25 juin 2008
Résidence BrandNew
( Episode 1 : Sur le campus )
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Bienvenue à la résidence BrandNew du campus de MontSimpa !

On compte ici quelques nouveaux visages, comme chaque année. Mais cette fois il y en a venu notamment de 2 des 3 familles les plus riches de MontSimpa. De beaux partis que nombreux convoitent...
Laissez moi vous présenter Grégoyre de France :
Second fils de Louis-Auguste de France et de Maria-Antonia de Habsburg. Troisième fortune du comté, sa famille n'a jamais manquée de quoique ce soit. Lui non plus donc. Pourtant... Pourtant les choses auraient pu tourner très mal pour ce charmant jeune homme. Pourquoi ? Vous allez comprendre...
Approchez, venez faire la connaissance maintenant d'un camarade de chambrée. Enfin, un camarade de résidence devrais-je dire. Le jeune Hans-Axel de Fersen, issu d'une famille de noble désargenté dont le dernier fils, Axel, est venu s'installer dans cette charmante et cossue bourgade il y a de cela 25 ans. Il y rencontra une relative réussite, mais aussi et surtout il y rencontra l'amour en la personne de la mère d'Hans-Axel. Ah tenez, voici le jeune universitaire qui approche.
Mmm oui oui, je vois à votre sourcil droit qui se fronce que vous avez remarqué quelque chose. Il y a comme un air de famille n'est ce pas ? Ces deux jeunes hommes partagent en effet la même mère, Maria-Antonia. Mais lorsque celle-ci donna naissance à Grégoyre, elle était la légitime de Monsieur de France.
Ce n'est qu'un an plus tard que Louis-Auguste répudia sa moitié avec perte et fracas. Elle s'en fût alors rejoindre la bicoque de son amant de qui elle attendait un enfant. Elle partit seule, laissant à contre-coeur ses deux fils, Louis-Joseph et Grégoyre, à la garde leur père.
Moui. Sauf que bien sûr personne n'était dupe. Lorsque le petit Grégoyre prit de l'âge, la ressemblance avec son véritable père devint flagrante. Mais Louis-Auguste était un homme droit, ne goûtant aucunement l'idée d'un scandale. Il préféra élever cet enfant comme son propre fils plutôt que de les exposer tous deux à la risée populaire. Ainsi Grégoyre grandit sous l'aile de ce père de substitution. Il l'éleva avec soin et lui donna autant d'attention et d'amour qu'à son aîné.
Grégoyre développa dès l'adolescence un goût prononcé pour la gent féminine, que les jeunes filles lui rendaient bien d'ailleurs.
C'est à l'école privée Sainte Rishnou qu'il rencontra Bénédicte, une très jolie brunette énergique et souriante, qui faisait tourner toutes les têtes, y comprit la sienne. Mais lui, il décrocha la timbale.
Tient, la voici. Oui, elle aussi est à l'université, dans cette même résidence. Elle a gardé son joli minois, son énergie. La demoiselle se destine à une grande carrière de danseuse, et ce depuis toute gosse.
Bénédicte a connu un départ difficile dans la vie. Elle fut abandonnée par sa mère à l'orphelinat Taipomer de MontSimpa, alors qu'elle n'était qu'un bambin. Personne ne s'intéressa à son sort pendant de longues années... Jusqu'à ce qu'un beau jour, pour ses 6 ans, on lui apprenne qu'une dame voulait faire d'elle sa fille. Cette dame, sophistiquée et gracieuse, s'empressa de remplir les formulaires d'adoption sitôt qu'elle vit les immenses yeux bleus de la petite. Elle l'emmena alors dans sa villa. La villa Gothik.

Bénédicte venait de rejoindre officiellement la famille la plus riche de tout le comté ! La vieille et respectable famille Gothik. Mais où était donc passé le manoir ? Béné avait toujours entendu parlé d'un vieux manoir hanté, venteux et lugubre. Elle apprit plus tard que Dina, sa mère adoptive, avait vendu la vieille bâtisse et s'était fait construire cette luxueuse villa en guise de cadeau de mariage avec le vieux Vladimir Gothik. Lequel ne mit pas bien longtemps à casser sa pipe.
Bref, Béné avait soudain troqué sa vie d'orpheline oubliée de tous contre celle d'enfant chérie d'une riche veuve. Elle eut droit à une grande chambre, toute de rose et de dentelle, remplie de jouet et de peluche.
Dina fit même installée une barre au mur pour que la petite fille s'entraîne comme une vrai ballerine. Elle lui paya d'ailleurs tout ce qui allait avec cette barre : le tutu, le justaucorps, les chaussons et bien sûr les cours de danse classique. A partir de là Bénédicte baigna dans le luxe et la facilité. Pourtant elle n'oublia pas d'où elle venait.
Aujourd'hui Bénédicte est connu autant pour sa facilité d'accès que par sa fortune, ou sa beauté. Car elle est bien jolie la jeune Gothik. Jugez en vous même.
Lors de sa première semaine à la résidence, Bénédicte ouvrit par erreur une lettre qui ne lui était pas destinée. Cette bévue était inputable à une raison des plus simples : le nom de famille sur l'enveloppe était le même que le sien. Alexandre Gothik, était-il écrit. Aussitôt Béné se mit en quête du véritable destinataire. Elle le trouva le soir même, lorsqu'il rentra de ses cours. C'était un gringalet brun au cheveux ébouriffés, caché derrière de grande lunette, bien plus âgé qu'elle.
Il lui fallut quelques instants pour trouver le courage de l'aborder. Car bien sûr elle avait comprit qu'il s'agissait là de l'héritier légitime de la fortune des Gothik, second (et fort tardif) enfant de Vladimir et Sandra. Dina lui en avait parlé. Elle lui avait expliqué que le jeune Alexandre avait émis le désir de quitté la maison pour aller en pension lorsque sa soeur Sandra se maria. Il n'en était jamais revenu, pas même le week-end. Tout comme sa grande soeur, il n'aimait pas la nouvelle femme de son père et il ne lui avait pas pardonné de l'avoir épousé. Lorsque son père rendit l'âme, il ne vint même pas à son enterrement.
Evidemment Bénédicte avait été très intimidée par cette rencontre impromptue. Mais Alexandre s'avéra un jeune homme doux et aimable. Il avait apprit par ouïe-dire que sa belle-mère avait adoptée un enfant, lui expliqua-t-il. Mais il ne s'en était pas inquiété. Puis en grandissant il avait été plus préoccupé par son plan de carrière que par ce qui pouvait se passer à la villa. Puis il avait quitté le pays quelques temps pour poursuivre des études d'architecte, mais tout compte fait les méthodes d'enseignement ne lui avait pas convenu et il s'était décidé à revenir au pays pour y suivre les cours de qualité qu'il savait dispensé ici.
Le quotidien s'organisa doucement en cette nouvelle année. Bénédicte et Grégoyre avait obtenu des chambres face à face et passaient de longues heures à parler de musique et de danse, leurs passions respectives. Ils étaient le seul couple de la résidence maintenant qu'Alexandre et Line avait rompu (Alexandre avait cédé aux charmes de Sophie, une fille de l'association Tri-Var).
Hans-Axel et son frère, qui n'ignoraient ni l'un ni l'autre leur complexe filiation, s'entendaient à merveille. Souvent la résidence résonnait de leurs rires mêlés, tandis qu'Alexandre composait patiemment sa collection d'insecte en souriant distraitement à leurs blagues de potaches.
Ainsi allait la vie depuis un mois à la résidence BrandNew...
26 juin 2008
On prend ses aises
Dès le deuxième mois chacun avait trouvé sa place dans la résidence et se noyait avec bonheur dans la vie trépidante du campus, nouant avec plus ou moins de réussite de nouvelles relations.

Bénédicte avait présenté Alexandre, son presque frère, à ses deux vieux amis dès qu'elle avait découvert qu'il vivait ici. Après un moment assez sympathique passé tous les trois, les liens se ressérèrent surtout entre Hans-Axel et Alexandre qui devinrent quasi inséparables, bien qu'Alex soit plus vieux de 3 bonnes années.
Ils passèrent alors de longues heures à papoter, à jouer au foot, à disserter sur les aléas de la vie. Deux copains quoi. Grégoyre essaya bien de se rapprocher de ce duo mais il sentit qu'il était de trop. Les coups d'oeil en biais que lui jetta Alexandre lorsqu'il tentait une approche devaient y être pour quelque chose.
Il prit donc l'habitude de les laisser tranquille, non sans un pincement au coeur. Il ne goûtait que peu la préférence d'Hans pour ce grand nigaud dépeigné et rêveur. Comme s'ils n'avaient pas assez perdu de temps ! Ils avaient grandi chacun dans une maison différente, séparés par les murs autant que par leur condition sociale. Grégoyre avait été admis dans l'établissement scolaire privé Sainte Rishnou, mais Hans lui avait suivi sa scolarité à l'école publique. Les seuls moments où ils purent un peu profiter l'un de l'autre se fut lorsque Maria-Antonia le prenait pour le week-end, et parfois un peu pour les vacances. Mais Grégoyre n'avait pas cherché à multiplier ces visites prolongées... Car alors qu'il était encore tout môme les persiflages des bourgeois bien-pensant avaient atteint les oreilles de Grégoyre via les moqueries de leurs enfants. Ainsi apprit-il que son père n'était pas Louis-Auguste, mais Axel de Fersen. La blessure et la honte qu'il ressentit ce jour là ne s'était depuis jamais estompée, mais il avait bâti tout au tour une épaisse muraille afin que nul ne réveille le monstre de chagrin. Aujourd'hui si quelqu'un disait à Grégoyre que sa soif insatiable de séduction venait sans doute de là, il lui rirait au nez.
De mauvaise grâce il s'accoutuma à laisser son frère avec le fils Gothik, "l'attardé" comme il l'appellait car Alexandre avait plusieurs années de retard sur le parcours normal. Bien sûr Grégoyre savait que c'était dû aux années qu'Alexandre avait passé à l'étranger mais il n'en avait cure.
Savoir que ce crétin était sur le point de rentrer officiellement dans sa famille, ça le rendait malade de rage. Et quand Grégoyre était en colère... Il faisait le ménage.
Ainsi donc il n'était pas rare de trouver Grégoyre en train d'astiquer ceci ou cela dans la résidence tandis que non loin Hans et Alexandre étaient lancés dans d'interminables discussions.
Eh oui vous avez bien entendu, Alexandre et Grégoyre allaient être bientôt relié bien malgré eux par une branche de l'arbre généalogique. Si mince soit-elle. Louis-Joseph, le demi-frère de Grégoyre, allait épouser son amoureuse de toujours : Lily-Rose, petite surdouée, enfant unique des O'Brian.
Louis-Joseph s'était montré jusqu'ici aussi fidèle que son demi-frère avait été volage. Tandis que son cadet multiplia les conquêtes, Louis-Joseph fut tout entier dévoué à sa muse, la curiosité de MontSimpa, dit la "tronche" pour les comères. Elle le lui rendit bien d'ailleurs. Ils ne se quittèrent pas de tout le collège. Lorsque pour Louis-Joseph arriva l'âge d'entrer en fac, il y a donc presque deux ans de ça, il fit part à son père de son projet d'avenir : vivre auprès de Lily et se joindre à un groupe d'aventurier d'avant-garde qui roulait sa bosse aux quatres coins du monde. Louis-Auguste n'y opposa pas, il savait ces deux là très épris l'un de l'autre et nul doute qu'ils seraient à l'abri du besoin pour longtemps.
Car les O'Brian étaient la seconde fortune du comté. Des nouveaux riches, pour ainsi dire. Cela s'expliquait en partie par le fait que celle qui avait épousé ce curieux (et prospère) O'Brian, cultivateur de son état, était Sandra Gothik. Si si, Sandra. La grande soeur d'Alexandre. Chacun sut qu'en quittant le nid elle emporta, en guise de dot, sa part sur la revente du manoir familial.
Sandra était déjà adulte quand son frère n'était qu'un enfant. Elle tomba enceinte moins d'une semaine après son mariage. Ainsi naquit Lily-Rose O'Brian qui, vous l'aurez compris, accuse presque 7 ans de moins que son... neveu Alexandre !
Oui mais elle est spéciale Lily, c'est l'enfant naturelle d'un Végésims, ces drôles d'humanoïdes chlorophylisés. Elle avait hérité des capacité inouïe, ainsi que de la rapidité de développement, de son père. Tout en elle était allé plus vite (et plus loin) que chez un enfant normal.
Ainsi donc Louis-Joseph avait emmenagé chez Lily 6 mois avant que Grégoyre ne parte pour l'université. Il était fou de joie à l'idée de ce mariage. Grégoyre l'était maintenant beaucoup moins.
Enfin, malgré ces petits tracas, la vie universitaire était bien agréable. On rencontrait plein de monde, on sortait à droite à gauche et surtout : les cours éparses laissaient beaucoup de temps libre ! Chacun de nos trois nouveaux venus s'adonnèrent donc sans retenu à leur passion.

