvais moment.

- Salut.

La voix de Line le tira de ses pensées. Il avait failli oublié. Elle s'approcha de lui en plissant les yeux.

- Tu as mauvaise mine. Ca va pas ?

- Non pas trop. Je me suis engueulé avec mon frère.

- Aie aie. Pourquoi ça ?

- C'est compliqué, dit-il en écartant le sujet d'un revers de main. Viens plutôt me réconforter.

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Oh non... C'est pas vrai, il est là... Bon. Ok... Mais ça veut rien dire... Grégoyre m'aime... Il m'aime, oui ? ... Qui c'est celle là ?Eh mais... Oh qu'est ce qu'il fait là ?

Gregcheater

Non. Non c'est pas possible.... Il va pas faire ça... Il va pas...

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Une grimace d'horreur se peignit sur ses traits. Son coeur se brisa au moment où Grégoyre posa ses lèvres sur celle de Line. Car c'était Line bien sûr, maintenant elle la reconnaissait. Ses yeux s'emplirent de larme, un haut le coeur lui souleva l'estomac avec violence. Pour ne pas défaillir elle fit la seule chose dont elle se sentit capable...

Elle fondit sur eux comme un boulet de canon, éructant à travers ses pleurs un chapelet de nom d'oiseau. Le couple illégitime sursauta dans un bel ensemble. Grégoyre se retourna juste à temps pour recevoir une gifle monumentale. Elle résonna si fort dans son crâne qu'il pensa avoir perdu l'usage de son tympan gauche.

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- COMMENT T'AS PU ME FAIRE CA ESPECE DE @#!&¤ !!

Le choc passé, Line détala comme un lapin. Elle redoutait, non sans raison, d'être en pole position pour la prochaine distribution de claque. Grégoyre lui, était abasourdi. Une main sur la joue, l'oeil rond, il écouta de son oreille rescapée les vitupérations de Bénédicte sans vraiment les compendre. Lorsqu'enfin les connections neuronales réintégrèrent leur fonction suite à ce séïsme, il entreprit de bredouiller quelque chose pour sa défense.

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- Non, c'est pas pas ce que tu crois...

- C'est pas.. QUOI ? EN PLUS TU ME PRENDS POUR UNE ABRUTIE !!?

- Non Béné att...

- NON j'attends pas ! Je le savais au fond de moi je le savais ! T'es qu'un SALE TYPE !

- Béné je t'en prie, c'est.. c'est... C'est personne cette fille, elle compte pas pour moi, elle...

- Ah bon ? Parce qu'en plus tu me fais cocue avec n'importe qui ? C'est sensé me réconforter !?!

.

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- C'est pas ce que je voulais dire, dit-il catastrophé. C'est juste... J'ai été stupide, c'était qu'une passade. Elle m'a fait du gringue et.. Tu sais je suis pas parfait. J'ai merdé je suis désolé, je savais pas comment m'en sortir, j'voulais arrêter mais... S'il te plait... Ecoute je suis désolé, je te demande pardon.

Il s'affola. Il n'était pas capable de se sortir de ce piège là, c'était une trop grosse couleuvre à avaler. Le visage de Bénédicte, inondé de larme, n'augurait d'ailleurs d'aucune trève.

- Bénédicte ma puce...

- Je ne suis pas ta PUCE ! A compter d'aujourd'hui je ne suis plus personne pour toi, tu m'entends ? C'est terminé tes manigances, ter-mi-né !

Elle s'interrompit pour ravaler un sanglot.

- Dire que je te faisais confiance, dire que je n'ai rien voulu croire des ragots qui circulaient sur ton compte... Mais en fait ils avaient peut être raison ? Combien t'en as eu, dis ? COMBIEN ?!

Grégoyre resta coi une seconde. Une seconde de trop. Outrée, Bénédicte sentit ses pleurs se tarir pour se muer en un déferlement de fureur.

- Espèce de vermine immonde, dit-elle en détachant chaque syllabe. T'existes pas. T'as jamais existé...

Drapée dans son chagrin, nimbée de colère, Bénédicte se détourna et s'éloigna dans une sortie digne d'un classique du 7ème art. Grégoyre resta à se lamenter au milieu de la pelouse.

