Scarlett's Sims

Histoires de Sims 2

10 juillet 2008

Chic et choc

( Episode 4 : Week-end )

ligne500x10

Pendant ce temps là, sur le campus.

- Bon, c'est pas tout ça mais on a du boulot, dit Aline.
- Comment ça ?
- Ben tu peux pas rester en comme t'es. Tes fringues ça craint un max Jimmy, tu sais.
- Sympa merci.
- Roooh allez te vexes pas, c'est juste que tu serais bien inspiré d'en changer maintenant que tu te sens mieux, tu crois pas ?

Jimmy pris un instant de réflexion.

Jimmy8

Il regarda sa veste de coton défraîchie et son vieux jean. Elle avait sans doute raison.

- Ok ok, maugréa-t-il. On dirait que je suis tombé dans un guet-apens.

Oh comme si, j'aurais pas osé ! pouffa-t-elle. Allez, les essayages c'est par ici.
- Galèèèèère...
- Arrête de faire ta mijaurée tu veux ? T'aimais bien faire les boutiques avant...
- Avant... ?
- Ouais avant. Avant que tu deviennes... bizarre.

Elle le considéra d'un oeil perplexe, absorbée dans quelques souvenirs, puis revint à la réalité et lui attrapa fermement le bras.

- En route ! Déclara-t-elle sans relâcher sa prise.

Elle le guida jusqu'une boutique au deuxième étage du petit complexe marchand. La décoration était assez dépouillée mais les rayons étaient bien garnis. Elle fourragea dans les pulls et autres chemises avec une détermination sans faille, sous l'oeil mi-inquiet mi-amusé de Jimmy. Il se demanda si elle comptait le déguiser en réplique de Yoko Hotel (un groupe gothico-rock pour adolescente en fleur). Vu ses goûts vestimentaires il pensa qu'il y avait une part de risque non négligeable. Ce fut avec un certain soulagement qu'il la vit enfin revenir avec dans les mains un ensemble d'aspect sobre.

Aline4

- Tiens ma poule, enfile moi ça et viens me faire voir ce que ça donne. Je serais dans la cabine d'à côté.

Il prit les affaires qu'elle lui tendait puis ils se rendirent tous deux aux cabines d'essayage. Quelques minutes après Jimmy en émergea. Il s'approcha du miroir mural et se mira sous toutes les coutures. Quoiqu'il ait pu en dire ou en penser, il avait la preuve qu'Aline avait du goût. Ces vêtements lui allaient comme un gant. En fait c'était même la classe. La grande classe. Il tira sur le col pour le replacer, lissa les plis de la chemise d'un revers de main puis il sourit à son reflet.

Jimmy9a

- T'en jettes là-dedans Jimmy, s'exclama son amie dans son dos. J'ai vue une chemise bleu nuit aussi, tu devrais les prendre toutes les deux.

Elle le poussa sur le côté et se planta à son tour devant la glace pour juger de l'effet de sa tenue. Jimmy n'osa rien dire mais son air ahuri en révéla assez pour qu'Aline, d'un coup d'oeil sur sa trombine, décide de reposer sa trouvaille.

Aline5

.

Aline6

Pendant qu'il prenait la file à la caisse, elle descendit s'acheter son téléphone portable. Elle hésita un moment sur le modèle puis finit par se décider, ô surprise, pour un de couleur noir. Elle regagna le magasin et vit que Jimmy attendait toujours son tour.

- Rejoins moi au café, lui lança-t-elle en se dirigeant vers l'escalier.

Elle commanda un expresso bien tassé et alla s'asseoir à une table libre. Entre la boutique de l'étage du dessous et le fait que ce café avait aménagé une terrasse sur le toit de l'immeuble, l'endroit connaissait un certain succès. Il n'était pas rare qu'il faille rester debout pour siroter son breuvage. Mais aujourd'hui était un jour tranquille. Elle s'absorba dans ses pensées, buvant le café à petites gorgées. Après un quart d'heure elle jeta un oeil à l'horloge accrochée au mur. Bon sang ce qu'il pouvait être long ! Elle se leva et se dirigea vers le comptoir.

- Un café s'il vous plait.

- Salut Aly, dit dans son dos une voix de femme un peu erraillée.

- Salut Cory, répondit-elle après avoir identifié son interlocutrice d'un coup d'oeil.

- Hé Aline ! Moi aussi un café !

Jimmy10a

Elle vit Jimmy se précipiter vers elle depuis l'autre bout de la salle, revêtu de ses habits neufs. C'était donc ça qu'il fichait. Il s'était fait prier mais en fin de compte il n'avait pas pu attendre pour porter sa nouvelle tenue.

- T'en as mis un temps, lui dit-elle tandis qu'il arrivait à sa hauteur. Un autre café pour le jeune homme essoufflé, s'il vous plait. Ben ! Qu'est ce que c'est que ça, là ?

Elle venait de remarquer un petit clou d'or planté au lobe de son oreille droite.

- Je me souvenais pas que t'avais les oreilles percées. Merci ; dit-elle au serveur qui lui présentait deux tasses. Oh Jimmy tu m'écoutes ?

Jimmy10b

Il contemplait quelque chose. Elle suivit son regard.

- Ah je le connais lui, c'est un original aussi ; dit-elle en ricanant. Elle paya et pris les tasses. Bon tu viens ?
- C'est une drôle d'idée de se balader torse nu, je sais qu'il fait chaud m'enfin quand même, dit-il en lui emboitant le pas.
- T'es choqué ? S'amusa-t-elle. C'est vrai que c'est surprenant, le campus n'a rien d'une station balnéaire m'enfin bon. Il a l'excuse du temps. Sacrément étouffant pour un automne.

Ils s'installèrent à la table qu'Aline avait occupé cinq minutes auparavant.

- Merci pour le café.
- De rien.
- Merci aussi pour m'avoir trainé ici, tu as bien fait.