Hans, lorsqu'il ne s'entrainait pas en vue d'entrer dans l'équipe de basket de l'université, enfourchait vélo et autre appareil de fitness pour entretenir et parfaire sa musculature. La résidance BrandNew était garnie de tout un tas de joujoux dont on pouvait profiter à l'envie. Hans s'en lassait d'autant moins que lorsqu'il s'entrainait il arrivait souvent qu'il puisse contempler Bénédicte travailler ses assouplissements.
Ah ce qu'elle était gracieuse ! Quand elle dansait, elle rayonnait tant de bonheur et de talent qu'Hans en était tout ébloui.

En fait Bénédicte l'impressionnait, de manière générale et depuis longtemps. De mémoire il n'avait pas croisé de tempérament aussi énergique ni aussi enthousiaste que le sien.
Elle était si généreuse pour une enfant de riche ! Qualité rare s'il en est. Qualité qu'on apprécie d'autant plus quand on est le fils d'un noble sans le sou qui conserve l'argenterie séculaire dans les placards ikéa de son 2 pièces cuisine... Oui bien sûr il était un enfant de l'amour. Mais sachant que son frère était lui un enfant de la honte cela ne constituait qu'une piètre consolation. Surtout quand on était aussi souvent en bute aux persiflages que l'était les Fersen. Bénédicte, elle, ne s'était jamais moquée de lui. Elle savait ce que c'était que la misère et l'isolement, elle avait été bien plus pauvre et plus malheureuse qu'il ne l'avait lui-même été d'ailleurs. C'est sans doute pourquoi il l'appréciait tant.
Grégoyre avait bien de la chance. Hans espèrait qu'il prendrait cette relation au sérieux maintenant qu'ils étaient à l'université, car elle semblait vraiment entichée et elle méritait d'être heureuse.
Mais Hans-Axel était sur ce point plutôt pessimiste, car il connaissait son frère. Même s'ils n'avaient pas grandi sous le même toit, ni passé les récrés sous le même préau, la réputation sulfureuse de Greg n'avait en revanche pas connu de frontière. Toute les filles (ou presque) de sa connaissance se pamaient devant lui. Il n'avait pas son pareil pour leur faire tourner la tête.
Les autres garçons, souvent laissés en plan pour ses beaux yeux, avaient malgré eux ajouté à son aura en se répandant en anecdotes malveillantes que nul ne voulait croire... Et qui étaient pourtant exactes pour la plupart. Hans tenant la confirmation de la bouche même du concerné.
Il en était là de ses réflexions lorsqu'il sortit de la piscine de la résidence pour se rendre à sa chambre. Près du jukebox il tomba sur une scénette innocente qui lui serra le coeur l'espace d'un instant.