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Arrivée à sa chambre elle accrocha à la porte le panneau "ne pas déranger" puis s'enferma à double tour. Elle s'avachit sur l'unique chaise, déboussolée. Il n'avait pas répondu... Il n'avait rien dit du tout. Elle aurait voulu croire que c'était le choc, mais elle sentit que ce n'était pas ça. Il y en avait eu d'autre tout simplement. Il n'en était pas à son coup d'essai. La différence c'était que cette fois quelqu'un avait fait le nécessaire pour qu'elle sache. Etrange comme ce quelqu'un avait été bien informé. Pendant un instant fugace elle se demanda qui ce pouvait être. Puis elle hésita entre maudir ou bénir ce mystérieux informateur.

Comment avait-elle pu être aussi aveugle ...

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*

*   *

45 minutes plus tôt.

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- Crois moi, il te trompe. Depuis des semaines.

- ... c'est pas vrai.

- Va vérifier. Ce soir, derrière la résidence, vers 21h.

Clic.

.

.

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Il chiffonna son mouchoir et le fourra dans sa poche. En se retournant il s'aperçut que Jeanie se tenait derrière lui. Elle l'observait d'un oeil désapprobateur. N'ayant nul envie de s'expliquer, il se contenta d'un sourire crispé avant d'effectuer un repli stratégique dans la chambre qu'il partageait avec Martin, l'un des autres étudiants habitant ici.

Lorsqu'il avait déserté la résidence BrandNew en plein milieu de la nuit, plusieurs semaines auparavant, c'est dans cette petite maison qu'il avait trouvé refuge. Sa dernière chance était ici. Elle s'appellait Aline. C'était sa meilleure amie. Comme lui elle était un peu marginale sauf qu'elle, elle ne rencontrait aucune difficulté d'intégration.

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Elle lui avait offert le gîte puis l'avait inviter à s'expliquer sur ce qui c'était passé. Jimmy s'était alors lancé dans un récit décousu de son altercation avec Grégoyre, puis de son départ précipité et des raisons qu'il l'y avait amené. Aline avait bien posé quelques questions de temps à autre mais n'avait pas juger sa décision. Cette nuit là il dormit sur le canapé.

Le lendemain elle le présenta à ses colocataires, Jeanie Aubaine et Martin Décis. Elle négocia l'emménagement de Jimmy sans trop de mal. Les finances étant ce qu'elles étaient, un peu plus d'argent à la fin du mois était toujours le bienvenue. C'est ainsi que depuis bientôt deux mois Jimmy vivait parmis eux. La maison était exigue, il n'y avait que deux chambres et une seule salle de bain pour eux quatre. Ce n'était pas toujours facile de composer avec des personnalité aussi disparate. Mais chacun y mettait du sien et dans l'ensemble Jimmy était mieux ici qu'il ne l'avait été à la résidence.

Montage10

.

Environ une semaine après son arrivé, il avait abandonné son sempiternel bandana et avait confié ses cheveux aux boins soins d'Aline. Le résultat avait été concluant. Dans les jours qui suivirent, et tandis qu'il s'accoutumait à sa nouvelle vie, il se remit à travailler ses cours. Il prit aussi l'habitude de courir plusieurs fois par semaine, pour se "décrasser" comme il disait. Aline était ravie. Elle qui avait assisté à son inexplicable déclin était enchantée d'assister à sa résurrection. tant et si bien qu'elle lui en fit part.

.

Martin entra dans la chambre, il le tira de sa rêverie.

- B'soir Jim

- Salut martin, ça a été la journée ?

- Ouais tranquille merci. Et toi ?

- Ouais ouais, bien.

- Cool.

Ils n'avaient pas grand chose à se raconter la plupart du temps, mais au moins Martin était un garçon paisible. Ca n'était pas difficile de s'accomoder de sa présence, il était assez discret. Par certain côté il lui rappellait Alexandre Gothik... Il regarda par la fenêtre. Avait-il eu tort de faire ça ? Il soupira. Peut être aurait il dû lui dire en face, mais il était convaincu que s'il l'avait fait elle ne l'aurait pas écouté. Il soupira encore.

- Ca va pas ? demanda Martin.