Elle lui décocha un radieux sourire. Jimmy s'étonna une fois encore de voir à quelle point Aline semblait douce et vulnérable lorsqu'elle souriait. Aucune de ses breloques métalliques ni aucun de ses accoutrements de cuir ne pouvaient dissimuler ça. Quoiqu'elle fasse pour s'en défendre. Il lui rendit son sourire avec tendresse. Il la connaissait depuis leur entrée au collège. Ils ne s'étaient pas perdu de vue depuis, même lorsqu'il redoubla et elle non.

- Je savais qu'il faudrait que je te pousse un peu pour que tu retrouves les bonnes habitudes. Ca fait du bien de te voir à nouveau toi-même. Le look rebelle négligé ça t'allait pas vraiment... Tu vas te décider à me dire ce que t'as eu ces derniers mois ou va falloir que je devine ?
- Devines.
- Ca a le mérite d'être clair. Bon ben méfie toi alors, j'enquête officiellement à compter de cet instant.

Il rit puis leva sa tasse de café.

- Je bois à la nouvelle Mata Simri !

Elle ouvrit des yeux ronds.

- Qui ?
-
Une espionne célèbre, un agent-double. Laisse tomber tu dois pas connaitre.
- Tu lis trop de roman policier.
- Et toi pas assez. C'est un personnage réel de toute façon.
- Avec un nom pareil ?
- C'était un nom d'emprunt bien sûr ! Bah bref, ça t'intéresse pas je parie.
- Bingo ! dit-elle tout sourire. Bon, c'est pas que je m'ennuie mais je vais devoir y aller, j'ai cours.
- Cours de quoi ?
- De maths.

Aline7

Elle vida da tasse d'un trait.

- Ok. Bon courage alors, on se voit plus tard.

- Ouais.

Elle se dirigea vers Cory, la jeune punk qui l'avait abordé auparavant. Elles suivaient les mêmes cours et avaient sympathisé. Elles partirent ensemble vers le coeur du campus. Le bâtiment ou devait se dérouler son cours n'était qu'à 20 minutes de marche. Elle s'y rendirent sans se presser. Une légère brise les accompagna tout au long du trajet. Lorsqu'elle poussèrent la porte de la salle de classe, il y régnait déjà une certaine agitation. La plupart des étudiants étaient arrivés et prenaient place. Elles en firent autant.

Aline09

- Mmm ça sent la paquerette d'un coup, tu trouves pas ? Pas étonnant quand on se balade avec une pareille botte de foin sur le crâne, susurra Aline à l'adresse de sa voisine.

Pour toute réponse celle-ci éclata de rire. La cible de ce sarcasme n'avait rien entendu et finit de s'installer tranquillement.

- S'il vous plait un peu de calme ! Vous au fond, silence ! Tonna le vieux professeur Josse Hétou.

Quand la quiétude revint, le cours débuta. Ils l'écoutèrent pontifier, recopièrent soigneusement toutes les formules qu'il écrivit au tableau et prirent note de son charabia, autant que faire se pouvait, pendant presque deux heures. Ce fut avec joie que les étudiants accueillirent la fin de la leçon. Chacun rassembla ses affaires avec plus ou moins d'empressement. Cory se leva pour allez discuter avec une connaissance. Aline terminait de ranger ses affaires lorsqu'un prénom heurta son oreille.

- ... Grégoyre.
Rires.
- Abon ?
- Si si je t'assure.

Aline11b

- Qu'est ce qu'il a dit ?
- Oh tu sais il est assez éloquent, ce serait trop long de tout te raconter. Mais pour faire court disons qu'il apprécie les moments que l'on passe ensemble.
- Veinarde va !
- Oui oui je sais, il est craquant.
Rires.
-
En tout cas plus de soucis de concurrence maintenant.
- Comment ça ?
- Eh bien cette pimbêche de Bénédicte nous a surpris pendant notre rendez-vous habituel du mercredi soir.

Aline12a

.

Exclamation étouffée.

- Non ?! Hier soir ? Elle vous a vu ?
- Oui.
- Bon sang ! Elle a du faire une sacré scène !
- Comme tu dis. Elle a frappé Grégoyre.
- Nan c'est pas vrai ?

.

Aline12b

- Si je t'assure. Elle est pas nette cette nana.
- Mais comment elle a su ?
- Alors ça mystère... Je suis persuadée que c'est pas par hasard en tout cas. Elle a cours pendant 2 heures tous les mercredis soir et je l'ai jamais vu séché. Puis elle serait rentré et aurait contourné la résidence comme ça, sur une impulsion ?
- Ca tient pas debout.
- T'es d'accord. Quelqu'un lui a dit quelque chose c'est évident.
- Mais qui ?
- Greg est persuadé que c'est Alexandre.
- Ton ex ?
- Mm. Je ne sais pas, je ne vois pas comment il l'aurait su. Enfin, je veux dire pour notre rendez-vous. Parce que lui, il nous a surpris hier matin dans la chambre de Grégoyre.
- Oh la la, dites les amoureux vous faites attention à rien ou quoi ? Il a du avoir un choc.
- Tu l'aurais vu, il a détalé comme un lapin !

Les deux filles ricanèrent. Aline, exaspérée, décida qu'elle en avait assez entendu. Elle se leva.

Aline12c

- De toute façon j'ai jamais pu l'encadrer cette nana. Dire que si j'étais restée avec Alex ce serait, comme qui dirait, ma belle-soeur. Beuurk.
- La question se pose plus depuis qu'il t'a plaqué pour Sophie.

Line décocha à son interlocutrice une oeillade assassine.

- T'es pas obligée de me le rappeler.
- Oh allez tu t'en fous maintenant, tu te sors la coqueluche du campus. Tu vas pouvoir le crier sur tous les toits !

Elles s'esclaffèrent à nouveau.

La coqueluche... Pfff le choléra plutôt, ouais... Pis comme si personne le savait, t'es tellement discrète... T''es encore plus cruche que t'en as l'air ma pauvre fille.