- Salut Hans ! Tu viens danser avec nous ?
- Salut Bénédicte, répondit l'intéressé. Non merci je viens de sortir de l'eau comme tu vois et j'suis vanné. Mais merci quand même.
- Okay okay. A plus tard alors, lui dit-elle dans un sourire avant de se remettre à danser.
Hans lui rendit son sourire, puis jetta un rapide coup d'oeil à Grégoyre qui donnait en spectacle ses talents de chorégraphe. Pas besoin de se demander pourquoi il en rajoutait, se dit Hans dans un soupir. La blonde à la chevelure opulente qui le regardait d'un oeil admiratif, c'était Line. L'ex copine d'Alexandre. Elle n'était pas particulièrement jolie. Même si Grégoyre avait toujours eut un goût prononcé pour les blondes, celle-ci n'était pas son type. Trop banale, d'habitude il n'aurait pas même levé les yeux sur elle. Alors quoi ? Serait-ce parce que c'était l'ex petite amie d'Alexandre ? Pour le rendre jaloux ? Bien possible oui, se dit-il. Il n'était pas stupide, il avait bien vu que son frère et son copain ne pouvaient plus s'encadrer...
Espèrons que Grégoyre saura se tenir , se dit Hans avant d'entrer sous la douche.
27 juin 2008
Le pouvoir de l'argent
- Greg, moi aussi jsuis un peu crevée en fait. Je vais allé manger un bout. Tu viens ?
- Bah j'ai pas encore faim Béné, dit-il en la regardant par dessus son épaule. Mais vas y toi, on se voit après. Bon appétit !
- Merci. A tout à l'heure.
Bénédicte s'éloigna en direction de la cafétéria. Lorsqu'après dîner elle reprit le chemin des chambrées, le jukebox était muet et le couloir vide. Elle gagna sa chambre et potassa pendant un moment. Personne ne vint la déranger. Elle décida de se coucher. La journée avait été bien remplie et elle avait court demain de bonne heure. Elle s'endormit dès que sa tête toucha l'oreiller.
Un peu plus tôt, au moment où Bénédicte entamait sa deuxième page de notes, Grégoyre passait la porte d'entrée de la résidence sitôt suivit de Line.
- C'était une bonne idée, dit-elle de sa petite voix fluette, je n'avais jamais pris le temps de regarder les étoiles comme ça en fait.
- Ca relaxe non ? Maintenant on est frais et détendu, prêt pour un bon dîner. Tu viens ? demanda-t-il dans un sourire angélique.
Elle ne dit rien pas mais lui emboita le pas en guise de réponse. La cafétéria était presque vide à cette heure, c'était probablement le dernier service. Un peu plus et ils seraient allés se coucher l'estomac creux. Ils prirent chacun une assiette de spaghettis et dinèrent à une table à l'écart.
Durant tout le repas les rares autres étudiants présents purent entendre les gloussements étouffés de Line, provoqués par un Grégoyre mutin qui lui parlait à mi-voix. L'un d'entre eux, au profil ingrat, un bandana couvrant ses cheveux graisseux, les regardait d'un oeil mauvais. Il s'appellait Jimmy et suivait les mêmes cours que Grégoyre. En deux mois de temps il estimait avoir appris tout ce qu'il y avait à savoir sur Monsieur Joli Coeur. Toutes les filles du cours gloussaient bêtement dès qu'il leur parlait. Apparemment c'était la même chose ici.
Ce type a le don de transformer en dinde toutes les filles qu'il croise, se dit-il agacé. Un vrai fléau ce mec !
Il laissa retomber sa fourchette dans son assiette de suffisament haut pour que le fracas provoque une réaction dans la salle. D'un coup d'oeil en dessous il vit que la glouglouteuse et son dindon n'avait pas réagit. Ils se levèrent, leur repas étant terminé. Grégoyre débarassa leurs assiettes comme un vrai gentleman.
Pauvre truffe, ragea Jimmmy. Si tu crois que ça l'impressionne.
Pourtant Line avait les yeux brillants et les joues roses. A force de rire ? Oui bien sûr... Jimmy se leva, laissant en plan son dîner à moitié mangé, et prit le chemin de la sortie. Pour ce faire il dut passer à côté d'eux. Le paon faisait la roue près de la porte. Il les dépassa, la mine renfrognée. Se faisant et sans le vouloir, il entendit...
- Tu sais, tu es plutôt jolie Line. ce qui ne gâche rien parce que j'apprécie beaucoup ta compagnie.
Jimmy eut un hoquet qu'il contint à grand peine. Il se força à passer sous l'arche puis à bifurquer comme s'il allait vers les chambres. Mais sitôt que le mur le dissimula, il s'arrêta et prêta l'oreille. Il n'entendit pas très bien ce qu'ils se disaient, la résidence avait beau être calme à cette heure du soir, il y avait assez de bruit de fond pour couvrir l'essentiel de leur parole.
- .... ..... .... voir ... .... .... tranquille ?
- .... ....... ravie.
Gloussement.
- .... ..... soir, .... les cours ?
- ......
- Super, ... .... ..... alors.
Bruit de talon caractéristiques de petit escarpin de ville. Line approchait. Jimmy s'empressa de se baisser et fit mine de renouer ses lacets. Ce qui n'était pas du tout crédible pour quiconque avait le sens de l'observation. Il n'y avait rien à lacer sur ses baskets, c'était un modèle à la mode, prévu à cet effet. Mais Line ne s'aperçut de rien, elle passa son chemin sans le voir.
Jimmy ne se redressa pas tout de suite, s'attendant à voir passer le faiseur de volaille. Mais il ne vint pas.
Il se releva, hésitant. Alors comme ça cet enfoiré de bourgeois s'apprêtait à se taper Line sous le nez de sa copine ?! Oui oui d'accord il n'avait pas bien entendu, mais qu'est ce que ça pouvait être d'autre ? Connaissant l'oiseau, pas de doute. Il songea alors tout soudain à Naëlle, la belle Naëlle, et aux yeux langoureux qu'elle adressait à ce naze pendant les cours... Il serra les poings.
Ras le bol de ce p'tit con !
La mâchoire contractée par la colère, il fit demi-tour et entra dans la cafèteria tandis que les autres en sortaient. Il marcha sur Grégoyre et l'arrêta. Le réfectoire s'étaient vidé en quelques secondes. Ils étaient seuls à présent.
- J'ai deux mots à te dire.
- Hein ?
- T'es sourd en plus de tes autres tares ?
Grégoyre fronça les sourcils, sa mine passa d'enjoleuse à courroucée.
- Eh oh tu me parles sur un autre ton. Qu'est ce que tu viens m'emmerder ?
- Ah tu te demandes ? Ben tu vas voir c'est simple, tes manigances elle me font gerber. J'en ai ma claque de te voir rouler des mécaniques d'un bout à l'autre du campus. Et je te laisserai pas prendre ta copine pour une conne en t'en tapant une autre derrière son dos.
Les yeux de Grégoyre jettèrent des éclairs. Lui qui était déjà pâle à la base avait maintenant le teint crayeux.
- Non mais tu te prends pour qui toi ? Jimmy, c'est ça ton nom hein ? Je te reconnais, t'es le cancre qui se terre toujours au bout de l'amphi. C'est quoi ton problème ? T'es jaloux parce que t'es pas capable de te soulever une nana ? Vas te laver les cheveux pour commencer, gros dégueu, ça ira ptêt mieux.
- Ouais ouais c'est ça. En tout cas y a pas à dire DE FERSEN, tu tiens bien de ton père ! Pour être aussi con fallait forcément être le rejeton d'un don juan à la ramasse qu'est bon qu'à engrosser les femmes des autres !
Sonné, Jimmy porta la main à sa mâchoire douloureuse.
- Es ans la erde Réoyre...
Le poing toujous serré, blanc comme un linge, Grégoyre se pencha sur lui.
- J'suis dans la merde moi t'es sûr ? Qu'est ce que tu comptes faire au juste ? Pleurer chez le doyen ? J'tai dit qu'il venait déjeuner chez moi tous les dimanche ? Ou alors tu penses peut-être me coller un procès ? J'espère que t'as les moyens mon ptit pote, parce que moi je les ai. Tu te retrouveras à la rue, sans un copec en poche, avant de me voir condamner pour quoique ce soit, gronda-t-il. Alors voilà ce qui va se passer : tu vas te rentrer dans ta piaule de looser bien gentillement et tu vas la fermer. Et que j'apprenne pas que tu es allé baver des insanités à ma copine, parce que sinon j'te met la rincette espèce de mytho. Pigé ?!
- ...
Jimmy s'en fût en prenant soin de le heurter de l'épaule au passage. Il s'en retourna dans sa chambre dont il claqua la porte avec violence. Il n'avait rien répondu parce qu'il n'y avait simplement rien à dire. Il ne pouvait rien contre lui. Ils le savaient tous les deux. Il aurait mieux fait de se taire, il s'était laissé aveugler par sa colère.
Tandis qu'il s'activait son esprit tournait à 100 à l'heure. Il fourra ses affaires quinze parmis quatorze dans sa valise, la boucla, sortit et arracha le pannonceau qui portait son nom. Il n'avait plus rien à faire ici.
Saleté de gosse de riche, tu l'emporteras pas au paradis crois-moi...
Cours du soir
( Episode 2 : Ami, ennemi )
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La journée du lendemain s'écoula paisiblement. On s'interrogea sur le curieux départ de Jimmy, mais personne ne semblait avoir la réponse à ce mystère. De toute façon il n'était pas très apprécié, il n'allait pas manquer beaucoup. Le responsable de la résidence passa dans le courant de la journée pour vérifier que le ménage avait été fait dans la chambre vacante et informa les étudiants présents qu'un nouveau pensionnaire arriverait dans la soirée. On manquait de chambres mais pas d'étudiants. Dès qu'une place se libérait elle était aussi comblée.
Chacun se rendit donc à ses cours et s'aéra l'esprit comme bon lui sembla pendant cette chaude journée d'été. En fin d'après-midi, Hans et Bénédicte se rendirent ensemble à l'un de leur cours tardif. Pendant ce temps là Alexandre fit la connaissance de la nouvelle venue. Elle s'appellait Anaïs. C'était une première année elle aussi, elle était un peu nerveuse.
Alexandre prit le temps de lui faire visiter tous les aménagements de la résidence et de lui expliquer les quelques règles simples des lieus. Après quoi ils regardèrent un film dans la salle commune.
Lorsqu'Hans et Bénédicte rentrèrent, la nuit était tombée.
- J'ai faim, on va manger tout de suite Béné ?
- Mmm oui mais je vais aller chercher ton frère d'abord. Pars devant on te rejoint à la cafèt.
- Ok, a tout de suite.
Hans s'y dirigea tout droit tandis que Bénédicte de son côté remontait le couloir d'un pas aérien. A la cafétéria Hans trouva son copain attablée avec une fille qu'il ne connaissait pas. Il se demanda un instant s'il s'agissait de sa petite copine Sophie. Celle ci s'était l'arlésienne, il en entendait tout le temps parler mais il ne l'avait encore jamais vu. Il s'approcha.
- C'est pour ça que je pense qu'il y a une vie ailleurs dans l'univers, termina la demoiselle.
- Hans ! S'exclama Alexandre. Viens t'asseoir mon vieux. Anaïs, je te présente un ami : Hans-Axel.
- Bonjour Anaïs
- Salut
- Elle vient d'arriver, c'est elle qui a la chambre de Jimmy. Enfin l'ancienne chambre de Jimmy je veux dire.
- Ah ok. Tu es en première année ?
- Oui oui, répondit-elle dans un sourire embarrassé. Et toi ?
- Moi aussi, dit-il en prenant un siège.
- Au fait Hans, on se voit toujours demain après-midi pour tes maths ?
- Oui oui, il faut vraiment que je travaille là-dessus. Tu me seras d'un grand secours je crois.
- Bah tu dis ça mais je suis sûr que tu t'en sors bien.
- Pfffff tu vas être déçu !
Les jeunes gens continuèrent de babiller gaiment tandis qu'à l'autre bout de la résidence Bénédicte toquait à la porte de Grégoyre.
Pas de réponse. Elle toqua une deuxième fois, un peu plus fort. Elle attendit un moment en contemplant la porte. Le petit pannonceau "ne pas déranger" était accroché à la poignée. Ca ne lui ressemblait pas. Elle hésita.
Et s'il dormait ? Elle tendit l'oreille. Il n'y avait pas un bruit.
- Bénédicte ?
Elle sursauta et se retourna. C'était Hans qui venait au devant d'elle à grandes enjambées, un sourire aux lèvres.
- Ben alors qu'est ce que vous faites ! Vous venez pas ?
- Chuuut pas si fort ! Je crois que ton frère dort, murmurra-t-elle.
- Ah pardon, dit il en baissant mécaniquement la voix. Il fit une drôle de moue et haussa les épaules. Bon, eh bien viens alors, tu vas pas rester plantée là toute la soirée. Grégoyre nous rejoindra plus tard, ou demain s'il pionce. Faut qu'on te présente la nouvelle, elle est plutôt sympa. Alex l'a pris en charge à son arrivée. On a retenu une table plus grande pour nous tous mais ils vont pas pouvoir la garder longtemps à cette heure, c'est la grande affluence, la cafèt se rempli à vue d'oeil.
- Une nouvelle ? Ah super, un peu de sang neuf. Je l'aimais pas trop ce Jimmy, il m'a toujours paru bizarre.
- Tu dis ça parce que t'aime pas les bandanas, dit-il dans un clin d'oeil. Elle pouffa en silence. Allez viens.
Il l'incita à le suivre d'une légère accolade puis ouvrit la marche.
Il rejoignirent les deux autres et s'attablèrent sans tarder avant que les hordes d'étudiants affamés ne leur volent les places libres.
Je l'ai échappé belle !
Environ 5 minutes plus tard on toqua à nouveau à la porte. Un sourire carnassier surmontant sa belle assurance, il savait que cette fois c'était la visite attendu.
Mais tout de même. Un manque de précaution ayant failli lui coûter cher quelques minutes auparavant, il se dirigea vers la porte à pas feutrés, et se pencha pour regarder par le trou de la serrure. Il entrevit une lueur bleue. Conforté sur son idée, il ouvrit la porte.
- Salut
- Salut ma belle, dit-il dans un sourire. Viens entre.
Il lui désigna la chambre d'un mouvement ample du bras et s'écarta pour la laisser passer. Puis il ferma derrière elle et tira le verrou discrètement.
- Ca va ce soir ? Demanda-t-il à mi-voix tout en s'approchant.
- Oui oui merci, répondit-elle rosissante. J'ai apporté le bouquin que tu voulais, ajouta-t-elle en le lui tendant.
Il le prit d'un geste distrait et le lança sur le lit, derrière lui, sans la lâcher des yeux. Il était soudain tout de velour. Il fit un pas supplémentaire vers elle, un demi-sourire au coin des lèvres. Lorsqu'il parla de nouveau, sa voix sembla plus profonde.
- Merci Line... Mais tu sais... Faut que je te dise... Tout ça n'était qu'un prétexte, en fait j'ai pas vraiment l'intention de bûcher mes cours. Ne sois pas fâché, il fallait que je trouve un subterfuge pour te voir en tête à tête, dit-il en approchant encore.
- Vraiment ? dit-elle dans soupir fébrile, minaudant sans même sans rendre compte.
Elle était aux anges, LE canon de la fac dont toutes se disputaient les faveurs lui faisait des avances à elle. Il y avait un dieu quelque part, c'était sûr !
- Tu veux que je te dise la vérité ?
- Oui...
- Approche... C'est un secret, personne ne doit entendre à part toi, lui susurra-t-il cajôleur tout en se penchant dans ses cheveux.
Elle s'appuya sur son épaule dans un frisson de bonheur.
Il lui glissa quelque chose à l'oreille, elle pouffa derrière sa main.
- J'en déduis que c'est oui ? demanda-t-il d'un ton sucré.
Sans attendre la réponse il l'entoura de ses bras.
29 juin 2008
Amis
Vingt minutes plus tard, après s'être assurée que la voix était libre, Line sortit de la chambre. Elle se sentait surexcitée, son sang bouillait dans ses veines. Quel moment intense ! Il resterait dans sa mémoire pour longtemps. Elle eut une pensée pour pour la fille Gothik, mais elle ne se sentit pas coupable pour autant. Cette fille semblait moins intéressée par Greg que par ses études où sa précieuse carrière de ballerine. Enfin, de son point de vue. Ils n'avaient pas l'air très proche d'ailleurs, on les voyait rarement se tenir la main ou quoique ce soit du genre. Ça venait sûrement d'elle car après les instants privilégiés qu'elle venait de vivre dans cette chambre, elle savait de source sûre que ce n'était pas lui qui rechignait au contact. Un sourire un peu niais accroché aux lèvres, Line s'éloigna en direction de sa propre chambre.
Ah ah t'assure grave tu le sais ça ? Se dit-il en se pavanant devant le miroir de sa chambre.
Il sourit à son reflet, puis vérifia que ses cheveux étaient en ordre. Il haussa une épaule très haut pour humer l'étoffe de sa chemise, il contrôlait qu'aucune odeur suspecte ne s'en échappait. Certaine fille avait la manie de s'arroser d'un parfum entêtant.
Non. Rien à signaler, celle ci n'était pas une adepte de la chose. Ou bien son flacon était vide ? Il sourit puis se dirigea vers sa salle de bain. Ici chaque chambre comportait sa salle de bain, avec toilette. Il empoigna son propre vaporisateur de parfum "Hache" et s'en octroya une bonne giclée. On est jamais trop prudent. Il défroissa ses vêtements puis tira les couvertures de son lit. Après un dernier coup d'oeil il estima que tout était en ordre et sortit à son tour. C'est que ça donnait faim tout ça.
Oula, c'était moins une...
Ah il est réveillé.
- Alors bien dormi ?
- Oui ma puce, merci. Tu verrais ça je suis tombée comme une masse ! Ça doit être les cours de langue vivante qui m'ont achevé, dit-il dans un sourire désarmant dont il avait le secret. Enfin. Eh dis moi j'ai manqué quelque chose ?
- Oui, on a dîné avec la nouvelle.
- La nouvelle ? Parce qu'il y en a une ?
- Oui, oui. la chambre de Jimmy a été vite ré-attribuée.
- Je vois ça. Elle est sympa ?
- Ben comme les nôtres j'imagine.
- Pas la chambre, la fille, s'amusa-t-il
- Ah pardon, dit elle riant. Je suis fatiguée moi aussi. Euh oui oui elle est sympa. enfin pour l'instant. Tu sais elle vient d'arriver je suppose qu'elle est surtout intimidée pour l'instant.
- Oui sans doute. Bon, je vais allez casser la graine aussi. On se voit après ?
- Non je crois pas, j'ai encore un cours à bûcher avant de dormir et j'ai déjà du mal à garder les yeux ouverts.
- Tu t'entraînes trop dur ma puce, dit-il en la prenant dans ses bras. Elle soupira d'aise.
- Si je veux me faire un nom je ne dois pas relâcher mes efforts, c'est un monde impitoyable tu sais.
- Tu n'a qu'à acheter un opéra et tout ce qui avec. Ou alors acheter un directeur de ballet, et le tour sera joué.
- Toi alors ! L'argent n'a pas réponse à tout, le sermonna-t-elle gentiment en se nichant au creux de son cou.
presque ma belle, presque...
- Peut être pas. Bon, alors va te reposer. On se voit demain. Dors bien et ne travaille pas trop tard.
- D'accord, à demain.
Ils échangèrent un petit baiser, à deux pas à peine de la porte de Line, puis partirent chacun de leur côté...
Dans les jours qui suivirent Grégoyre décrocha un petit contrat avec une boite à la mode, sur le campus, appartenant à un certain M. Hily. Dorénavant lui et quelques autres jeunes musiciens joueraient les mardi et vendredi soirs. Pour sa toute première performance public Bénédicte et Hans vinrent l'encourager. Même Alexandre se laissa convaincre de venir, bien qu'il préférait le lounge-barlounge-bar de Chloé, un autre rendez-vous branché mais en centre ville. Dans la mesure où Grégoyre serait sur scène, il était au moins sûr de ne pas le croiser inopinément. Ce fut cet argument qui le décida.