- Hein ? Ah si si ça va. Je suis... un peu fatigué.

- Ouais moi aussi. J'vais dans doute me coucher bientôt.

- Bonne idée, je crois que j'ai besoin de me reposer aussi.

Moins de vingt minutes plus tard, alors qu'à deux patés de maison de là Grégoyre essuyait les remontrances de son frère, ils se mirent au lit et s'endormirent.

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Posté par Fan_Scarlett à 14:24 - 03 : Crépuscule - Commentaires [0] - Permalien [#]

Réaction

Jimmy7

Le jour n'était pas tout à fait levé lorsque Jimmy se réveilla le lendemain matin. Après un passage par la salle d'eau il descendit à la cuisine pour prendre son petit-déjeuner. Il y trouva Jeanie et Martin déjà attablés. Ce dernier avait préparé une assiette de tartine beurrée à la confiture. Jimmy en mis plusieurs sur une assiette et s'assit avec eux.

- Bien dormi ?

- Ouais merci Jeanie. Et vous deux ?

- Bien bien, répondit-elle

- Pareil, dit Martin.

- Cool.

Pas folichon les conversations.

Enfin au moins ici il n'y avait a redouter aucune empoignade. Des bruit de pas dans les marches les avertirent qu'Aline était levée elle aussi.

- Salut la compagnie, lança-t-elle en marchant directement sur le plat de tartine. Qui c'est qu'à fait le p'tit dèj ?

Aline

- Moi.
- Martin.
- Martin.

Dirent-ils en choeur.

- Okay, merci vieux.

- J'suis pas vieux, soupira Martin.

- Si tu continues à tirer cette tronche là dès le matin ça va pas tarder, se moqua-t-elle gentiment.

Elle saisit une soucoupe, posa dessus deux tartines et mordit dans une troisième en s'approchant de la table.

- A four aujrui ? demanda-t-elle à Jimmy en continuant de manger.

Il la regarda, l'oeil rond. Déjà qu'il n'était pas une foudre de guerre au réveil, si en plus elle se mettait à parler une autre langue...

- Euhh... Un four aux fruits ? Non j'ai pas ça désolé.

Aline éclata de rire. Elle voulu mettre une main devant sa bouche pour éviter l'incident diplomatique (un bombardement de pain mâché aurait fait mauvais genre) toutefois ses deux mains étant déjà occupées, l'une tenant l'assiette et l'autre une tartine, l'entreprise s'acheva par une tâche écarlate et gluante juste au-dessus la poitrine. Elle grogna sans pour autant s'arrêter de rire et se dirigea vers l'évier.

- Est ce que tu as cours aujourd'hui, gros nigaud, reprit-elle par dessus son épaule pendant qu'elle ôtait toute trace de sa bévue d'un bon coup d'éponge humide.
- Aaaah. Euh oui, cet aprèm.
- Cool, alors tu viens avec moi ce matin.
- On peut savoir où ?
- Aux boutiques.
- Me dit pas que tu veux faire les magasins, pas toi ?
- J'veux un téléphone. J'ai économisé, j'ai assez pour me le payer.

Jimmy soupira. Aline revint se planter près de lui pour finir son petit déjeuner.

- Prends ma place si tu veux, lui dit Jeanie. J'ai fini.
- Et t'as besoin de moi pour ça ? demanda Jimmy à Aline
- Nan nan merci mais pas le temps, répondit-elle à Jeanie. Dès que j'ai fini on y va. Pas vrai Jim ?

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Il soupira derechef, mais cette fois ci un sourire se peignit sur son visage. Aline lui adressa un énorme clin d'oeil, puis engloutit en deux bouchées ce qui restait de son petit-déjeuner. Elle déposa l'assiette dans l'évier, ou plutôt elle jetta l'assiette dans l'évier, et monta aux pas de courses chercher Dieu sait quoi. Elle fut redescendu, main sur la poignée de la porte d'entrée, avant que Jimmy ait fini de débarrasser la table.

- Allez hop hop hop !

*

*   *

Pendant ce temps là à la résidence, le réveil était nettement moins joyeux. Bénédicte, les yeux gonflés et le teint blême, se dirigea vers la cafétéria à travers un épais brouillard. Hans était déjà là. Encore en pyjama comme à son habitude.