Aline résista à l'envie dévorante d'en bousculer une en passant, puis sortit. Elle déjeuna d'un sandwich dans le parc, puis rentra à la maison. Elle rumina tout le chemin du retour. La première chose qu'elle fit en passant la porte de la maison fut d'appeller :

- JIMMY ?! JIMMYYY ?
- Il est pas là Jimmy, l'informa Martin dont la tête venait d'émerger de l'encadrement de la porte du salon. Pourquoi il y a un soucis ?
- Ah... Euh non non, pas de soucis. Ok. Bon. J'ai des cours à bûcher, je vais monter réviser dans ma piaule. Mais si il rentre vous me l'envoyez ?
- Oui bien sûr, lui assura Martin qui toutefois la regardait d'un air sceptique.

Elle monta au premier. Arrivée sur le palier, elle entendit un crépitement irrégulier. Jeanie écrivait quelque chose, sans doute sa dissertation, sur l'ordinateur dans la chambre des garçons. Tant mieux, elle préfèrait être seule. Elle entra dans la chambre et se jeta sur son lit, pensive. Elle fut tirée du sommeil par des petits coups discrets frappés contre la porte. Elle se redressa, engourdie. Dehors la nuit tombait. Elle avait dormi tout l'après midi. Voilà le prix des révisions tardives, songea-t-elle.

- Entrez.
- Il parait que tu me demandes, dit Jimmy en guise d'entrée en matière.
- Exact. Faut qu'on papotte tous les deux.

Elle soupira, s'étira, se frotta le front puis se leva enfin.

- Qu'est ce que t'as fait Jimmy ?
- Pardon ?
- Je te demande ce que t'as fait, là, dernièrement. Quelque chose que tu aurais omis de me signaler.
- Mais... rien du tout, assura-t-il, mal à l'aise.
- Jimmy, pas de ça avec moi, le tança-t-elle.

Il regarda la pointe de ses chaussures.

- J'attends, insista Aline sur un ton empli de toute l'obstination dont elle était capable. Je te lâcherais pas de toute façon, t'accouches tout de suite ou on y passera la nuit s'il le faut.
- Mais quoi, pourquoi tu me demandes ça ?
- Line a dit à Jana tout à l'heure que Bénédicte avait débarqué hier soir en plein milieu de son tête à tête avec Grégoyre. Elle a précisé qu'il s'était pris une grosse baffe.
- Non ? Jimmy ne put s'empêcher de rire. Aline l'imita malgré elle.
- Roh bon arrête de te marrer. C'est vrai qu'il l'a pas volé celle là, c'est bien fait pour lui. Par contre, ajouta-telle en retrouvant son sérieux, Line était très surprise que Bénédicte ait pu se pointer comme ça, pile au bon moment et au bon endroit. Elle et son mec sont persuadés que quelqu'un lui a dit quelque chose...

Elle lui fit les gros yeux mais il garda le silence.

- Accouches. T'as été cafter à Bénédicte ?
- Oui, admit enfin Jimmy.
- Tssss Jimmy pourquoi t'as fait ça ?

Aline14

- Il le méritait non ? Ca fait des semaines que t'entends l'autre andouille se faire mousser auprès de ses copines !
- Oui oui c'est vrai moi aussi ça me ressort par les yeux. Oui j'admets aussi qu'il vallait mieux que Bénédicte l'apprenne... Mais pas de cette façon Jimmy enfin, qu'est ce qui t'es passé par la tête ? T'imagines comme ça a du être pénible pour elle ?
- Oui j'imagine sans problème... Je suis navré pour elle...
- Comment t'as réussi à la convaincre d'y aller ? T'es même pas un copain pour elle. Elle t'a cru ?
- uiaiadienaceaiéoné... Marmonna Jimmy.
- Hein ? Répètes j'ai rien compris.
- J'lui ai pas dit en face j'ai téléphoné ! S'exclama-t-il brusquement. L'air attéré de son amie lui fit monter le rouge aux joues.
- Alors là c'est abusé Jimmy... Tu t'es présenté au moins, rassure moi ? ... Réponds, tu t'es présenté n'est ce pas ? ... Tu t'es pas présenté ??? OH MERDE Jimmy, t'as pas assuré là.
- Mais elle m'aurait jamais cru réfléchis ! Tu l'as dit toi même je suis pas un copain pour elle. Je suis personne. TOUT LE MONDE me prend pour le looser de l'année, tu crois qu'elle m'aurait écouté une seconde, elle, la princesse ballerine sur son nuage rose ?? Atterris !
- Te prenait.
- Quoi ?
- Te prenait. Au passé. Regardes toi, ce soir tu as rien d'un looser. T'es redevenu celui que j'ai connu, les gens vont changer d'attitude avec toi maintenant... Cela dit ce coup de fil c'était vraiment un truc de looser ouais. J'espère bien que c'était la dernière manifestation de ta mauvaise passe. Mieux, j'espère que tu vas corriger le tir.
- Il y a rien a corriger, elle est au courant. C'est fini.
- Nan nan c'est pas si simple.

En deux mots elle lui expliqua la suite de la conversation qu'elle avait entendu à propos d'Alexandre et des soupçons de Grégoyre.

- Ce serait vraiment pas juste qu'il porte le chapeau.
- Mais qu'est ce que t'en sais, si ça se trouve il lui a dit.
- Comment il aurait su pour le rendez vous ?
- J'en sais rien moi, il les a peut être entendu puisqu'elle dit qu'il les a surpris.

Aline eut une moue dubitative.

- Oui bon, un point pour toi.
- De toute façon pourquoi ça te préoccupe ?
- Parce que... Parce que ce serait pas normal, voilà.
- Oooh.... toi...
- Moi j'ai des révisions à faire, décréta-t-elle tout soudain.

Elle l'expédia de la chambre manu militari et claqua la porte sous le nez d'un Jimmy médusé.

Posté par Fan_Scarlett à 09:44 - 04 : Week-end - Commentaires [0] - Permalien [#]


On prend le large

La cafétéria était fort calme. On entendait que le tintement des couverts contre les assiettes. Les étudiant parlaient à voix basse. Alexandre, Grégoyre et Bénédicte occupaient une table près de l'entrée, comme à leur habitude.