La soirée fut agréable et le groupe improvisé rencontra une certaine réussite. Hans et Bénédicte s'y amusèrent tant qu'ils voulurent y retourner le lendemain soir. Grégoyre ne vint pas. Il leur expliqua qu'il avait des devoirs à terminer. Alexandre étant déjà sorti de son côté, ils partirent juste tous les deux. Ils purent découvrir les arbres à bulles dont tout le monde parlait et qu'ils n'avaient pas pu approcher jusqu'ici.
Ils étaient à l'étage dans une salle à part, toute de couleurs saturées et de musique électronico-planante. Ils furent aussitôt séduits par l'ambiance chaleureuse et surréaliste. Ils prirent place sans hésiter sur les coussin de taffetas rouge et baignèrent bientôt dans une multitude de bulles chatoyantes. Plus ils soufflaient, plus il y avait de bulles, plus ils se sentaient léger et heureux. Ils y restèrent pratiquement toute la soirée...

En rentrant, ni l'un ni l'autre n'osèrent se dirent qu'ils se sentaient un peu étrange, pâteux, comme dans un brouillard. Ils se sentirent aussi dévorés par un faim de loup. Ils firent une descente dans le frigo de la résidence, puis une fois rassasiés ils regagnèrent leur chambre respective. La sensation de bien-être dans laquelle ils avaient évolué durant des heures avait laissé place à un épais mal de tête.
Un mois passa. L'été déclina, les jours raccourcirent. Alexandre sortit régulièrement en ville avec sa petite-amie et Grégoyre pratiqua beaucoup la guitare quand il ne travaillait pas ses cours. Même si Hans et Bénédicte ne déméritaient pas en terme de travail et d'investissement, ils se retrouvèrent souvent tous les deux. Il fallait dire que, pour l'essentiel, ils suivaient les mêmes cours. Alors bien sûr leur planning concordaient plus volontiers. Ils mirent ces opportunités à profit et retournèrent à plusieurs reprise au Club pour une séance de bulle (en prenant soin d'y rester moins longtemps que la première fois). Mais ils prirent aussi l'habitude de se ballader dans le campus en sortant des cours, selon un petit circuit qui les menaient à travers les rues paisibles pour finir à la librairie et y boire un expresso en commentant les derniers articles du journal universitaire. Puis ils rentraient, souvent à la nuit tombante, en écoutant la brise chanter tandis que les étoiles s'allumaient.

30 juin 2008
Ennemis
Toutefois cette insouciance ne pouvait durer. Les partiels approchaient. Dans quatre semaines ce serait l'épreuve du feu. La résidence sembla s'éveiller de sa bienheureuse torpeur pour entrer dans une agitation presque palpable. Le juke box se tût mais les claviers se mirent à crépiter. Les clubs se vidèrent mais les bibliothèques se remplirent. Rares furent ceux qui échappèrent à l'habituel stress des examens.

Pas même Alexandre qui n'avait pourtant que d'excellentes notes.
Un matin, au sortir de sa chambre, il arrêta Hans dans le couloir. Il avait passé une partie de la soirée à réviser sa trigonométrie mais il avait oublier une formule. Une gros trou de mémoire. Il avait alors retourné sa chambre pour mettre la main sur le livre "Ma thématique en chiffre", avant de se souvenir qui l'avait prêté à Hans.
- Salut. Dis, je sais qu'il est un peu tôt pour ça mais tu pourrais me rendre le bouquin de trigo que je t'ai passé ?
- Hein ? Quel bouquin ? Répondit Hans en baillant.
- Mais si tu sais, le bouquin relié en cuir rouge ?
- Aaah oui oui celui là, je vois.
Il y eut un silence gêné.
- Quoi tu l'as perdu ? S'affola Alexandre devant la mine embarrassée de son ami.
- Non non mais... C'est juste que je l'ai passé à Grégoyre pour qu'il prenne quelques notes lui aussi.
- Oh merde.... Bon ben tu peux me le récupérer ?
- Quoi là maintenant ?! Euh dis on est encore en pyjama, je sais pas si tu réalises ? J'ai pas encore pris mon ptit dèj alors je vais faire ça d'abord at après j'irais te le chercher, ok ?
- Mm.
- Non ? Ca a pas l'air de te convenir ?
- C'est que je te connais, ton ptit dèj c'est un repas de cérémonie et je suis préssé.
- Mais on vient de se lever ! ... Bon ben écoute, tu te prends par la main et tu vas le chercher. Il va pas te bouffer Greg, c'est ton bouquin et il le sait. Alors regarde c'est là au bout du couloir, tu y vas et le tour est joué. Moi j'vais manger. A plus tard.
- Y a quelq...