- Salut.
- Lut.
- Oulalala t'as une de ces têtes ! Qu'est ce qui t'arrives ? Dit-il en se précipitant vers elle.
-
Hans pas maintenant...

Alexandre entra à son tour. En un coup d'oeil il comprit que quelque chose allait de travers.

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- Si si maintenant, insista-t-il à voix basse. Je vois bien que tu vas pas bien. T'as pleuré n'est ce pas ?

Bénédicte regarda la pointe de ses bottes sans répondre. Alexandre capta cette dernière phrase d'une oreille et jugea préférable de laisser Hans en tête à tête avec elle. Il la connaissait depuis toute gosse, il saurait sans doute comment gérer cette crise. Mieux que lui en tout cas. Lui qui n'était entrer dans sa vie que cette année.

Je fais un bien piètre frangin, se dit-il en allant s'asseoir.

- C'est Grégoyre ? demanda Hans à la jeune femme.
- Comment tu le sais ? rétorqua-t-elle du tac au tac avant de regretter d'avoir si vite donner confirmation.

Hans eut une grimace douloureuse.

- Une longue histoire. Mais toi d'abord. Racontes.
- Je l'ai surpris avec Line hier soir, dit elle en luttant pour refouler le chagrin qui cherchait à nouer sa gorge.
- Oh merde...

Elle planta son regard dans le sien.

- Tu le savais ?

Hans hésita à peine un quart de seconde.

- Je l'ai su hier aussi, un peu avant toi. Je suis allé trouvé Greg, on s'est engueulé.
- Tu... quoi ? Comment tu l'as su ?

Hans fit la moue, mais il n'avait pas l'intention de mentir. Il regarda par dessus son épaule et donna un coup de tête en direction d'Alexandre. Bénédicte suivit son regard.

- Mais...
- Lui aussi il est allez le trouver. Ça c'est mal passé.
- Depuis quand il le savait ?
- Pareil. Hier. Hier matin.
- L'un d'entre vous comptait me le dire un jour ou vous espériez que ça s'arrange tout seul ? gronda-t-elle.

Hans l'entraîna un peu à l'écart et lui narra toute l'histoire à voix basse. Comment Alexandre les avaient surprit dans la chambre, comment il avait prévenu Grégoyre qu'il ne lui laisserait qu'une journée avant tout dire, comment Alex lui avait appris et enfin comment lui-même s'était expliqué avec son frère. Elle écouta sans un mot, les yeux braqué sur le pavé, bras croisés. A la fin de son monologue Hans lui adressa un regard anxieux. Les moments de silence qui suivirent lui parurent des heures. Enfin elle le regarda et esquissa une ombre de sourire.

- Ok, dit-elle simplement. Je comprends. Je te crois. Je vous crois, reprit-elle en jetant un oeil vers Alexandre ; lequel de son côté les surveillaient à intervalle régulier. Ecoute j'ai besoin de prendre un peu l'air. J'vais aller faire un tour, on en reparlera plus tard d'accord ?
- Ok. T'es sûre que ça va aller ?
- Ouais. Ouais ça va aller...

Il eut un sourire triste et lui donna une petite accolade. Elle fit un petit signe de la main à Alexandre pour lever toute ambiguïté. Il parut soulagé et s'empressa de répondre, envoyant valser son verre de jus d'orange au passage. Rebecca, la chef cuistot, poussa une exclamation. Pendant qu'Alexandre se confondait en excuse, Bénédicte se dirigea vers l'entrée.

Line se tenait dans le couloir. Elle marcha droit vers la porte d'entrée sans la lâcher des yeux. Line, lèvres serrées, lui rendit ses oeillades hostiles.

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- Arrête de me dévisager, cracha-t-elle à Bénédicte lorsque cette dernière arriva à sa hauteur.
- Nan mais tu manques pas de culot ! Tire toi d'ici espèce de garce !
- Sinon quoi ? Tu vas me frapper aussi, comme pour Grégoyre ?
- T'étais pas aussi réactive hier soir quand tu t'es débinée. Trouillarde. J'ai pas d'ordre à recevoir d'une truffe dans ton genre, barre toi de là avant que tu te la prennes cette baffe !
- Tu crois que tu me fais peur ? Ben vas y frappe sale gosse de riche, c'est tout ce que tu sais faire !