- Je ne vous en veux pas, les gars. J'ai juste besoin de prendre un peu le large.
- T'en fais pas Béné on comprend ça, la rassura Alexandre.

Elle lui adressa un petit sourire triste.

Campus16

- Au moins nous trois je suis sûre qu'on est amis.
- J'aurais aimé faire mieux, s'apitoya Hans.
- Tu pouvais pas faire grand chose. Ni toi non plus Alex. Vous lui avez donné une chance de se montrer digne, il l'a pas saisi et voilà.
- C'est quand même dingue. T'as vraiment aucune idée de qui ça pouvait venir, ce coup de fil ? demanda Hans.
- Non, pas la moindre.
- Qui avait intérêt à ce que tu l'aprennes ? intervint Alexandre.
- Bonne question. Peut être un résidu d'une des conquêtes de Grégoyre, supposa Bénédicte, amère.

Ni l'un ni l'autre n'osèrent répondre car tous deux savaient ce que cette hypothèse avait de valable. Inutile d'ajouter à sa peine.

- J'ai vraiment été stupide, lâcha-t-elle en posant sa fourchette.
- Tu avais confiance Béné. C'est pas ta faute, c'est la sienne.

Elle l'observa un instant puis esquissa un autre sourire.

- Vous n'avez pas grand chose de commun pour des frères.
- Bonne nouvelle, rétorqua-t-il.

Le son étouffé d'un klaxon leur parvint. Ils s'entre-regardèrent.

- C'est sans doute ton taxi Béné.
- Oui.

Ils se levèrent de table dans un bel ensemble.

- Tu rentres quand ?
- Dimanche soir.
- D'accord. Bonne route alors.
- Merci Hans.

Elle se pencha et lui planta une bise sur la joue.

- Je vais t'accompagner, proposa Alexandre.

Ils gagnèrent ensemble la rue. Le taxi d'un jaune criard était bien là, garé le long du trottoir.

- Bon, alors à dimanche. Repose toi et essayes d'oublier tout ça.
- Je vais essayé oui, mais y arriver c'est moins sûr.

Après une seconde d'hésitation ils échangèrent une accolade maladroite puis Bénédicte s'engouffra dans le véhicule. Le taxi s'arrêta devant la villa environ un quart d'heure plus tard. Elle régla la course puis descendit et traversa la pelouse impeccablement tondue. Tout était calme.

Bene28

Elle choisit d'aller toquer à la porte fenêtre vitrée du salon. Elle n'essaya pas de clencher, l'alarme était peut être mise. Clochette, la minuscule chienne de sa mère adoptive, ne tarda pas à donner de sa voix suraigue pour alerter sa maîtresse. La lumière de la salle s'alluma, Dina parut à la porte. Elle se hâta de traverser la pièce et ouvrit.

- Bienvenue chez toi ma chérie, lui dit-elle en l'embrassant sur les deux joues.
- Bonjour tatie.

Bene29

- Alors ? J'ai cru comprendre au téléphone que ça n'allait pas fort. Qu'est ce qui se passe ?
- Greg et moi s'est fini. Mais j'ai pas trop envie d'en parler pour l'instant, si ça ne te dérange pas.
- Je suis navrée... Bien sûr je comprends, tu as envie de penser à autre chose. Tu m'en parleras quand tu le voudras. Installes toi, allumes la télé, détends toi. Je t'ai préparé une tarte aux pommes.
- Merci tatie.

Bénédicte s'assit sur le canapé hors de prix et alluma la modeste télévision tandis que sa mère adoptive allait brancher l'alarme. Une fois ceci fait, Dina vint s'asseoir à son tour. Elle observa Bénédicte zapper sans conviction puis décida de meubler le silence.

- J'ai fait un nouvel investissement cette semaine.
- Abon ?

Bene31

- Oui, une jeune société de conception de jeux vidéo.
- De jeux vidéo ? Qu'est ce qui te fais croire que ça va marcher ?
- Je ne sais pas, mais les intuition de Louis-Auguste sont souvent juste. Oh pardon ! Je... Excuse moi je n'ai pas pas penser qu'évoquer le père de Grégoyre... Oh zut, je recommence. Désolée...
- C'est pas grave... C'est pas son père de toute façon.
- Bénédicte je te défends de dire ça ! C'est mesquin.
- C'est surtout la pure vérité, insista cette dernière.
- Et alors ? En disant cela tu insultes autant Louis-Auguste que son f... Que Grégoyre. Je me doute bien qu'il t'a fait du mal mais ce n'est pas une raison pour dire des choses pareilles.
- Tu dis ça parce que tu te sens concernée c'est tout.
- Bénédicte ! S'exclama Dina, choquée.
- ... Désolée tatie. Je suis un peu sur les nerfs... Je... Je pense que je vais prendre un morceau de cette tarte et puis j'irais me coucher.
- Oui, oui bonne idée, acquiesca Dina. Viens, je vais te servir.

Elle devança sa fille sur le chemin de la cuisine à travers le corridor et le hall d'entrée.

- Tu n'as pas encore jeté cette relique ? demanda Bénédicte en entrant dans la pièce.
- Laquelle ?
- Ma table à dessin.
- Hors de question, ça me rappelle trop de bon souvenir. Et puis qui sait ce que l'avenir me réserve ? Je ne suis pas encore décatie.
- ... Me dit pas que tu vois encore ce Franck ?
- Je ne te le dirais pas, alors. Tiens.

Dina lui tendit une assiette sur laquelle reposait une part de tarte. Bénédicte la plaça devant elle puis envoya un coup de cuillère rageur percer la couche de pommes dorées à souhait. Elle goba la bouchée ainsi prélevée plus qu'elle ne la mangea. L'intégralité de la portion de tarte disparu si vite que Dina s'en alarma.