Sa question mourut dans sa gorge. Il resta les bras ballants deux bonnse secondes, bouche ouverte sur un cri de surprise muet, avant de battre en retraite. Sonné par ce qu'il venait de voir, il fit une pause au milieu du corridor. Est qu'ils l'avaient vu ? Comment allaient-ils réagir ? Depuis combien de temps ça durait ? Est ce que c'était ça ses soit-disant révision du soir ? Bénédicte s'en doutait-elle ? Sans doute pas la pauvre... Qu'allait il faire maintenant ?
Le révéler à Bénédicte paraissait la seule option, même s'il ne se sentait vraiment pas à l'aise dans la peau de l'oiseau de mauvais augure... Peut être y avait-il mieux faire d'ailleurs. La moindre des choses serait que ce soit le reponsable qui assume. Il ne manquait pas de culot celui-là. Oui, d'abord il irait le trouver. Peut être réussirait-il à le convaincre d'agir de manière honorable ? De toute façon le torchon brûlait entre eux depuis un moment, ça ne pourrait guère aggraver les choses. Et puis à dire vrai ça faisait longtemps qu'Alexandre songeait à lui dire ce qu'il pensait de lui. C'était l'occasion.
Il s'en retourna à sa propre chambre, le livre de trogonométrie tombé aux oubliettes, et se coula sous la douche. Une fois frais et habillé, il sortit et commença une sorte de surveillance, bien décidé à reperer la première opportunité qu'il aurait de l'attraper entre quatres yeux. Mais les étudiants virevoltaient beaucoup, les incessantes allés venues ne lui rendirent pas la tâche facile. Bientôt Bénédicte elle-même fut dans les parages. Elle et Grégoyre passèrent un moment ensemble dans la salle commune. Alexandre n'osa pas les regarder, de peur que son expression le trahisse. Il se cala derrière un épais volume d'astronomie et attendit son heure. Le moment survint aux alentours de dix heures. Alexandre avait cours dans vingt minutes. Accoudé au balcon de la terrasse, au premier étage, il vit Grégoyre sortir de la résidence revêtu de son jogging. Apparemment il allait faire quelques paniers. Il savait que Bénédicte se préparait pour se rendre à son cours de danse. C'était le moment. Il dévala les escaliers et sortit
Il rejoignit Grégoyre sur le côté du bâtiment et marcha sur lui d'un pas décidé, s'assurant d'un coup d'oeil circulaire qu'il n'y avait personne alentour. Grégoyre le vit venir, bien sûr. A sa tête on put qu'il se doutait de la tournure qu'allait prendre la discussion.
- Grégoyre, faut qu'on se parle.
- Allez c'est reparti, marmonna-t-il entre ses dents.
- Quoi ?
- Rien. Qu'est ce que tu veux ?
- Tu ne t'en doutes pas ?
Ils se toisèrent en silence. Alexandre ne cilla pas.
- Si... Finit par admettre Grégoyre. Mais ce ne sont pas tes oignons.
- Pas mes oignons ? Tu plaisantes ? C'est ma soeur dont il s'agit !
- Oh allez me sort pas les violons, railla-t-il, je te rappelle qu'elle n'est rien du tout pour toi, ce n'est qu'une pièce rapportée à ta famille. Une concurrence pour l'héritage, rien de plus.
Alexandre hôcha la tête dans un signe de dénégation dépitée.
- Tout le monde ne te ressemble pas Gregoyre. Si tu crois que c'est tout ce qui me préoccupe t'en encore plus minable que je le pensais. Bénédicte c'est quelqu'un de bien, elle mérite pas la façon dont tu la traites.
- Mais je la traites très bien.
- Te fous pas de la gueule du monde tu veux ! Te sortir Line derrière son dos c'est ça que tu appelles "bien" ?
- Oh lâche moi hein, je fais ce que je veux ça te concerne pas !
- T'en as vraiment rien à cirer de Bénédicte, tu t'en fous total.
- Je t'interdis de dire ça ! Je tiens beaucoup à elle !
- Ouais ouais t'as raison, et moi je suis le président de Simstate !
- Bon sang me prend pas la tête ! Je suis p'têt pas du genre exclusif, mais ça veut pas dire que j'ai pas des sentiments envers elle.
- Oh arrête Grégoyre tu me vas me faire pleurer, t'es si romantique.
Ah ce moment un léger bruit de pas dans l'herbe incita Alexandre à se retourner. Il eut la désagréable surprise de voir Line arriver, elle aussi en tenue de sport. Il se tourna de nouveau vers son interlocuteur, un rictus mauvais sur le visage.
- Vous en aviez marre du sport en chambre, vous passez à l'air libre maintenant ? lança Alexandre d'un ton grinçant.
- Fous moi la paix. Ce qu'elle sait pas peut pas lui faire de mal.
- Moi je le sais.
- Mais tu vas la fermer, sinon..
- Sinon quoi ? L'interrompit Alexandre en faisant un pas vers lui. Vas y j'écoute, sinon quoi ?
Grégoyre fut déstabilisé par l'aplomb dont faisait montre le jeune homme. Il n'avait pas peur, oh que non. Il était en colère. Il était même furieux. Contre cet adversaire là, pas question de régler le problème par un coup de poing. D'une part parce qu'à en juger par son agressivité cela ne le calmerait sans doute pas, et d'autre part car celui là aurait du répondant sur n'importe quel autre plan. Ca le rendait fou de rage, mais c'était ainsi. Il serra le poing si fort que les jointures de ses doigts blanchirent. L'effort qu'il developpa pour ne pas lui sauter à la gorge draine une grande partie de ses forces.
- Ben alors ? C'est tout ce que t'as à dire ?
La voix fluette de Line se fit entendre.
- Toi vas faire mumuse avec le ballon et fous nous la paix ! cracha Alexandre, au comble de l'exaspération.
Elle pinca les lèvres et se détourna. Alexandre repartit aussitôt à la charge, un doigt vengeur pointé sur l'objet de sa colère.
- T'as une journée pour mettre les choses au clair avec Béné, sinon c'est moi qui le fait.
Il le planta là et s'en fut vers la résidence pour prendre ses affaires de cours. Dans l'allée il croisa Bénédicte, en tenue pour son cours. Elle s'aperçut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il lui sembla qu'Alexandre évita son regard.
- Alex ? Ca va pas ?
- Si si... Dit-il sans même s'arrêter.
Il n'avait pas le coeur de la regarder, pas maintenant. Il poursuivit sa route et entra dans la résidence, laissant une Bénédicte interloquée derrière lui.

Hans partait déjà vers la cafétéria. Alexandre lui adressa une grimace de mécontentement mêlé d'un certain amusement, puis il se dirigea vers la-dite porte. Il était si absorbé par l'effort que cela lui demandait qu'il ne prêta pas la moindre attention au pannonceau "ne pas déranger" qui y était suspendu (comme souvent ces temps-ci) et frappa. La porte devait avoir été mal fermée car elle s'ouvrit d'elle même au second coup.
02 juillet 2008
Décision
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Alexandre fila jusqu'à sa chambre et s'empara à la hâte d'un stylo. Il était déjà très en retard et n'avait pas le temps de chercher son classeur. Il trouverait bien quelqu'un pour lui prêter une feuille ou deux. Il ressortit aussi vite qu'il était entré. En levant les yeux vers le bout de la rue il aperçut Hans.
- HANS ! HANS ATTENDS ! l'interpella-t-il en se mettant à courir pour le rattraper.

Ce dernier se retourna. Il regarda son ami courir vers lui avec une stupéfaction non feinte. Alexandre était connu pour sa patience (il en fallait une sacré dose pour rescencer des familles entières d'insecte ou pour compter les étoiles) et sa discrétion. C'était la première fois qu'il le voyait s'agiter de la sorte depuis qu'il se connaissait. Quelque chose de sérieux se tramait.
- Hans faut absolument qu'on parle, est ce que tu as 5 mn ?
- J'ai cours dans vingt minutes mais...
- Moi aussi j'ai cours, je suis déjà en retard. Mais c'est important. On peut au moins commencer à discuter sur le chemin ok ? L'interrompit-il
- Bien sûr. Qu'est ce qui se passe ? demanda Hans, l'air grave.
Alexandre prit une profonde inspiration. Cela ne l'enchantait pas mais il fallait qu'il le fasse. Hans était le seul susceptible d'avoir un peu d'influence sur Grégoyre. S'il restait une chance que cela se règle sans faire égratigner Bénédicte, cela passerait par lui. Il se pencha pour ne pas avoir à parler trop fort.
- Ce matin j'ai surpris ton fère dans sa chambre avec une autre, lâcha-t-il d'un trait.
Tout d'abord Hans ne réagit pas. Puis ses sourcils montèrent à l'assaut de son front à mesure qu'il réalisait ce qu'il venait d'entendre.
- QUOI ?!!
- Chuuut pas si fort, viens, on va en parler en machant.
Ils se mirent en route.
- C'était qui la nana ?
- Tu devines pas ? Répondit Alexandre, sombre.
- ... Line ?
- Bingo.
- Je m'en doutais...
- Ouais...
- Et t'as jamais rien dit ? S'étonna Alexandre.
- A qui ?
- Je sais pas moi, l'un ou l'autre !
- T'es malin toi, c'était que des soupçons. J'allais pas mettre le souk sans certitude. T'as fait mieux toi ?
- Mieux je sais pas mais différent c'est sûr.
Hans fronça les sourcils.
- Qu'est ce que t'as fait ?
- J'suis allé trouver ton frère, répondit-il, laconique.
Ils s'entre-regardèrent en silence, puis Hans esquissa un pâle sourire.
- Qu'est ce qu'il a dit ?
- En résumé que j'avais pas à m'en mêler, qu'il tenait à Bénédicte quoique j'en pense et que ce qu'elle ignorait ne pouvait pas lui faire de mal.
La longue mine qu'arbora Hans en dit long sur ce que ça lui inspirait.
- Je lui ai laissé une journée pour mettre Bénédicte au courant avant que je ne le fasse.
Hans poussa un petit sifflement admiratif.
- Eh ben tu n'y es pas allé de main morte.
- J'aurai dû ? Rétorqua Alexandre sur la défensive.
- T'emballes pas c'était pas une critique. Tu sais c'est pas parce que c'est mon frère que je le soutiendrais quoiqu'il fasse... En l'occurence je suis très déçu. Très. Je pensais qu'il avait muri un peu... Je me suis trompé.
- Lourdement...
Ils poursuivirent leur route sans un mot, le regard perdu dans le vague, loin devant eux.
.
Ils ne rentrèrent à la résidence que pour déjeuner. A la cafétéria ils tombèrent sur Grégoyre tranquillement attablé avec Bénédicte.
- Il manque vraiment pas d'air, grinça Alexandre entre ses dents serrés.
- Viens.
Hans l'entraina à l'autre bout de la salle sous le regard songeur de Bénédicte. Elle n'était pas sotte, le changement d'humeur des deux compères crevait les yeux. En fait même Grégoyre était taciturne aujourd'hui. Elle avait l'impression désagréable que ça avait quelque chose à voir avec elle.
Le repas terminé, Hans monta s'asseoir au calme dans la salle commune.

Il soupira pour la vingtième fois consécutive. Jusqu'ici il avait toujours passé à son frère toutes les frasques dont il avait eu connaissance. A tort ou à raison. Mais cette fois c'en était trop. Bénédicte ne méritait pas un tel traitement. Et Grégoyre ne méritait pas Bénédicte. Il avait cru jusque là qu'elle tenait une place de premier choix dans le coeur de son frère, mais il était évident maintenant qu'il s'était fourvoyé. Sinon comment aurait-il pu se livrer à une telle masquarade dans le seul but de blesser Alexandre ? Car il n'était pas dupe, tout ça ne rimait à rien. Grégoyre était jaloux et cherchait à se venger, voilà tout.
C'était répugnant. Il allait suivre l'exemple d'Alexandre et aller lui parler. Peut être entendrait-il raison si cela venait de lui ? Enfin il ne se faisait pas trop d'illusion, Grégoyre n'écoutait jamais que ce qui lui paraissait servir ses intérêts... Or Hans n'avait pas envie de le voir s'en tirer cette fois ci. Non. En fait, il allait mettre les choses au point, que ça lui plaise ou pas.
Il passa une main sur son front pour tenter d'apaiser le bourdonnement de ses pensées. Un coup d'oeil à sa montre l'informa qu'il était temps pour lui de se rendre à l'entrainement de basket. Mieux vallait ne pas être en retard, à moins qu'il ne veuille compromettre ses chances d'entrer dans l'équipe. Il se leva et s'en fut au petit trot.
Lorque le soir vint, porté par une brise automnale, Hans se sentit nerveux. Il savait ce qu'il devait faire, il était convaincu du bienfondé de la chose mais pourtant il avait du mal à s'y résoudre. Les conséquences seraient à coup sûr fâcheuses. Pour ne pas dire irréversible. Cela le préoccupait tant qu'il avait toutes les peines du monde à se concentrer sur son devoir.