- Me tentes pas tu pourrais avoir des surprises...
- Ouais c'est ça, le mauvaiseté c'est tout ce qui te reste de tout façon.
- Ho ! Tu la lâches toi, t'en as assez fait je crois !

Bénédicte se retourna. Hans approchait. Alerté par les exclamations il était sorti de la cafétéria. Consciente du déséquilibre des forces, Line se détourna et sortit.

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- Ça va Béné ?
- Ouais... Non... Merci...

Elle passa à côté de lui en trombe en s'en fut s'enfermer dans sa chambre. Hans, atterré, n'eut pas le coeur de retourner à table. Il regagna sa chambre et se coula sous une douche brûlante.

.

A peine une demi-heure après ce fut au tour d'Alexandre de faire une mauvaise rencontre. Alors qu'il était monté à la salle commune pour y prendre un volume de l'encyclopédie SimilopediaSimilopedia, il tomba sur Grégoyre. il fallait bien que ça arrive. Aux dernières nouvelles ils vivaient tous là.

greg13b

- T'as pas pu t'en empêcher p'tit fouineur, explosa Grégoyre à peine eut il réalisé qui se tenait devant lui.
- De quoi tu parles ?
- Fait pas l'innocent !
- Hein ?
- C'est toi qu'a été baver à Béné ! T'avais dit que j'avais une journée, t'as pas de parole !
- J'ai rien dis du tout, arrête de psychoter, se défendit Alexandre.
- Alors comment elle l'a su ?
- Comment elle a su quoi ?
- Me fait pas croire que tu le sais pas !

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- Mais QUOI bon dieu ?
- Elle m'a plaqué !

Alexandre ne put s'empêcher de lui rire au nez.

- Une fille intelligente comme elle ne pouvait pas rester éternellement avec un abruti congénital dans ton style, s'esclaffa-t-il.
- Tu l'y a bien aidé. J'croyais que tu voulais la ménager, on peut pas dire que t'y soit allé de main morte.
- Mais merde à la fin j'ai rien dit, je ne sais même pas ce que tu me veux là !?
- C'est pas toi qui a mouchardé que je voyais Line hier soir peut être ?

greg13e 

- Elle vous a surpris ? comprit-il enfin.
- Grâce à toi.
- Enfin comment j'aurais pu savoir ?
- Tu nous a entendu hier matin, tiens !
- Mais non je t'assure.
- Ouais ouais, je vais te croire...
- Si je te dis que non ! J'ai rien entendu et je lui ai rien dit. Tout ce que je savais avant qu'on se parle c'est que Béné avait l'air vraiment mal tout à l'heure. Je l'ai cherché pour savoir ce qui se passait mais je l'ai pas trouvé. J'ai été frapper à sa porte ça répond pas... Voilà. Je savais rien, nada, que dalle.
- J'en crois pas un mot. Personne d'autre que toi n'était mieux placé pour cafter. Ce peut être personne d'autre. Tu le payeras cher Gothik, j't'en fais la promesse ! Tu le payeras très cher...

Grégoyre dévala les escaliers et disparut. Alexandre éprouva une vague inquiétude. Puis il décida que ça n'avait pas d'importance et couvrit les deux derniers mètres qui le séparait de la bibliothèque. Toutefois tandis qu'il fouillait les rayonnages des yeux, il ne put cacher une nette agitation. Ce Grégoyre avait le don de lui taper sur les nerfs. Difficile de croire qu'Hans et lui partageaient les mêmes gênes. Il trouva l'ouvrage dont il avait besoin et s'en saisit d'un geste rageur. Il s'installa à un bureau proche et tâcha de maîtriser ses nerfs en inspirant et expirant profondément durant une quinzaine de seconde. Il se détendit un peu et commença ses recherches, mais il se promit de discuter avec Bénédicte dès que possible. La pauvre. Quel choc elle avait du avoir !

Posté par Fan_Scarlett à 20:25 - 03 : Crépuscule - Commentaires [0] - Permalien [#]
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