Dina04

- Ca ne va vraiment pas fort toi. Je suis si désolée ma chérie, qu'est ce que je pourrais faire pour t'aider ?
- Tu veux m'aider ? Alors quittes ce Franck !

Bénédicte jaillit de sa chaise et se tourna vers sa mère adoptive.

- Non Bénédicte tu vas pas recommencer, je t'en prie. Je sais que tu n'aimes pas Franck, mais je crois que tu te montes la tête à son sujet.
- Ce type n'en veux qu'à ton argent tatie ! Ca crève les yeux !
- Ma chérie ça c'est toi qui le dis. Moi je ne le vois pas du tout comme ça.
- Oui mais toi tu n'es pas objective, tu ne veux pas voir l'évidence parce que tu t'es entichée de ce sale type.

Elle croisa les bras dans une posture boudeuse et butée qui la fit paraitre à nouveau une enfant.

- Bénédicte, je t'en prie arrêtes un peu tes caprices. On ne va pas encore se disputer ?

Dina05

- Ce n'est pas un caprice, tatie, quand est ce que tu vas comprendre ? Je t'ai dit pourquoi !
- Oui je sais, tu vas pas remettre ça...
- Mais enfin je l'ai entendu, qu'est ce qu'il te faut de plus ?!
- Des certitudes. Il pouvait parler de n'importe quoi, on a déjà discuté de ça.
- Tatie, je suis sûre que c'était de toi qu'il parlait.
- Une demi conversation téléphonique entendu entre deux portes, ma chérie, on peut en tirer n'importe quelles conclusions. Ne soit pas si obtuse.
- Je ne suis pas obtuse ! Je ne veux pas que tu sois manipulée.
- Ma chérie, écoutes, je crois que ce n'est pas le moment pour en parler. Il me semble que tu ne vas pas bien du tout, tu es trop à
fleur de peau, tu as besoin de repos. On en parlera demain, d'accord ? proposa Dina sur un ton aussi apaisé que possible.

Bénédicte baissa les armes. Elle acquiesca d'un signe de tête, gorge serrée. Dina caressa ses cheveux et lui déposa un baiser sur le front.

- A demain ma chérie.

Elle tourna les talons et s'en fut dans le salon. Bénédicte se rendit compte qu'elle lui avait fait de la peine. Ce n'était pas son but, elle ne voulait que la protéger. Elle était persuadée que ce Franck n'était rien d'autre qu'un homme cupide. Ca avait été une aubaine pour ce petit garagiste de voir arriver Dina Gothik et sa Lamborrari. Il y avait fort à parier que ce n'est pas la blondeur de la veuve qui lui tapa dans l'oeil ce jour là, mais bien les diamants qu'elle avait aux doigts. Dieu seul savait ce que Dina avait bien pu lui trouver... Elle posa son assiette dans le lave-vaiselle puis se dirigea vers l'escalier. Depuis le salon lui parvint le murmure de la télévision.

Ce soir là lorsque Dina gagna son grand lit aux draps de soie et au baldaquin doré, garni de gaze rouge, elle avait le coeur lourd. Bénédicte, quant à elle, mis des heures à trouver le sommeil. Elle resta assise à la table de poker à manipuler les cartes et les jetons, désoeuvrée et triste, sous le regard interloqué de Clochette.

Montage11

*

*           *

Diiing DOONNNGG.

- Voilà voilà j'arrive.

Un pas trainant glissa sur les carreaux de marbre. Le soleil de ce samedi matin perçait les vitres pour dessiner des ombres énormes sur le sol. L'homme qui arrivait se tenait courbé, le poids des ans pesait sur son dos et avait blanchit sa chevelure naguère blonde. Il plissa les yeux pour distinguer celui ou celle qui se tenait de l'autre côté de la porte.

- Grégoyre ! Mon petit ! Tu ne m'avais pas dis que tu venais !

Il déverrouilla et s'effaça pour laisser entrer le jeune homme. Après avoir refermé, il le prit dans ses bras et le serra sur son coeur.

Montage12

- Je suis content de te voir, si tu savais ce que la maison est vide sans toi et ton frère.
- Moi aussi je suis content de te voir papa. Très content.

Louis-Auguste s'écarta pour le contempler.

- Tu as bonne mine ma foi, tu te nourris correctement là-bas ?
- Oui papa, je te l'ai dit, c'est de bonne qualité.
- Bon. Tu as pris ton petit déjeuner ?
- Non je suis partie de bonne heure.
- Viens alors, le mien est sur la table. Il y en a bien assez pour deux.

Greg26

Il l'entraina dans la salle à manger et lui servit une assiette d'un copieux petit déjeuner, après quoi il s'installa en face de lui et lui posa milles questions sur le campus, la résidence, les cours. Grégoyre répondit à chacune d'entre elle avec bonheur, l'amusant d'une anecdote ou deux chaque fois qu'il le put. Il évita toutefois de mentionner ses performances au club de M. Hily. Puis, alors qu'il croyait le sujet écarté, la question qu'il redoutait tomba.

- Et la petite Gothik, elle va bien ?
- Elle va.

Louis-Auguste fronça les sourcils. La froideur de ce ton ne lui inspira rien qui vaille.

- Qu'est ce qui se passe Grégoyre ?
- ... On a rompu.
- Après toutes ces années, mais pourquoi ? Que s'est-il passé ?
- C'est... une longue histoire.

Louis l'observa longuement, comme sur le point de parler, puis il sembla se raviser et piocha une fourchettée dans son assiette. Grégoyre se détendit un peu.

- T'es tu mal comporté Grégoyre ?
- Moi ? Mais je... non je...

Son père d'élection l'interrompit d'un geste placide de la main.

- Grégoyre, tu sais, même si j'ai toujours beaucoup travaillé je n'aie pas non plus vécu sur une autre planète durant toutes ces années. Si tu crois que je n'aie rien vu ni su du défilé de tes conquêtes tu fais erreur, déclara-t-il posément. J'ai toujours pensé que cela te passerait avec le temps. Ton statut social et ton joli minois offraient trop d'opportunité pour ta jeune cervelle, je croyais que tu apprendrais à modérer tes ardeurs petit à petit.