Il surveillait l'heure sans cesse, guettant le moment ou Grégoyre rentrerait des répétitions de son groupe de rock expérimental. Non loin de là Alexandre potassait avec Anaïs. Il semblait agité lui aussi. Bénédicte quant à elle s'apprêtait à rejoindre son cours tardif de théatre, comme tous les mercredi.
Soudain la voix tonitruante de Rebecca, la chef cuisinière, retentit dans la résidence.
- BENEDIIIICTE ! TELEPHOOONE !
Bénédicte sortit de sa chambre qui n'était qu'à quelques pas de là et la rejoignit. Elle prit le combiné, la remerciant d'un signe de tête.
- Allo ?
- Bénédicte ?
- Oui. C'est qui ?
- Personne. Tu as cours ce soir n'est ce pas ?
- Personne ? C'est pas une réponse ça. Qui c'est ? insista Bénédicte, mi-suprise mi-inquiète.
- Tout à l'heure pendant que tu seras en cours ton copain ira en voir une autre.
.
- .... Quoi... ?
- ....
- Qu'est ce que t'as dis !?
- Tu as entendu.
- Okay. Allez ça suffit, ça m'intéresse pas. De toute façon on ne se connait pas, tout ça c'est des conneries. Salut.
- Il s'appelle Grégoyre il est en répétition il rentrera dans 20 minutes quand tu seras déjà en cours, débita d'une traite la voix dans le combiné tandis que Bénédicte faisait mine de raccrocher. Elle suspendit son geste.
.

- Crois moi, il te trompe. Depuis des semaines.
- ... c'est pas vrai, dit-elle d'une voix blanche soudain mal assurée.
- Va vérifier. Ce soir, derrière la résidence, vers 21h.
Clic.
- Allo... ? ALLO ?!?
Elle reposa le combiné sur son socle par réflexe puis resta là, le regard rivé dessus comme si elle redoutait qu'il se mette à bouger...

04 juillet 2008
Action
Hans attendait. Il faisait les cents pas devant l'entrée du bâtiment. Il avait abandonné les révisions de guerre lasse car rien d'intelligible ne pouvait s'imprimer dans son cerveau si toutes les 2 minutes il levait le nez de ses livres pour regarder dehors. Il était donc descendu battre le pavé devant la porte. Cela faisait bien dix minutes qu'il tournait lorsqu'enfin il aperçut son frère. Il alla au devant de lui.

- Quoi encore ?! Toi aussi tu as quelque chose à me dire c'est ça ? lui lança Grégoyre tandis qu'ils se rejoignaient.
- Si tu le prends sur ce ton là ça va mal se passer Greg, rétorqua Hans.
- Oh écoutes je m'en fous de ta leçon de moral. Le fils Gothik est venu pleurer dans tes jupes, c'est ça ? Ben je m'en fous voilà.
- Comment tu peux dire ça ? s'offusqua Hans dont les joues s'empourpraient à mesure que la colère le gagnait. Il s'agit de Bénédicte, celle avec qui tu sors depuis trois ans !
- Hans j't'en prie fais pas ça, pas toi. Tu étais là tu sais très bien que c'est pas la première fois et jusqu'ici ça t'a jamais dérangé. Alors pourquoi maintenant ?
- Parce que t'es plus un môme. Enfin c'est ce que je croyais...
- Oh hé ça va.
.
- Ah en fait c'est ça qui te déranges. On y arrive ! Bénédicte c'est qu'une excuse, tu viens la bouche en coeur me sortir des grandes leçons de morale mais en fait c'est pour ton précieux pote que tu me prends la tête là.
- T'es qu'un morpion tu le sais ça ? J'en ai marre de ton attitude, j'en ai marre de croire que tu vas changer, marre de voir à quel point tu prends tout le monde pour des imbéciles. Moi le premier ! Qu'est ce que c'est que cette crise de jalousie que tu me fais depuis qu'on est ici d'abord ? T'as pas supporté que je me fasse un ami hein ? Personne peut briller plus fort que toi c'est ça ? Ben je vais te dire une chose Greg, t'es un tocard ! T'as rien d'intéressant à part ton fric et ton sex-appeal. Y a rien d'autre qui te branche, t'es creux comme une soupière, évolué comme une huître et il se trouve que moi... moi j'ai plus faim !
Il marqua une courte pause puis reprit avec la même véhémence.
- Oui ok t'as pas grandi avec papa et maman, c'est triste, mais j'suis pas responsable et les autres non plus ! Si tu penses faire payer ça à la terre entière ben compte pas sur moi pour te regarder faire. Va bousiller ta vie tout seul... Pis je t'interdis de dire que je me fous de Bénédicte ! Elle vaut bien mieux que toi et... et.... TU LA MERITES PAS !

Il tourna les talons et s'en fut à grandes enjambées. Les quelques étudiants qui passaient par là s'étaient arrêtés, les yeux braqués sur eux. Enfin sur Grégoyre. Car il n'y avait personne d'autre maintenant.
Il se tenait si raide qu'entre lui et le réverbère nul n'aurait pu dire lequel était le plus droit. Il entendit une porte claquer à l'intérieur du bâtiment. Comme s'il s'était agit d'un signal, il retrouva sa mobilité. Il fit volte-face et revint sur ses pas. Il contourna le bâtiment puis dépassa le terrain de basket pour aller s'appuyer contre l'un des pommiers plantés non loin.
Son cerveau lui donnait l'impression de flamber. Milles répliques lui venait à la bouche mais il était un peu tard. Comment avait il pu en arriver là ? Hans et lui ne s'était jamais disputé auparavant. Du moins pas aussi fort. Mais voilà, c'était avant Alexandre. Ce type avait ruiné sa relation avec son frère, il lui avait monté la tête. Il était jaloux de lui, de son succès, alors il empoisonnait l'esprit de son frère avec ses mesquineries. Si seulement ce matin il avait été un peu moins dans la lune il aurait verrouillé la porte, comme d'habitude. Mais voilà, il avait fallut que cet échevelé se pointe au mauvais moment.
- Salut.
La voix de Line le tira de ses pensées. Il avait failli oublié. Elle s'approcha de lui en plissant les yeux.
- Tu as mauvaise mine. Ca va pas ?
- Non pas trop. Je me suis engueulé avec mon frère.
- Aie aie. Pourquoi ça ?
- C'est compliqué, dit-il en écartant le sujet d'un revers de main. Viens plutôt me réconforter.

Oh non... C'est pas vrai, il est là... Bon. Ok... Mais ça veut rien dire... Grégoyre m'aime... Il m'aime, oui ? ... Qui c'est celle là ?Eh mais... Oh qu'est ce qu'il fait là ?
Non. Non c'est pas possible.... Il va pas faire ça... Il va pas...

Une grimace d'horreur se peignit sur ses traits. Son coeur se brisa au moment où Grégoyre posa ses lèvres sur celle de Line. Car c'était Line bien sûr, maintenant elle la reconnaissait. Ses yeux s'emplirent de larme, un haut le coeur lui souleva l'estomac avec violence. Pour ne pas défaillir elle fit la seule chose dont elle se sentit capable...
Elle fondit sur eux comme un boulet de canon, éructant à travers ses pleurs un chapelet de nom d'oiseau. Le couple illégitime sursauta dans un bel ensemble. Grégoyre se retourna juste à temps pour recevoir une gifle monumentale. Elle résonna si fort dans son crâne qu'il pensa avoir perdu l'usage de son tympan gauche.

- COMMENT T'AS PU ME FAIRE CA ESPECE DE @#!&¤ !!
Le choc passé, Line détala comme un lapin. Elle redoutait, non sans raison, d'être en pole position pour la prochaine distribution de claque. Grégoyre lui, était abasourdi. Une main sur la joue, l'oeil rond, il écouta de son oreille rescapée les vitupérations de Bénédicte sans vraiment les compendre. Lorsqu'enfin les connections neuronales réintégrèrent leur fonction suite à ce séïsme, il entreprit de bredouiller quelque chose pour sa défense.
- Non, c'est pas pas ce que tu crois...
- C'est pas.. QUOI ? EN PLUS TU ME PRENDS POUR UNE ABRUTIE !!?
- Non Béné att...
- NON j'attends pas ! Je le savais au fond de moi je le savais ! T'es qu'un SALE TYPE !
- Béné je t'en prie, c'est.. c'est... C'est personne cette fille, elle compte pas pour moi, elle...
- Ah bon ? Parce qu'en plus tu me fais cocue avec n'importe qui ? C'est sensé me réconforter !?!
.
- C'est pas ce que je voulais dire, dit-il catastrophé. C'est juste... J'ai été stupide, c'était qu'une passade. Elle m'a fait du gringue et.. Tu sais je suis pas parfait. J'ai merdé je suis désolé, je savais pas comment m'en sortir, j'voulais arrêter mais... S'il te plait... Ecoute je suis désolé, je te demande pardon.
Il s'affola. Il n'était pas capable de se sortir de ce piège là, c'était une trop grosse couleuvre à avaler. Le visage de Bénédicte, inondé de larme, n'augurait d'ailleurs d'aucune trève.
- Bénédicte ma puce...
- Je ne suis pas ta PUCE ! A compter d'aujourd'hui je ne suis plus personne pour toi, tu m'entends ? C'est terminé tes manigances, ter-mi-né !
Elle s'interrompit pour ravaler un sanglot.
- Dire que je te faisais confiance, dire que je n'ai rien voulu croire des ragots qui circulaient sur ton compte... Mais en fait ils avaient peut être raison ? Combien t'en as eu, dis ? COMBIEN ?!
Grégoyre resta coi une seconde. Une seconde de trop. Outrée, Bénédicte sentit ses pleurs se tarir pour se muer en un déferlement de fureur.
- Espèce de vermine immonde, dit-elle en détachant chaque syllabe. T'existes pas. T'as jamais existé...
Drapée dans son chagrin, nimbée de colère, Bénédicte se détourna et s'éloigna dans une sortie digne d'un classique du 7ème art. Grégoyre resta à se lamenter au milieu de la pelouse.
Arrivée à sa chambre elle accrocha à la porte le panneau "ne pas déranger" puis s'enferma à double tour. Elle s'avachit sur l'unique chaise, déboussolée. Il n'avait pas répondu... Il n'avait rien dit du tout. Elle aurait voulu croire que c'était le choc, mais elle sentit que ce n'était pas ça. Il y en avait eu d'autre tout simplement. Il n'en était pas à son coup d'essai. La différence c'était que cette fois quelqu'un avait fait le nécessaire pour qu'elle sache. Etrange comme ce quelqu'un avait été bien informé. Pendant un instant fugace elle se demanda qui ce pouvait être. Puis elle hésita entre maudir ou bénir ce mystérieux informateur.
Comment avait-elle pu être aussi aveugle ...

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* *
45 minutes plus tôt.
- Crois moi, il te trompe. Depuis des semaines.
- ... c'est pas vrai.
- Va vérifier. Ce soir, derrière la résidence, vers 21h.
Clic.
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Il chiffonna son mouchoir et le fourra dans sa poche. En se retournant il s'aperçut que Jeanie se tenait derrière lui. Elle l'observait d'un oeil désapprobateur. N'ayant nul envie de s'expliquer, il se contenta d'un sourire crispé avant d'effectuer un repli stratégique dans la chambre qu'il partageait avec Martin, l'un des autres étudiants habitant ici.
Lorsqu'il avait déserté la résidence BrandNew en plein milieu de la nuit, plusieurs semaines auparavant, c'est dans cette petite maison qu'il avait trouvé refuge. Sa dernière chance était ici. Elle s'appellait Aline. C'était sa meilleure amie. Comme lui elle était un peu marginale sauf qu'elle, elle ne rencontrait aucune difficulté d'intégration.
Elle lui avait offert le gîte puis l'avait inviter à s'expliquer sur ce qui c'était passé. Jimmy s'était alors lancé dans un récit décousu de son altercation avec Grégoyre, puis de son départ précipité et des raisons qu'il l'y avait amené. Aline avait bien posé quelques questions de temps à autre mais n'avait pas juger sa décision. Cette nuit là il dormit sur le canapé.
Le lendemain elle le présenta à ses colocataires, Jeanie Aubaine et Martin Décis. Elle négocia l'emménagement de Jimmy sans trop de mal. Les finances étant ce qu'elles étaient, un peu plus d'argent à la fin du mois était toujours le bienvenue. C'est ainsi que depuis bientôt deux mois Jimmy vivait parmis eux. La maison était exigue, il n'y avait que deux chambres et une seule salle de bain pour eux quatre. Ce n'était pas toujours facile de composer avec des personnalité aussi disparate. Mais chacun y mettait du sien et dans l'ensemble Jimmy était mieux ici qu'il ne l'avait été à la résidence.
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Environ une semaine après son arrivé, il avait abandonné son sempiternel bandana et avait confié ses cheveux aux boins soins d'Aline. Le résultat avait été concluant. Dans les jours qui suivirent, et tandis qu'il s'accoutumait à sa nouvelle vie, il se remit à travailler ses cours. Il prit aussi l'habitude de courir plusieurs fois par semaine, pour se "décrasser" comme il disait. Aline était ravie. Elle qui avait assisté à son inexplicable déclin était enchantée d'assister à sa résurrection. tant et si bien qu'elle lui en fit part.
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Martin entra dans la chambre, il le tira de sa rêverie.
- B'soir Jim
- Salut martin, ça a été la journée ?
- Ouais tranquille merci. Et toi ?
- Ouais ouais, bien.
- Cool.
Ils n'avaient pas grand chose à se raconter la plupart du temps, mais au moins Martin était un garçon paisible. Ca n'était pas difficile de s'accomoder de sa présence, il était assez discret. Par certain côté il lui rappellait Alexandre Gothik... Il regarda par la fenêtre. Avait-il eu tort de faire ça ? Il soupira. Peut être aurait il dû lui dire en face, mais il était convaincu que s'il l'avait fait elle ne l'aurait pas écouté. Il soupira encore.
- Ca va pas ? demanda Martin.
- Hein ? Ah si si ça va. Je suis... un peu fatigué.
- Ouais moi aussi. J'vais dans doute me coucher bientôt.
- Bonne idée, je crois que j'ai besoin de me reposer aussi.
Moins de vingt minutes plus tard, alors qu'à deux patés de maison de là Grégoyre essuyait les remontrances de son frère, ils se mirent au lit et s'endormirent.

Réaction

Le jour n'était pas tout à fait levé lorsque Jimmy se réveilla le lendemain matin. Après un passage par la salle d'eau il descendit à la cuisine pour prendre son petit-déjeuner. Il y trouva Jeanie et Martin déjà attablés. Ce dernier avait préparé une assiette de tartine beurrée à la confiture. Jimmy en mis plusieurs sur une assiette et s'assit avec eux.
- Bien dormi ?
- Ouais merci Jeanie. Et vous deux ?
- Bien bien, répondit-elle
- Pareil, dit Martin.
- Cool.
Pas folichon les conversations.
Enfin au moins ici il n'y avait a redouter aucune empoignade. Des bruit de pas dans les marches les avertirent qu'Aline était levée elle aussi.
- Salut la compagnie, lança-t-elle en marchant directement sur le plat de tartine. Qui c'est qu'à fait le p'tit dèj ?
- Moi.
- Martin.
- Martin.
Dirent-ils en choeur.
- Okay, merci vieux.
- J'suis pas vieux, soupira Martin.
- Si tu continues à tirer cette tronche là dès le matin ça va pas tarder, se moqua-t-elle gentiment.
Elle saisit une soucoupe, posa dessus deux tartines et mordit dans une troisième en s'approchant de la table.
- A four aujrui ? demanda-t-elle à Jimmy en continuant de manger.
Il la regarda, l'oeil rond. Déjà qu'il n'était pas une foudre de guerre au réveil, si en plus elle se mettait à parler une autre langue...
- Euhh... Un four aux fruits ? Non j'ai pas ça désolé.
Aline éclata de rire. Elle voulu mettre une main devant sa bouche pour éviter l'incident diplomatique (un bombardement de pain mâché aurait fait mauvais genre) toutefois ses deux mains étant déjà occupées, l'une tenant l'assiette et l'autre une tartine, l'entreprise s'acheva par une tâche écarlate et gluante juste au-dessus la poitrine. Elle grogna sans pour autant s'arrêter de rire et se dirigea vers l'évier.
- Est ce que tu as cours aujourd'hui, gros nigaud, reprit-elle par dessus son épaule pendant qu'elle ôtait toute trace de sa bévue d'un bon coup d'éponge humide.
- Aaaah. Euh oui, cet aprèm.
- Cool, alors tu viens avec moi ce matin.
- On peut savoir où ?
- Aux boutiques.
- Me dit pas que tu veux faire les magasins, pas toi ?
- J'veux un téléphone. J'ai économisé, j'ai assez pour me le payer.
Jimmy soupira. Aline revint se planter près de lui pour finir son petit déjeuner.
- Prends ma place si tu veux, lui dit Jeanie. J'ai fini.
- Et t'as besoin de moi pour ça ? demanda Jimmy à Aline
- Nan nan merci mais pas le temps, répondit-elle à Jeanie. Dès que j'ai fini on y va. Pas vrai Jim ?

Il soupira derechef, mais cette fois ci un sourire se peignit sur son visage. Aline lui adressa un énorme clin d'oeil, puis engloutit en deux bouchées ce qui restait de son petit-déjeuner. Elle déposa l'assiette dans l'évier, ou plutôt elle jetta l'assiette dans l'évier, et monta aux pas de courses chercher Dieu sait quoi. Elle fut redescendu, main sur la poignée de la porte d'entrée, avant que Jimmy ait fini de débarrasser la table.
- Allez hop hop hop !
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* *
Pendant ce temps là à la résidence, le réveil était nettement moins joyeux. Bénédicte, les yeux gonflés et le teint blême, se dirigea vers la cafétéria à travers un épais brouillard. Hans était déjà là. Encore en pyjama comme à son habitude.
- Salut.
- Lut.
- Oulalala t'as une de ces têtes ! Qu'est ce qui t'arrives ? Dit-il en se précipitant vers elle.
- Hans pas maintenant...
Alexandre entra à son tour. En un coup d'oeil il comprit que quelque chose allait de travers.

- Si si maintenant, insista-t-il à voix basse. Je vois bien que tu vas pas bien. T'as pleuré n'est ce pas ?
Bénédicte regarda la pointe de ses bottes sans répondre. Alexandre capta cette dernière phrase d'une oreille et jugea préférable de laisser Hans en tête à tête avec elle. Il la connaissait depuis toute gosse, il saurait sans doute comment gérer cette crise. Mieux que lui en tout cas. Lui qui n'était entrer dans sa vie que cette année.
Je fais un bien piètre frangin, se dit-il en allant s'asseoir.
- C'est Grégoyre ? demanda Hans à la jeune femme.
- Comment tu le sais ? rétorqua-t-elle du tac au tac avant de regretter d'avoir si vite donner confirmation.
Hans eut une grimace douloureuse.
- Une longue histoire. Mais toi d'abord. Racontes.
- Je l'ai surpris avec Line hier soir, dit elle en luttant pour refouler le chagrin qui cherchait à nouer sa gorge.
- Oh merde...
Elle planta son regard dans le sien.
- Tu le savais ?
Hans hésita à peine un quart de seconde.
- Je l'ai su hier aussi, un peu avant toi. Je suis allé trouvé Greg, on s'est engueulé.
- Tu... quoi ? Comment tu l'as su ?
Hans fit la moue, mais il n'avait pas l'intention de mentir. Il regarda par dessus son épaule et donna un coup de tête en direction d'Alexandre. Bénédicte suivit son regard.
- Mais...
- Lui aussi il est allez le trouver. Ça c'est mal passé.
- Depuis quand il le savait ?
- Pareil. Hier. Hier matin.
- L'un d'entre vous comptait me le dire un jour ou vous espériez que ça s'arrange tout seul ? gronda-t-elle.
Hans l'entraîna un peu à l'écart et lui narra toute l'histoire à voix basse. Comment Alexandre les avaient surprit dans la chambre, comment il avait prévenu Grégoyre qu'il ne lui laisserait qu'une journée avant tout dire, comment Alex lui avait appris et enfin comment lui-même s'était expliqué avec son frère. Elle écouta sans un mot, les yeux braqué sur le pavé, bras croisés. A la fin de son monologue Hans lui adressa un regard anxieux. Les moments de silence qui suivirent lui parurent des heures. Enfin elle le regarda et esquissa une ombre de sourire.
- Ok, dit-elle simplement. Je comprends. Je te crois. Je vous crois, reprit-elle en jetant un oeil vers Alexandre ; lequel de son côté les surveillaient à intervalle régulier. Ecoute j'ai besoin de prendre un peu l'air. J'vais aller faire un tour, on en reparlera plus tard d'accord ?
- Ok. T'es sûre que ça va aller ?
- Ouais. Ouais ça va aller...
Il eut un sourire triste et lui donna une petite accolade. Elle fit un petit signe de la main à Alexandre pour lever toute ambiguïté. Il parut soulagé et s'empressa de répondre, envoyant valser son verre de jus d'orange au passage. Rebecca, la chef cuistot, poussa une exclamation. Pendant qu'Alexandre se confondait en excuse, Bénédicte se dirigea vers l'entrée.
Line se tenait dans le couloir. Elle marcha droit vers la porte d'entrée sans la lâcher des yeux. Line, lèvres serrées, lui rendit ses oeillades hostiles.
- Arrête de me dévisager, cracha-t-elle à Bénédicte lorsque cette dernière arriva à sa hauteur.
- Nan mais tu manques pas de culot ! Tire toi d'ici espèce de garce !
- Sinon quoi ? Tu vas me frapper aussi, comme pour Grégoyre ?
- T'étais pas aussi réactive hier soir quand tu t'es débinée. Trouillarde. J'ai pas d'ordre à recevoir d'une truffe dans ton genre, barre toi de là avant que tu te la prennes cette baffe !
- Tu crois que tu me fais peur ? Ben vas y frappe sale gosse de riche, c'est tout ce que tu sais faire !
- Me tentes pas tu pourrais avoir des surprises...
- Ouais c'est ça, le mauvaiseté c'est tout ce qui te reste de tout façon.
- Ho ! Tu la lâches toi, t'en as assez fait je crois !
Bénédicte se retourna. Hans approchait. Alerté par les exclamations il était sorti de la cafétéria. Consciente du déséquilibre des forces, Line se détourna et sortit.