Il leva sur le jeune homme des yeux d'un gris délavé.

- Ce que tu me dis là me fais craindre que tu ne saches toujours pas te contrôler. Dis moi, ai-je raison mon fils ?

Grégoyre se sentit devenir liquide sous le regard paternel. Il n'avait jamais pu lui mentir, il dut se rendre à l'évidence que cela ne commencerait pas aujourd'hui. Pour toute réponse il se tassa sur sa chaise et baissa les yeux. Le soupir qu'il l'entendit pousser le mortifia.

- Mon petit, mon petit... Tu as dû faire bien de la peine à cette pauvre enfant, murmurra Louis-Auguste d'un ton navré.

Grégoyre risqua un coup d'oeil. Louis regardait par la fenêtre, un air triste sur son visage fatigué. Grégoyre le trouva soudain vieux et usé. Son coeur se serra mais il ne sut quoi dire. A lui il ne se sentait ni le droit ni la force de chercher à justifier son comportement.

Posté par Fan_Scarlett à 10:56 - 04 : Week-end - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 juillet 2008

Famille et quotidien

Même heure, au Chloé lounge-bar, centre-ville.

Alexandre était accoudé au comptoir. La barmaid rangeait verres et bouteilles juste devant lui mais il ne la voyait pas. Son esprit était ailleurs.

Alex26

Il se demandait toujours qui avait appellé Bénédicte, et surtout pourquoi. Il se demandait s'ils ne faisaient pas fausse route en pensant qu'il s'agissait d'une vengeance contre Grégoyre, peut être était-ce Bénédicte qui était visée en fin de compte ? Après tout, ça lui avait fait beaucoup de mal. Cependant il avait du mal à croire à cette dernière théorie. Sa soeur adoptive était une fille énergique et enthousiaste qui se faisait des amis sans difficultés. Il ne lui connaissait pas d'inimitié. A part Line, bien sûr.

- A quoi tu penses mon chou ?

Il leva le menton. Sophie le contemplait, un sourire mutin accroché aux lèvres. Il quitta son tabouret de bar, et ses grises pensées par la même occasion, pour embrasser sa petite amie.

Alex27

- Salut toi, dit-il enfin. Comment ça va ?
- Bien bien merci. Et toi ? Tu avais l'air préoccupé.
- Non t'en fais pas, rien de grave. Enfin pas pour moi. T'as été longue, qu'est ce que tu faisais ?
- J'suis désolée Mégane m'a retenu, elle voulait à tout prix me présenter une fille qu'elle pressent pour nous rejoindre.
- Ah ok.
- Tu m'offres un jus de fruit ?
- Volontiers.

Ils s'assirent. Alexandre commanda pour eux deux, puis il écouta Sophie discourir sur les dernieres tendances de la mode.

Elle appartenait à la célèbre association étudiante Tri-Var. Nombres de jeunes filles jouaient des coudes pour les rejoindre, mais l'actuelle présidente avait la dent dure. A cause de cela, beaucoup leur prédisait une baisse de popularité. Mais Sophie ne s'en inquiétait pas. Elle était plus concernée par les dernières création des maison de haute couture que par la réputation de Tri-Var. Sophie était le genre de fille toujours dans le vent, qu'il s'agisse de mode ou de quoi que ce soit d'autre. C'était important de savoir devancer la tendance quand on voulait faire carrière dans le show-business. Sophie s'en sortiat à merveille à ce petit jeu. C'est pourquoi elle était constamment suivie d'une volée de jeunes gens en mal de popularité qui s'efforçaient de copier son style pour paraître branchés. C'est à cela qu'elle devait d'avoir été invitée à rejoindre la prestigieuse Tri-Var.

Alexandre, lui, avait été choisi par la belle au milieu malgré une foule de prétendant. C'est elle qui avait jeté son dévolu sur lui et ouvert les hostilités. Le fait qu'il soit plus âgé que la plupart des étudiants avait dû jouer. Ca et son nom bien sûr. Un nom aussi prestigieux que le sien ne pouvait pas n'y être pour rien dans cet intérêt inattendu . Sophie n'était pas vraiment son genre de fille. Bien qu'elle soit jolie, elle lui paraissait (à juste titre) un peu frivole. Mais, à force d'insistance, il avait fini par succomber à son charme. Car du charme elle en avait, indéniablement.
D'un commun accord ils avaient décréter qu'ils éviteraient la résidence BrandNew, pour ne pas indisposer Line, ainsi que Tri-Var pour ne pas perturber le quotidien de l'association. Ils avaient alors pris l'habitude de se rencontrer en ville ou sur le campus. Petit à petit Alexandre avait appris à la découvrir. Ce qui n'avait été qu'une amourette s'était progressivement mué en un attachement sincère.

Alex28

Ils passèrent une partie de la matinée à jouer au flipper, à parler et à danser. Puis vint l'heure de se séparer. Sophie devait retourner à l'association pour donner un coup de main à préparer une réunion et Alexandre se rendait chez sa tante Lily-Rose.

Alex30

- Tu es sûr que rien ne te tracasse ? demanda-t-elle alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie.
- Non, non... Enfin bon si tu y tiens, si il y a bien quelque chose qui m'ennuie mais ce n'est pas bien grave.
- Qu'est ce que c'est ?
- Eh bien ma soeur adoptive a eu des soucis avec son copain.
- Grégoyre de France ?
- Tu le connais ? Demanda-t-il, surpris.
- Non. Je le connais juste de nom.
- Ah. Eh bien elle l'a surpris avec une autre nana.

.

Alex29

- Ouille, la tuile.
- Oui comme tu dis.
- Il a pas été bien mâlin l'autre.
- Quelqu'un a vendu la mèche.
- Oh abon ?
- Ouais. Un coup de fil anonyme.
- Bon sang ça c'est moche.
- Ouais, pas terrible... Enfin voilà, je m'en fais pour elle.
- Je comprends.
- Bref. Allez viens, ton taxi va arriver.