- Ça va Béné ?
- Ouais... Non... Merci...
Elle passa à côté de lui en trombe en s'en fut s'enfermer dans sa chambre. Hans, atterré, n'eut pas le coeur de retourner à table. Il regagna sa chambre et se coula sous une douche brûlante.
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A peine une demi-heure après ce fut au tour d'Alexandre de faire une mauvaise rencontre. Alors qu'il était monté à la salle commune pour y prendre un volume de l'encyclopédie SimilopediaSimilopedia, il tomba sur Grégoyre. il fallait bien que ça arrive. Aux dernières nouvelles ils vivaient tous là.
- T'as pas pu t'en empêcher p'tit fouineur, explosa Grégoyre à peine eut il réalisé qui se tenait devant lui.
- De quoi tu parles ?
- Fait pas l'innocent !
- Hein ?
- C'est toi qu'a été baver à Béné ! T'avais dit que j'avais une journée, t'as pas de parole !
- J'ai rien dis du tout, arrête de psychoter, se défendit Alexandre.
- Alors comment elle l'a su ?
- Comment elle a su quoi ?
- Me fait pas croire que tu le sais pas !
- Mais QUOI bon dieu ?
- Elle m'a plaqué !
Alexandre ne put s'empêcher de lui rire au nez.
- Une fille intelligente comme elle ne pouvait pas rester éternellement avec un abruti congénital dans ton style, s'esclaffa-t-il.
- Tu l'y a bien aidé. J'croyais que tu voulais la ménager, on peut pas dire que t'y soit allé de main morte.
- Mais merde à la fin j'ai rien dit, je ne sais même pas ce que tu me veux là !?
- C'est pas toi qui a mouchardé que je voyais Line hier soir peut être ?
- Elle vous a surpris ? comprit-il enfin.
- Grâce à toi.
- Enfin comment j'aurais pu savoir ?
- Tu nous a entendu hier matin, tiens !
- Mais non je t'assure.
- Ouais ouais, je vais te croire...
- Si je te dis que non ! J'ai rien entendu et je lui ai rien dit. Tout ce que je savais avant qu'on se parle c'est que Béné avait l'air vraiment mal tout à l'heure. Je l'ai cherché pour savoir ce qui se passait mais je l'ai pas trouvé. J'ai été frapper à sa porte ça répond pas... Voilà. Je savais rien, nada, que dalle.
- J'en crois pas un mot. Personne d'autre que toi n'était mieux placé pour cafter. Ce peut être personne d'autre. Tu le payeras cher Gothik, j't'en fais la promesse ! Tu le payeras très cher...
Grégoyre dévala les escaliers et disparut. Alexandre éprouva une vague inquiétude. Puis il décida que ça n'avait pas d'importance et couvrit les deux derniers mètres qui le séparait de la bibliothèque. Toutefois tandis qu'il fouillait les rayonnages des yeux, il ne put cacher une nette agitation. Ce Grégoyre avait le don de lui taper sur les nerfs. Difficile de croire qu'Hans et lui partageaient les mêmes gênes. Il trouva l'ouvrage dont il avait besoin et s'en saisit d'un geste rageur. Il s'installa à un bureau proche et tâcha de maîtriser ses nerfs en inspirant et expirant profondément durant une quinzaine de seconde. Il se détendit un peu et commença ses recherches, mais il se promit de discuter avec Bénédicte dès que possible. La pauvre. Quel choc elle avait du avoir !
08 juillet 2008
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Ici vous trouverez un récapitulatif des personnages intervenant dans l'histoire que je vous narre. Cliquez sur le nom du personnage pour lequel vous désirez avoir des informations.
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Alexandre Gothik - Bénédicte Gothik
Grégoyre de France - Hans-Axel de Fersen
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Jimmy Merle - Aline Enreve - Dina Gothik
Louis-Joseph de France - Lily-Rose O'Brian
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Fils de Vladimir et Sandra Gothik (décédés).
Frère adoptif de Bénédicte.
Il quitta le foyer après le mariage de sa grande soeur Sandra, tandis qu'il n'était lui même qu'un enfant. N'ayant pas accepté le remariage de son père avec Dina Caliente, il demanda à suivre sa scolarité en pension. Il n'en revint pas même pour assister aux obsèques de son père.
Il est actuellement en 3ème année de Biologie et se destine à devenir Chirurgien.
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Filiation inconnue, adpoptée par Dina Gothik.
Soeur adoptive d'Alexandre Gothik.
Abandonnée à l'orphelinat alors qu'elle n'était qu'un bambin, Bénédicte fut adoptée par la jeune et riche veuve Dina Gothik à l'âge de 6 ans.
Elle grandit dans l'opulence de la villa Gothik sans pour autant oublier ses premières années de misère. Ce fut une adolescente sans histoire et studieuse. Elle consacra l'essentiel de ses loisirs à sa passion : la danse classique.
Elle vient d'entrer à l'université et suit des études de Théatre et poursuit la danse classique. Elle se destine à une carrière de danseuse de ballet.
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Fils d'Axel de Fersen et de Maria-Antonia de Fersen (née de Habsburg).
Frère de Hans-Axel de Fersen, demi-frère de Louis-Joseph de France.
Enfant illégitime des amours de sa mère, Grégoyre naquit auprès d'un père qui n'était pas le sien : Louis-Auguste de France. Ce dernier le garda auprès de lui et l'éleva comme son fils, même lorsqu'il devint évident qu'il n'y avait entre eux aucun lien de sang.
Un an après la naissance de Grégoyre, Louis-Auguste chassa sa femme du domaine familial et divorça d'elle alors que cette dernière attendait un second enfant de son amant.
La famille de France est la troisième fortune de comté. Son domaine, "le Petit Trianon", est le plus ancien de la région.
Grégoyre est passionné de musique. Il joue de la guitare et se rêve en star de la musique. Mais pour contenter Louis-Auguste il est entrée en première année de fac littéraire.
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Fils d'Axel de Fersen et de Maria-Antonia de Fersen (née de Habsburg).
Frère de Grégoyre de France, demi-frère de Louis-Joseph de France.
Hans vint au monde un an et demi après son grand-frère Grégoyre. Mais lorsqu'il vit le jour, sa mère était remariée à celui qui fut d'abord son amant : Axel de Fersen.
Lui et son frère grandirent séparément et allèrent dans des écoles différentes. Ils ne se virent que lors des week-end où Maria-Antonia prenait ses autres enfants en visite.
Hans voudrait faire carrière dans le basket ball, mais en attendant il s'est inscrit en première année de fac, option Théatre.
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Fille d'Annabelle et Henry Enrève.
C'est la meilleure amie de Jimmy Merle. Une originale assez sympathique.
Elle est en deuxième année de faculté, option Arts, et se destine à une carrière d'urbaniste.
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Fils de James et Norma Merle.
Jimmy a traversé une période difficile mais semble en être sortie suite à une altercation avec Grégoyre de France. Il habite une maisonnette sur le campus en colocation avec d'autres étudiants dont Aline, sa meilleure amie (un an plus âgé que lui).
Depuis tout petit Jimmy est fasciné par les histoires d'espionnage. C'est à cela qu'il se destine même s'il n'en parle pas. Il est entrée en première année de faculte, option Sciences Politiques.
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Dina Gothik
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Née Caliente.
Veuve de Vladimir Gothik. Belle-mère d'Alexandre Gothik. Mère adoptive de Dina Gothik.
Soeur jumelle de Nina Caliente.
Beaucoup ont prétendu que Dina Caliente avait épousé le vieux et richissime Vladimir Gothik pour son argent. A commencer par les enfants de Vladimir, Alexandre et Sandra, qui ne l'ont jamais acceptée.
Toujours est-il qu'après la mort de son époux, on ne lui connut pas d'autre histoire sérieuse pendant bien longtemps. Mais il y a de cela un an Dina a fait la connaissance d'un jeune homme de presque 15 ans son cadet, garagiste de son état, prénommé Franck. Sa fille adoptive ne peut pas le supporter, elle prétend qu'il n'en veut qu'à son argent et cette relation est un sujet fréuqent de discorde entre les deux femmes.
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Fils de Louis-Auguste et Maria-Antonia ( née de Habsburg) de France.
Demi-frère de Grégoyre de France et de Hans-Axel de Fersen.
Fiancé à Lily-Rose O'Brian.
A la différence de son père, Louis-Auguste, Louis-Joseph a un réel lien de parenté avec Grégoyre, mais aussi avec Hans-Axel. Puisqu'ils ont tous la même mère. Toutefois les liens fraternels ne se sont pas développés entre lui et Hans-Axel, bien qu'ils se cotoyèrent lors des week-end chez leur mère.
Louis-Joseph côtoie depuis des années sa voisine, Lily-Rose. Ces deux là semblent s'être trouvé dès le premier regard et ils ne se sont pas quittés depuis. Ils vont se marier très bientôt.
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Lily-Rose O'Brian
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Fille de Joshua et Sandra (née Gothik) O'Brian.
Demi-soeur de Oak O'Brian. Tante d'Alexandre Gothik.
Fiancée à Louis-Joseph de France.
Lily-Rose est une curiosité pour ses semblables puisqu'elle est fille naturelle d'une sims et d'un végésims. Chose qu n'arrive que rarement.
Elle a hérité d'un grand nombre des capacités de son père, notamment la faculté de croissance et de développement ultra-rapide. Elle a tout d'une jeune adulte alors qu'elle est en fait sept ans plus jeune que son neveu, Alexandre Gothik.
Sa mère, Sandra, est décédée de mort naturelle peu de temps avant l'annonce officielle des fiançailles de sa fille.
La famille O'Brian tient la seconde place au panthéon des grandes fortunes du comté.
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