.

Il rejoignirent de la station de taxi.

Alex31

.

.

- Tu pars à quelle heure ? S'enquit-elle.
- Je sais pas, dans l'après-midi. Je rentrerais demain soir je suppose.
- Ok. On s'appelle à ton retour ?
- Bien sûr.
- Prends soin de toi mon chou.

.

Elle s'accrocha à son cou, il l'embrassa. Tandis qu'il s'éloignait à pied pour rejoindre l'arrêt de bus et que le taxi passait à sa hauteur, l'épaisse couche de nuage gris se perça et une pluie fine commença à tomber.

.

Alex32

*

*    *

La lourde porte de chêne n'émis pas un son lorsqu'elle pivota sur ses énormes gonds de fer. Bénédicte prit soin de ne pas faire claquer les talons de ses bottines écarlates, elle ne voulait pas troubler la quiétude de la chapelle. Elle s'avança à petit pas dans l'allée centrale. Il faisait frais entre ces épais mur de pierre, c'était agréable.

benechap01

Elle s'arrêta devant l'arche de mariage. N'avait-elle pas supposé qu'un jour Grégoyre la mènerait jusqu'ici ? Ne s'était-elle pas projetée dans une somptueuse robe blanche, les cheveux ornés de fleurs fraîches, radieuse comme un soleil d'été ?

- Conneries, cracha-t-elle à voix basse.

Elle se détourna et pris place au premier rang sur un banc de bois, patiné par le contact de milliers de postérieur, d'où montait une odeur d'encaustique. Elle laissa son regard glisser sur l'autel où étincelait un somptueux calice. Elle ne savait pas trop ce qu'elle faisait là. Peut être pour se rappeller d'heureux moments ? Petite elle était venue souvent ici. La chapelle faisait presque face à la villa et c'était un lieu presque magique pour les yeux d'une enfant. Presque un chateau de conte de fée, avec ses tourelles et ses statues. Elle avait tout de suite aimé la paix qui en émanait, les vases de fleurs toujours radieuses, les tapis brodés et les vitraux majestueux qui distaillaient une lumière bleutée. Mais surtout, surtout, elle avait aimé les mariages qui y avaient été célébré. Famille riche ou modeste, les gens venaient tout sourire, pimpants, dans leur plus jolis atours. Et les mariés, n'étaient ils pas magnifiques ? Comme elle avait rêvé en admirant ces femmes revêtues de leur parure ! Comme elle avait été loin de la vérité... Etait-ce pour ne pas perdre ses illusions qu'elle s'était accroché aux mensonges de Grégoyre, à ses faux semblants ? Elle soupira. Sans doute un peu oui. Ce qu'elle avait pu être stupide...

Benechap03

.

Elle leva les yeux vers le symbole suspendu au mur entre deux fougères luxuriantes. Au fond d'elle même elle avait toujours su que Grégoyre lui mentait. Il aurait été difficile de ne pas entendre les ragots que le tout MontSympa colportait. Mais elle avait choisi de se cacher la vérité. En vain. Son obstination à traiter Grégoyre comme quelqu'un qu'il n'était pas ne l'avait pas fait changer.

Qu'est ce que je regrette en fait ?

Songea-t-elle. Mon histoire avec Grégoyre ou mes illusions à son sujet ?

Sourcils froncés, nez en l'air, elle se perdit dans un long dialogue avec elle-même...

.

*

*     *

- Allô Louis-Auguste ? C'est Dina.
- Bonsoir Dina, que me vaut l'honneur ?

Montage13

- Eh bien, c'est assez délicat à formuler...
- Vous appellez au sujet de Bénédicte.
- ... Euh bien oui, en effet. J'en déduis que vous êtes au courant.
- Oui, on peut dire cela. Je suis désolé pour votre petite, Dina.
- Que c'est-il passé ?
- Vous l'ignorez ?
- Elle m'a juste dit qu'entre elle et votre fils s'était terminé. Elle n'a rien voulu dire d'autre mais elle est très affectée c'est évident. Je me fais du soucis.
- Je ne sais si c'est à moi de vous le dire Dina.
- J'ai conscience que cela peut paraitre déplacé Louis, mais le climat est un peu tendue entre elle et moi et...
- Franck ? l'interrompit-il.
- En effet... Nous connaissons une période difficile et je ne voudrais pas aggraver les choses. Pourtant j'aimerais savoir, cette brouille entre eux est-elle sérieuse ? N'est-ce pas que temporaire ?

LouisAug08

- Vous voulez savoir s'ils s'aiment encore ?
- Oui en somme, oui.
- Je n'en sais rien très chère. En revanche je crains que leur histoire ne soit bel et bien finie.
- Oh...
- Je n'imagine pas que Bénédicte pardonnera.
- Pardonner ? Pardonnner quoi ?
Soupir.
- Je crois que Grégoyre s'est mal conduit. Je crois qu'il a compté fleurette à une autre jeune fille.
- Ohlala... Je devrais peut être insister pour qu'elle me parle dans ce cas.

.

Montage14

- Non non ma chère, surtout pas. Elle viendra vers vous quand elle sera prête.
- Vous croyez ? Je n'en suis pas si sûre...
- Patience. Sa rancoeur lui passera, ou au moins elle s'adoucira. Mais aujourd'hui n'est pas un bon jour pour lui demander tant d'effort. Laissez la bouder si elle le doit. Si vous alliez vers elle maintenant, elle vous rejetterait.
- Vous avez sans doute raison Louis, comme toujours.
- Vous me flattez Dina, si j'avais toujours eu raison mon mariage n'aurait pas fini comme ça...

Dina ne sut quoi répondre à cette surprenante répartie. Elle n'eût pas le temps de trouver, Louis-Auguste reprit la parole aussitôt.

- Je vais vous laissez Dina, j'ai un double appel.
- Bien sûr. Excusez mon impertinence, Louis. Bonne soirée.
- Vous êtes toute excusée très chère. Aurevoir.

Dina s'en retourna poser le combiné sur son socle. Elle leva la tête vers les escaliers, se demandant si elle irait ou non trouver Bénédicte dans sa chambre. Puis elle décida une bonne fois pour toute de suivre les conseils de Louis.

*

*     *

LouisAug03

- Allô ?
- ....
- Bonsoir Monsieur McDogan, que puis je faire pour vous ?
- ...
- Oui, ça devrait pouvoir ce faire.
- ...
- Bien entendu oui. Vous me confirmerez cela, n'est ce pas ?
- ...
- A mon bureau, la rédaction du SimState Tribune.
- ...
- Cela va de soit. Merci de m'avoir prévenu M. McDogan.
- ...
- Vous de même. Aurevoir.
- C'était qui papa ? Demanda Grégoyre depuis le salon.
- Un collaborateur financier. Grégoyre dresse la table, veux-tu, ton frère ne va pas tarder à arriver.
- Oui papa.

trianonnuit

Quelques minutes plus tard la cloche de l'entrée retentit. Louis-Joseph et sa fiancée était arrivé. Les retrouvailles furent joyeuses et l'ont pris place avec joie autour de la grande table. Le dîner avait été commandé chez le meilleur traiteur de la ville, lequel n'avait pas volé sa réputation les hors d'oeuvres étaient succulents. On venait de passer au plat principal lorsque le téléphone sonna de nouveau. Louis-Auguste s'excusa et s'en fut répondre.

Greg22

- Il vous a parlé de cette société de jeux vidéo ? Interrogea Grégoyre à mi-voix.
- Oui un peu, répondit Lily. Ca m'a l'air solide. L'équipe de développement n'en est pas à son coup d'essai.
- Je croyais que c'était une jeune entreprise ?
- L'enseigne oui, les capitaux aussi, mais pas les techniciens. Enfin pas tous, poursuivit-elle.
- Tu peux lui faire confiance Greg, Lily a la bosse du commerce. Elle flaire les arnaques à 3 kilomètres ! S'amusa son fiancé.
- C'est ça ris, en attendant depuis que j'ai repris l'affaire les bénéfices ont augmenté.
- Ton père t'a donné la gestion du magasin ? S'étonna Grégoyre.
- Mieux, depuis la semaine dernière je suis la propriétaire légale du primeur.
- Elle a déjà ajouté un rayon fleuriste, enchérit Louis-Joseph.
- Ca marche plutôt bien, se rengorga-t-elle.
- Ca marche même très bien, tu veux dire. Mon seul regret est qu'elle passe trop de temps à composer des bouquets.
- Tu les fais toute seule ? dit Grégoyre, stupéfait.
- Pour l'essentiel. Je cherche un employé compétent en la matière mais je n'ai pas encore trouvé la perle rare.
- Dina ne peut pas t'aider ?
- Oh Dina ce n'est pas son rayon, et puis tu sais aussi bien que moi qu'elle n'a accepté cette place de gérante que pour s'occuper. Elle n'est là qu'à mi-temps.
- Mmm... Pour en revenir à cette société là, insista Grégoyre, elle est basée où ?

Greg24

- En centre ville. Dis Greg, ton contrat au Rocabb Hily Club ? demanda Louis-Joseph sur le ton dela confidence.
- Presque terminé. Il ne nous reste qu'une soirée.
- Ca c'est bien passé ?
- Pas trop mal ouais, dit-il avec un sourire satisfait.
- Tu crois qu'il va vous renouveler ?
- J'en sais rien. Puis je ne sais pas si j'accepterais, j'étais pas à ma place avec les autres nazes.

Lily lui lança un coup d'oeil désapprobateur qu'il ne remarqua pas.

- J'étais bien meilleur qu'eux, leurs fausses notes m'ont tapé sur le système, poursuivit-il.

La porte s'ouvrit. Leur conversation s'arrêta net. Louis-Auguste reprit place à table.

Greg25

- De quoi vous parliez les enfants ?
- De rien d'intéressant papa. Au fait Grégoyre, tu seras là pour la cérémonie ?
- C'est quand déjà ?
- Grégoyre j'aurais cru que tu n'oublierais pas, le sermonna son père.
- Dans deux semaines, précisa Louis-Joseph.
- Ah oui c'est vrai. Je suis désolé mais ça va pas être possible, ça tombe en plein dans les partiels.
- Quel dommage, s'apitoya Lily.
- Bah c'est pas si grave, ça sera bourré de monde de toute façon. Vous m'enverrez de belles photos.
- Il n'y a vraiment pas moyen de t'avoir ?
- Non, il y a trop d'épreuves cette semaine là. Quelle idée de se marier en semaine aussi...
- C'est la tradition, Greg, tu le sais, lui dit son frère.
- Oui oui, je sais...

... on ne se mélange pas avec le festoiement du petit peuple. La noblesse sera toujours la noblesse, songea Lily dubitative.

- Comment va ton père Lily ? lui demanda Louis-Auguste.

La conversation se déplaca sur la famille.A partir de là Grégoyre se tint coi. La dernière chose qu'il souhaitait était d'alimenter une discussion où il se pourrait que l'on évoque Alexandre...

Après dîner Louis-Auguste leur prépara un jus de fruit frais dont il avait le secret, tandis que les fiancés roucoulaient.

LouisAug05a

Ils s'installèrent ensuite dans le salon et visionnèrent un film. Ils se séparèrent alors que la nuit était déjà bien avancée. Grégoyre dit aurevoir à son père car il repartait le lendemain matin et se doutait, vu l'heure tardive, que celui-ci dormirait encore quand il partirait. Il avait raison. Lorsqu'il quitta le domaine familial ce dimanche matin, Louis-Auguste ronflait encore...

LouisAug05b

Posté par Fan_Scarlett à 20:47 - 04 : Week-end - Commentaires [2] - Permalien [#]
« Accueil  1